L'histoire ... par Jean Doyon

1991  -  1993

À cette époque, j'avais pris, ce que je pourrais appeler, une semi-retraite, et la flamme de rejouer de la musique venait de se rallumer mais cette fois avec une envie de former un trio Heavy-Rock.  Pour un guitariste-chanteur, jouer à l'intérieur d'un trio musical offre tout un «challenge», parce que l'on dirait tout le temps qu'il manque quelque chose. Et comme je déteste les groupes qui laissent des trous dans la musique, j'ai décidé de relever le défi. C'est Stéphane Béland de chez Steph Muzik qui m'a proposé un batteur du nom de Daniel Pelletier pour former le groupe, après un rencontre, Daniel avait l'allure que je demandais, l'expérience et surtout un sens de l'humour insatiable qui rend sa personnalité très attachante. Alors sans hésiter, «j'ai câllé mon vieux pote Poupart ... Jacques Éthier», à la basse, qui était disponible à cette époque, pour m'assurer d'une bonne ouverture d'esprit, puisque je me doutais fort bien que nous devrions modifier plusieurs pièces, pour les rendent intéressantes, même joué par trois musiciens.

J'avais une bonne idée du genre de musique que je voulais faire jouer au groupe. Juste un peu avant, j'avais suivi un groupe comme preneur de son, du nom de Background et leur musique était une compilation de vieilles pièces des années 70-80. Vous savez ce genre de toune qui ne joue pas à la radio mais qui devient des classiques ... en background. J’avais trouvé l’idée bonne et ces derniers temps cette musique revenait un peu à la mode, mais ce que je voulais plutôt faire c’était des pièces de rock classiques, que l’on pouvait jouer à trois, mais avec un son très 90, très métal et très pesant.

Ça fonctionné tout de suite, dès les premières fin de semaine les gens avaient embarqués dans l’idée. Au début, l’on se contentait de jouer les pièces telles quelles, puis, nous avons commencé à modifier les textures et créer de nouvelles lignes de liaisons, de nouveau bridge sans toutefois modifier la chanson, juste mettre un peu plus de crémage.

Cela faisait tellement longtemps que Jacques et moi étions ensemble que bien souvent on créait des nouvelles lignes « live, sur la scène » juste en se regardant et nous les conservions pour les shows futurs.

Daniel Pelletier l’un des gars les plus sympathiques avec qui il m’a été donné de jouer, toujours une blague, toujours une nouvelle anecdote, toujours quelque chose à dire. C'est un batteur flamboyant, avec sa grosse batterie, à lui seul il pouvait tenir le public en haleine, soit en faisant un solo ou avec des gestes quelconques, il m’a toujours fait un peu pensé à Keith Moon de The Who, dû au fait qu'il est intéressant de le voir jouer, et surtout parce qu'il est très tannant, l'on ne s'ennuie jamais avec lui. L’enfant terrible qui a quand même réussit à s ‘infiltrer et à se mélanger avec Jacques et moi de façon remarquable, ensemble, nous avons développé notre style, et l’on s’amélioraient à chaque jour. Et en plus c’était lui l’animateur de la soirée, après chaque pièce il prenait le micro et poussait encore quelques blagues. 

Le fait qu’il était l’animateur me rendait heureux parce que l'animation, le meneur de foules... ce n’est vraiment pas ma tasse de thé. Mais Bon Dieu qu’on jouait fort… tellement que ma tension nerveuse en prenait pour son rhume souvent et on déployait tellement d’énergie sur scène, qu’après chaque fin de semaine je perdais au moins 5 livres. Quel excellent régime ! Ce groupe m’avais permis de jouer des pièces que je voulais jouer sans avoir peur de me faire disputer par les célèbres « Boss de club », parce que c’était trop rock, trop heavy, trop vieux ! Ça ne pouvais pas être trop heavy, nous étions un groupe Heavy, nous avons aussi pu jouer des tounes difficiles mêmes à trois qui nous donnaient beaucoup de challenge, par exemple : Joe Satriani, VoidVod, Led Zeppelin, nous avons redécouvert Ted Nugent, notre version de « In a gadda da vida » était ben l’fun, Metallica, le côté chanteur de Deep Purple, Stevie Ray Vaughan qui m’avait redonné le goût de jouer de la guitare, etc….

Le groupe s’est dissout après trois ans d’activités, pour ma part c’est la famille qui entrait à pleine porte puisque qu’en 5 ans, mon épouse et moi avons eu 3 merveilleux enfants, donc les nuits ont commencé à être un peu pénible et bien sûr la fatigue était au rendez-vous. Pour Jacques il avait commencé à mettre beaucoup de pression du fait qu’il voulait jouer à toutes les fins de semaines, sans exception. Ce fut donc la fin de Goliath.