Les ministres adoptent un ensemble de
mesures concernant la perchaude dans le lac Saint-Pierre
Le gouvernement garde le cap sur le rapport
« Thibault »!
par Joey Olivier - Journal
L'annonceur - «collaboration spéciale»
C’est le 31 mars dernier que
le ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation, M.
Yvon Vallières, le ministre des Ressources naturelles et de la
Faune, M. Pierre Corbeil, la ministre déléguée aux Transports et
ministre responsable de la région de la Mauricie, Mme Julie Boulet,
et la députée de Maskinongé, Mme Francine Gaudet ont adopté un
ensemble de mesures qui correspondent aux recommandations
mentionnées dans le rapport « Thibault », rapport déposé à la fin de
l’année 2004.
Une réduction des captures de
38%
C’est par voie de communiqué, que les ministres ont fait connaître
les mesures adoptées : « Dès 2005, les prélèvements de la pêche
commerciale seront réduits de 64,5 tonnes qu’ils étaient en 2003 à
un contingent fixe de 40 tonnes, soit une diminution de 38 % des
captures. Pour la pêche sportive, les captures diminueront de 21,5
tonnes à 13,5 tonnes grâce à des mesures combinées qui entreront en
vigueur dès l’ouverture de la nouvelle saison de pêche 2005, soit le
10 avril prochain, notamment la remise à l’eau obligatoire des
perchaudes capturées durant la saison de pêche en eau libre »,
ont-ils fait savoir.
Un programme de rachat
volontaire dès cette année
Quant au programme de rachat de permis totalisant une enveloppe de
1,8 million de dollars, le gouvernement offre, dès cette année, aux
pêcheurs qui le souhaitent de vendre leur permis. « Cette opération
pourrait permettre de racheter, sur une base volontaire, une
vingtaine de permis de pêche commerciale, lesquels sont au nombre de
36 actuellement », a précisé M. Vallières qui soutient que « Le
programme permettra aux pêcheurs demeurant actifs de maintenir leur
revenu actuel, voire de l’augmenter. »
Roger Michaud se dit déçu des
méthodes adoptées
Rejoint par téléphone, le président de l’association des pêcheurs
commerciaux du lac Saint-Pierre, Roger Michaud, s’est dit très
déçu : « Je suis déçu de la manière dont on nous a présenté cela.
Premièrement, le modèle Ricker ayant servi à comptabiliser le nombre
de perchaudes dans le lac n’est pas exact et ne reflète pas la
réalité. Deuxièmement, advenant qu’en 2006, le nombre de rachat de
permis n’ait pas été suffisant, le gouvernement va baisser la limite
à 30 tonnes. Ce qui signifie qu’on ne pourra pas profiter de ce
fameux rachat », a expliqué M. Michaud. Le président a toutefois
tenu à spécifier qu’il n’est pas en désaccord avec le rachat
volontaire, mais bien avec la méthode adoptée par le gouvernement.
Par ailleurs, il n’a pas manqué de souligner que plusieurs
fonctionnaires souhaitent le voir vendre son permis : « Si jamais je
vends mon permis, les fonctionnaires seraient tellement contents,
car ils désirent me voir sortir du milieu depuis 15 ans. Moi, des
mensonges, je n’en raconte pas et je sais de quoi je parle! » a-t-il
exprimé. Interrogé sur la question, le président soutien que les
pêcheurs ne peuvent plus renverser la vapeur : « On ne peut pas
manifester ou faire autre chose, l’Association n’a pas les moyens de
faire cela. On essaie de se débattre avec ce qu’on a! » a-t-ajouté.
La méthode réussira-t-elle?
Avec l’adoption de ces mesures, le gouvernement vise assurer le
développement durable de la pêche commerciale et de la pêche
sportive : « En somme, les restrictions imposées tant pour la pêche
commerciale que sportive vont dans le sens des recommandations du
Comité consultatif conjoint pour la gestion des stocks de poissons
du lac Saint-Pierre. Elles visent la restauration du stock de
perchaude, sur un horizon d’au moins 5 à 7 ans, à des niveaux
d’abondance et avec une structure de population qui en augmentent le
potentiel reproducteur. Ceci étant, nous verrons alors s’établir
progressivement la pratique d’une pêche sportive de qualité et d’une
pêche commerciale durable et rentable, génératrice de retombées
économiques accrues », précise M. Corbeil.
Du côté des pêcheurs, il semblerait que ces mesures annoncent
de bien mauvais jours pour la pêche commerciale, à court et à long
terme : « Les pêcheurs qui vendront leur permis ne reviendront
jamais à la pêche », a conclu Roger Michaud.
Joey Olivier