Suspension des règles pour cinq projets de loi
« Encore une fois, le gouvernement bâillonne
la population » - Sylvain Simard
Québec, le mardi 14 décembre 2004
– En suspendant les règles de l’Assemblée nationale afin d’adopter à
toute vapeur cinq projets de loi pour lesquels il n’y avait aucune
urgence, le gouvernement Charest n’a pas que bâillonné les élus du
Parlement : il a fait taire la population québécoise », a déclaré le
député de Richelieu, Sylvain Simard.
« Légiférer, c’est sérieux, et il faut du temps pour
le faire correctement. Sur 424 heures mises à la disposition des
parlementaires pour étudier les projets de loi, seulement la moitié,
soit 213 heures, ont été utilisées. En suspendant les règles avant
que les projets de loi aient franchi l’étape de l’étude détaillée,
le gouvernement Charest se moque de la démocratie », a affirmé le
député.
Pourtant, en 2001, le gouvernement du Parti Québécois
avait proposé et fait accepter à l’unanimité de nouvelles règles
concernant les mesures d’exception, lesquelles ont été mises en
application au cours de trois sessions parlementaires. « Les députés
du Parti libéral réclamaient ces modifications et les avaient
entérinées. Ils ne doivent certainement pas être à l’aise avec la
décision de leur leader », a ajouté le député.
Rappelons que le gouvernement a mis dans son bâillon
le projet de loi 55, qui aura pour effet d’augmenter, pendant
plusieurs années, les primes d’assurances et droits
d’immatriculation pour 4,7 millions d’automobilistes; le projet de
loi 61, qui crée l’Agence de partenariats public-privé; le projet de
loi 63, qui crée Services Québec; le projet de loi 75, qui
reconstitue les villes défusionnées; et le projet de loi 78, qui
modifie notamment la mission et la composition du conseil
d’administration de la Caisse de dépôt et placement.
« Rien ne justifiait l’urgence d’adopter ces projets
de loi avant Noël sinon le désir des députés libéraux de quitter le
plus rapidement possible l’Assemblée nationale pour éviter de rendre
des comptes à la population », a conclu M. Simard.
Sylvain Rochon
---------------