Réingénierie
de l’État
« LA MONTAGNE ACCOUCHE D’UNE SOURIS »
-Sylvain Simard
Québec,
le mercredi 5 mai 2004 – « Après avoir créé de
nombreuses attentes en laissant croire qu’il procèderait à des
changements majeurs, le gouvernement Charest, un an plus tard,
accouche finalement d’une souris et livre un projet de réingénierie
sans
nouveauté
ni substance. Le document déposé
aujourd’hui par la présidente du Conseil du trésor est vague et
flou, rédigé au futur, émaillé de formules creuses qui
traduisent l’incapacité libérale à prendre de véritables décisions »,
a déclaré le député de Richelieu et porte-parole de
l’opposition officielle en matière de
Conseil du trésor, fonction publique et réorganisation de l'État,
M. Sylvain Simard.
« Si l’on exclut les réalisations
du gouvernement précédent, soit la Loi sur l’administration
publique, le programme Villes et villages branchés, la création de
sites transactionnels, le système de changement d’adresse ou
l’aide financière aux études en ligne, on cherche les
initiatives nouvelles. Changer le nom de Communication-Québec pour
Services Québec ou créer un bureau des musées nationaux sont des
mesures loin d’être révolutionnaires. Comble de l’ironie, la
présidente du Conseil du trésor avait promis de réduire le nombre
d’organismes : elle en crée plutôt cinq! On comprend mieux
maintenant l’insatisfaction des députés du caucus libéral et du
Conseil des ministres et le report du dépôt de ce document »,
a indiqué M. Simard.
De plus, l’annonce
d’aujourd’hui est loin de dissiper les craintes. L’épée de
Damoclès pend toujours au-dessus de certains services publics :
les employés de Télé-Québec ne sont pas fixés sur leur sort,
les étudiants et le personnel sauront plus tard à quel avenir sont
voués les cégeps et les employés de l’État n’ont droit à
aucun détail les concernant. En fixant un objectif de
non-remplacement d’un employé sur deux qui quitte la fonction
publique, le gouvernement ne prend aucune précaution pour garantir
au préalable l’accès du public à des services gouvernementaux
de qualité.
« On note aussi que
l’intention gouvernementale manifestée dans le dernier budget de
brader une partie du patrimoine immobilier québécois se confirme
et que l’État s’apprête à payer ses dépenses à même la
disposition d’actifs immobiliers. Les Québécois propriétaires
deviendront les locataires d’entreprises privées détentrices de
baux de location garantis », a poursuivi le député.
L’engouement idéologique à
l’égard de l’omniprésence de la propriété et de la gestion
privée se confirme : hôpitaux, prisons, écoles, centres
d’hébergement de soins de longue durée, salles de concert,
bibliothèques, rien ne semble ralentir l’enthousiasme de la présidente
du Conseil du trésor pour cette formule soi-disant miraculeuse de
financement et de gestion d’établissements publics.
« Quels sont les
objectifs? Où sont les économies promises? Rien n’est chiffré!
En quoi tout cela permettra-t-il de régler le problème du déséquilibre
fiscal que tous reconnaissent, y compris le ministre des Finances?
Il est clair et évident que l’argent est à Ottawa et que c’est
contre ça que nous devons nous battre. Ce n’est pas avec de tels
changements purement cosmétiques que nous règlerons la situation
financière du Québec. Jean Charest et son équipe se disaient prêts;
on constate aujourd’hui qu’il n’en était rien », a
conclu M. Simard.
Sylvain
Rochon
Sources : Renée-Claude Boivin