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jeudi 06 mai 2004

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Réingénierie de l’État
« LA MONTAGNE ACCOUCHE D’UNE SOURIS »
-Sylvain Simard

Québec, le mercredi 5 mai 2004 – « Après avoir créé de nombreuses attentes en laissant croire qu’il procèderait à des changements majeurs, le gouvernement Charest, un an plus tard, accouche finalement d’une souris et livre un projet de réingénierie sans nouveauté ni substance. Le document déposé aujourd’hui par la présidente du Conseil du trésor est vague et flou, rédigé au futur, émaillé de formules creuses qui traduisent l’incapacité libérale à prendre de véritables décisions », a déclaré le député de Richelieu et porte-parole de l’opposition officielle en matière de Conseil du trésor, fonction publique et réorganisation de l'État, M. Sylvain Simard. 

« Si l’on exclut les réalisations du gouvernement précédent, soit la Loi sur l’administration publique, le programme Villes et villages branchés, la création de sites transactionnels, le système de changement d’adresse ou l’aide financière aux études en ligne, on cherche les initiatives nouvelles. Changer le nom de Communication-Québec pour Services Québec ou créer un bureau des musées nationaux sont des mesures loin d’être révolutionnaires. Comble de l’ironie, la présidente du Conseil du trésor avait promis de réduire le nombre d’organismes : elle en crée plutôt cinq! On comprend mieux maintenant l’insatisfaction des députés du caucus libéral et du Conseil des ministres et le report du dépôt de ce document », a indiqué M. Simard. 

De plus, l’annonce d’aujourd’hui est loin de dissiper les craintes. L’épée de Damoclès pend toujours au-dessus de certains services publics : les employés de Télé-Québec ne sont pas fixés sur leur sort, les étudiants et le personnel sauront plus tard à quel avenir sont voués les cégeps et les employés de l’État n’ont droit à aucun détail les concernant. En fixant un objectif de non-remplacement d’un employé sur deux qui quitte la fonction publique, le gouvernement ne prend aucune précaution pour garantir au préalable l’accès du public à des services gouvernementaux de qualité. 

« On note aussi que l’intention gouvernementale manifestée dans le dernier budget de brader une partie du patrimoine immobilier québécois se confirme et que l’État s’apprête à payer ses dépenses à même la disposition d’actifs immobiliers. Les Québécois propriétaires deviendront les locataires d’entreprises privées détentrices de baux de location garantis », a poursuivi le député.

L’engouement idéologique à l’égard de l’omniprésence de la propriété et de la gestion privée se confirme : hôpitaux, prisons, écoles, centres d’hébergement de soins de longue durée, salles de concert, bibliothèques, rien ne semble ralentir l’enthousiasme de la présidente du Conseil du trésor pour cette formule soi-disant miraculeuse de financement et de gestion d’établissements publics. 

« Quels sont les objectifs? Où sont les économies promises? Rien n’est chiffré! En quoi tout cela permettra-t-il de régler le problème du déséquilibre fiscal que tous reconnaissent, y compris le ministre des Finances? Il est clair et évident que l’argent est à Ottawa et que c’est contre ça que nous devons nous battre. Ce n’est pas avec de tels changements purement cosmétiques que nous règlerons la situation financière du Québec. Jean Charest et son équipe se disaient prêts; on constate aujourd’hui qu’il n’en était rien », a conclu M. Simard.

Sylvain Rochon
Sources : Renée-Claude Boivin

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