« 2004 : une année prometteuse au plan économique » - Alban D'amours
par Jean Doyon

(Sorel, 15 janvier 2004) - Organisé par la Chambre de commerce et d'industrie Sorel-Tracy métropolitain, un dîner-conférence était présenté à la salle du "Petit Prince" mardi dernier dont le conférencier invité était nul autre que Alban D'Amours, président et chef de la direction du Mouvement des caisses Desjardins.  Si l'on résume en quelques mots sa carrière, notons qu'après avoir obtenu son doctorat en théorie monétaire, économétrie et finances publiques à l'Université du Minnesota, il a d'abord joué un rôle de formateur universitaire. Le professorat l'a propulsé dans la fonction publique québécoise de 1981 à 1987, où il a occupé tour à tour les postes de sous-ministre du Revenu et de sous-ministre associé à l'Énergie. C'est à compter de 1988 qu'il a entrepris sa carrière au sein de la Confédération du Mouvement Desjardins qui a finalement pavé la voie à la présidence.

En bref, M. D'amours avait un message très positif à livrer aux quelques 175 membres présents de la Chambre de commerce, puisque même si la région vit actuellement une perspective d'emplois plutôt inquiétante à court terme, il prévoit une année 2004 prometteuses au plan économique pour le Québec.  Son évaluation est directement reliée à la reprise de l'économie américaine qui s'est concrétisée en 2e moitié de l'année 2003, en plus du maintien des dépenses de consommation des "ménages", tout en continuant d'être actifs sur le marché de l'habitation.  « Les investissements des gouvernements dans les travaux d'infrastructure ainsi que les méga-projets en cours de réalisation viennent aussi soutenir l'économie québécoise.  On s'attend maintenant à ce que les entreprises mettent aussi l'épaule à la roue en 2004. »  Dans cette dernière phrase, fallait-il voir une certitude prévisionnelle ou une suggestion stratégique ?

Invité des caisses Desjardins-Secteur Bas-Richelieu, on a remis à Alban D'Amours un tableau du célèbre peintre "Picard".  De gauche à droite : Bertrand Péloquin, Alban D'Amours, Nancy Niquette et Daniel DeGuise

M. D'Amours a également parlé des problèmes locaux en disant que pour stimuler le développement de l'économie et de l'emploi, nous devons demeurer alertes et savoir saisir les occasions de susciter de nouvelles activités.  « Cela s'impose d'autant plus qu'ici à Sorel-Tracy alors que les pertes d'emplois dues aux difficultés éprouvées par l'industrie de la métallurgie doivent être compensées par des gains dans d'autres secteurs et qu'il faut poursuivre avec persévérance les efforts consacrés depuis quelques années à la relance économique de la région. »

Au niveau des ressources humaines, le président du Mouvement Desjardins a lancé quelques chiffres assez éloquents.  « Dans un peu plus d'une dizaine d'années, les personnes qui prendront leur retraite seront annuellement, aussi nombreuses que celles qui feront leur entrer dans la vie active.  Dans 20 ans, le nombre de personnes qui partira pour la retraite sera d'un tiers supérieur aux nouveaux travailleurs.  Certaines entreprises auront à remplacer plus de 50% de leur main-d’œuvre au cours des 10 prochaines années.  On estime par ailleurs que dans les 15 ans à venir, la moitié du personnel actuel aura quittée l'appareil gouvernemental.  Les travailleurs issus de l'immigration devront en effet constituer une partie de la réponse aux besoins de mains-d'œuvre et de renouvellement de la population. », expliquait M. D'amours.

Alban D'Amours avait d'ailleurs fait les manchettes un peu plus tôt, puisqu'il avait annoncé hier qu'il sollicitera un renouvellement de son mandat de quatre ans à la tête de l'institution financière coopérative.  Il a été élu le 19 février 2000 et son mandat se terminera le 27 mars 2004.  Il sera donc sur les rangs pour un deuxième et dernier mandat de président et chef de la direction de Desjardins.  On ne croit pas qu'il aura d'opposant, puisque M. D'Amours jouit de beaucoup de sympathie au sein du mouvement pour avoir mené à bien la restructuration de Desjardins, tout en augmentant la rentabilité de l'entreprise.  

M. D'Amours qui aura 64 ans en juillet prochain, a gagné, en 2002, un salaire de 795 654 $, plus une prime de 349 421 $, pour un total de 1,1 million de $. Pour la même période, Desjardins a enregistré des excédents records de 848 millions $, une augmentation de 41 % par rapport à l'exercice précédent. Pour l'année en cours (9 mois d'opération en 2003), Desjardins affiche déjà des profits de 650 millions $."

M. d'Amours avait succédé à Claude Béland qui avait occupé le poste pendant une durée record de 13 ans. Depuis 2000, la période pendant laquelle une personne peut occuper ce poste a été limitée à huit ans.

Jean Doyon

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