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Entrevue avec Michèle
Lacombe-Gauthier, la seule femme siégeant sur le Conseil de ville de
Sorel-Tracy
« Le plus important pour moi a été d’être
appuyée par mon mari »
Par Joey Olivier - Journal L'annonceur
Née en 1949 à Montréal, Michèle Lacombe-Gauthier a été adoptée par
une famille soreloise à l’âge de trois ans. Elle étudia au couvant
Saint-Pierre, à l’école Saint-Jean-Bosco et au Cégep de Sorel- Tracy
dans un programme de Marketing-communication. En 1967, elle prit la
relève de sa mère dans un commerce de lingerie, un emploi qu’elle
quitta définitivement en 1986. C’est à ce moment qu’elle commença à
s’impliquer dans l’Association féminine d’éducation et d’action
sociale (AFEAS) à Sorel-Tracy. Ce fut son premier contact dans la
représentation politique, mis à part les nombreux sièges qu’elle
avait déjà occupés sur les comités de parents de l’école de ses deux
fils.
En 1992, un membre du parti Lerenouveau sorelois (municipal) l’a
approché pour lui proposer de se lancer en politique municipale.
Elle accepta sans hésiter et se présenta contre Serge Gamelin,
conseiller sortant, mais elle perdit cette première élection par 60
voies. Elle devra attendre aux élections de 1996 pour être élu comme
conseillère sur le Conseil de ville de Sorel. En 2000, dans le
contexte de la fusion municipale entre la ville de Sorel et de Tracy,
elle se présenta pour le quartier de Sorel et remporta l’élection.
Elle fait partie de la minorité de femmes politiciennes dans la
région.
Dans la MRC du Bas-Richelieu, elle et Réjeane T. Salvail, mairesse
de Sainte-Anne-de-Sorel, sont les deux seules femmes à occuper des
fonctions politiques présentement. À l’approche du 8 mars, Journée
internationale de la femme, et de la présentation du plan d’action
relié à la nouvelle politique familiale de l’année –dossier sur
lequel Mme Lacombe-Gauthier a participé, le représentant de
L’annonceur s’est entretenu avec elle.
(J0) Étant donné que vous êtes peu dans un monde largement
constitué d’hommes, sentez-vous qu’il soit plus difficile pour une
femme d’être politicienne ?
(ML-G) Le plus important pour moi a été d’être appuyée par mon mari,
car les nombreuses réunions qui ont lieu bien souvent le soir. Grâce
à son appui, il n’a pas été plus difficile pour moi d’être en
politique, mais il est vrai qu’il manque encore de femme en
politique.
Lorsque vous avez commencé votre premier mandat, en 1996,
avez-vous senti que cet univers masculin vivait en vase clos?
Non, j’ai toujours perçu le Conseil de ville comme un conseil
d’administration. Je n’ai jamais senti que j’étais mal perçu par mes
confrères, il faut dire également que nous étions deux femmes sur le
Conseil à cette époque. Peut-être que l’ancienne mentalité laissait
peu de place aux femmes? C’est différent aujourd’hui.
Ne croyez-vous pas que les femmes sont encore sous-représentées
en politique à cause du contexte social ?
Je suis tenter dire que la femme est plus engagée face à ses
enfants, mais il y a des services de garde et plusieurs autres
services reliés à la famille. Je ne vois pas cependant comment une
mère monoparentale avec des enfants en bas âge pourrait réussir à se
présenter en politique. C’est souvent une question de finance et
malgré le fait que l’on parle plus de partage des tâches dans notre
société, la majorité des emplois occupés par les femmes sont à temps
partiel.
Étant vous-même mère de famille, comment organisez-vous vos
journées?
C’est exigeant, mais réalisable. Par exemple, après cette entrevue,
je dois me présenter au Cégep pour une réunion à 16 h, mais je vais
préparer le souper avant de partir et lorsque les enfants
arriveront, le souper sera prêt. Il faut vraiment aimer rendre
service pour faire cela. À l’heure actuelle, je suis responsable de
trois enfants comme famille d’accueil. Je suis une famille d’accueil
depuis 1984 alors on peut dire que j’ai réussi à concilier la
famille et le travail.
Les femmes sont-elles moins combatives que les hommes en
politique ?
On ne travaille pas de la même façon. Personnellement, je n’irai pas
sur la place publique, mais j’agis en douce. C’est une autre façon
d’être combative, à mon avis, et je préfère négocier.
Êtes-vous inspiré par une femme en particulier ?
Non, je regarde plusieurs femmes travailler en politique, mais je
n’avais aucun nom de femme politicienne qui m’inspirait lorsque je
me suis présenté pour la première fois. Pauline Marois est une femme
dont je suis les pas et je trouve qu’elle a du charisme et beaucoup
de courage.
La Ville de Sorel-Tracy présentera sous peu un plan d’action
découlant de la politique familial de Sorel-Tracy, d’où vient cette
idée d’élaborer une telle politique?
J’étais en contact régulier avec le CLSC et le Carrefour
Naissance-famille et ils avaient besoin d’aide et créer un comité
réunissant tous les organismes reliés à la famille dans la région.
Il a fallu être tenace pour travailler ce dossier pendant trois ans
pour finalement se rendre compte que tout ce qui touche la famille
est relié de près ou de loin à la Ville.
Concrètement, quelles actions pourront découler de cette
politique ?
La demande la plus importante des familles concerne le transport. Il
faudra qu’on trouve un autre système de transport pour que les
enfants puissent se déplacer directement de l’école à l’aréna, par
exemple. Ensuite, l’entretien et la proximité des parcs sont des
préoccupations qui ressortent de notre démarche. Que ce soit dans le
Vieux-Sorel ou dans des endroits où il n’y a pas de parcs. Par
ailleurs, la Ville a un budget supplémentaire pour le réaménagement
des parcs.
Quelle réalisation vous rend fière d’avoir choisi la politique ?
D’avoir supporté les organismes que j’ai connus et de fréquenter une
quinzaine d’entre elles pour me rendre compte qu’ils me font
confiance et qu’ils m’apprécient. Après avoir participé à plusieurs
projets, je veux continuer.
Est-ce que cela signifie que vous serez des prochaines élections,
à l’automne?
(Rires) Les chances sont bonnes pour que je me représente.
Que répondez-vous aux personnes cyniques qui ne voient pas, en la
politique, un instrument de changement social?
Il y a peut-être des personnes qui ne veulent pas savoir ce qui se
passe autour d’eux. Je ne me considère pas comme une politicienne,
mais comme une femme, également mère de famille, qui veut améliorer
les choses. J’aime m’impliquer et les gens qui croient qu’on ne fait
rien on le droit, mais…Des personnes négatives, il y en aura
toujours.
En général, quel constat dressez-vous sur la situation des femmes
?
Premièrement, les mères sont de plus en plus jeunes et certaines
jeunes mères connaissent plus de difficultés. Au niveau du travail,
les postes occupées par les femmes demeurent à temps partiel. Je
connais une infirmière qui a travaillé longtemps sans avoir de
permanence. De nos jours, un emploi à temps partiel au salaire
minimum, c’est être pauvre!
En terminant, croyez-vous qu’il y aura de plus en plus de femmes
en politique?
Une chose est certaine, les femmes qui sont ou seront au pouvoir
interpellent d’autres femmes et peuvent les motiver à se lancer en
politique. Pour les prochaines élections, il y aura plusieurs choses
de faites pour inciter les femmes à se présenter.
Joey Olivier
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