L'Histoire !
par Jean Doyon
L'histoire
du groupe Boff comme telle, était commencé bien avant que j'arrive
dans le décor. En fait, le groupe portait déjà un nom, et
c'était celui de " C-117 ", en l'honneur d'un certain local
de pratique à la polyvalente Bernard-Gariépy. Mais mon histoire
avec ce groupe commence un certain jour alors que je reçois dans la
même journée, deux offres, l'une venait de Marc
Salvail du groupe Drakkar, qui se cherchait un guitariste pour jouer du Rock
progressif et quelques heures plus tard, Jocelyn Beauchemin, alors bassiste de
C-117, se pointe à mon
travail, pour m'offrir de jouer avec son groupe, qui consistait à un peu de
Rock et du Québécois. De toute évidence, je ne pouvais remplir le rôle
de guitariste au sein du, très réputé groupe Drakkar, car
ils jouissaient à cette époque, d'une excellente réputation. Une telle
tâche demandait beaucoup d'expérience.
Quant à
Beauchemin, son groupe jouait de 3 à 4 spectacles par année, sans prétention, et
nous étions tous à nos débuts dans le domaine de la musique, c'était
exactement ce que je voulais.
Après
avoir fait approuvé mon choix auprès de mon gourou, Yves Parenteau, ( mon prof
de guitare ), qui m'avais suggéré à ces deux messieurs, je me présente au groupe, formé alors de : Claude Traversy (Batterie), Christian
Thibault (Guitare), François Béland (Claviers), et Jocelyn Beauchemin à la
basse. Nous avions préparé une dizaine de chansons pour la pratique et à un moment donné j'ai demandé si je pouvais en chanter
"une couple". Je n'avais
jamais vraiment chanté mais, je me sentais d'attaque pour en essayer une ou
deux. Je fut surpris moi même du résultat et c'est à partir de ce jour là que
je suis devenu chanteur, en plus de jouer de ma guitare. Et cela avait rendu
Christian Thibault très heureux car, il pouvait dès lors, se concentrer un peu
plus sur sa guitare.
Pendant un super week end au chalet de Christian
Thibault à St-Louis-de-Blandford ou nous avions pratiqué pendant trois
jours, c'est en regardant le chien de Thibault que le nom du groupe nous
vint à l'esprit. Vous savez ce genre de chien qui se foutait éperdument
de ce qui se passait autour de lui et qui dort tout le temps, et bien
Christian l'avait appelé « Boff » ... on a tous trouvé ça cool, et
nous avons adopté ce nom, qui était un peu l'attitude générale du
groupe ... !
Le
grand départ, si l'on peut s'exprimer ainsi, fut peut-être quelques mois
après la première apparition à la télé communautaire de Sorel-O-Vision.
À
partir de ce moment, la confiance du groupe était solide, il était donc temps
d'y aller. Plus le temps avançait, plus les contrats devenaient de plus en plus
intéressants. " Il y aura toujours cette
anecdote que j'aime raconter sur l'histoire de ce groupe. Je reçois un soir un
téléphone de Marc Gendron alors bassiste avec le groupe Blitz, pour me
demander si nous étions occupés (Boff) pour la St-Jean-Baptiste (Dans trois
semaines 1981), " je lui ai dit non, pourquoi ? J'aurais besoin que ton
groupe remplace Blitz à St-Roch pour la St-Jean parce qu'il m'est arrivé un
accident et je ne pourrai pas jouer. Je me suis arraché un pouce à la
discothèque O-Bu-Ro en fin de semaine. " Je lui ai répondu, " Wow
tout un party ! ". Mais je lui ai dit "Bon Dieu !, ça dû faire mal
?, tu pourras plus jouer dla base ?" etc... Il me dit "Non, non, ça
va, je vais me débrouiller" . Plus tard,
j'étais bien heureux pour lui de le voir jouer au sein de Bundok. Nous ne
faisions pas que du "Québécois ", mais en trois semaines nous avions
eu le temps de monter quelques pièces classiques du répertoire Québécois.
Toute une histoire pour un simple transfert de contrat.
Pour
une courte durée, André Rioux, est venu chanter avec nous pour quelques
spectacles. André, avait une très bonne voix et une belle présence sur
scène. Grâce à lui, nous avions pu jouer du Jethro Tull et un peu plus de
Supertramp. S’il était resté avec nous, nous aurions avancé à pas de
géant, car nous avions un «back vocals» écœurant, et on commençait à
penser à des pièces de Gentle Giant et à d'autres groupes du genre qui nous
aurais donné tout un challenge et aussi nous permettre d'avancer en
expérience. Mais des problèmes internes chez Rioux, l'ont forcé à
abandonner. J'étais extrêmement déçu, car ce type avait du potentiel.
Nous
commencions à jouer régulièrement et à des intervalles plus rapprochés, ça
devenait un peu plus lourd pour François Béland et Christian Thibault qui
voyaient venir le temps de l'université approché à grand pas. Après
un contrat à Joliette, François et Christian, quitta la formation pour
poursuivre leurs études.
Nous
avions entendu parler que l'ancien guitariste de Blitz, Jean-François Bélisle
était disponible, alors étant donné que Claude et Jocelyn le connaissaient,
ils lui ont demandé de se joindre au groupe, et il accepta. Jef, était un bon
guitariste et il pouvait chanter très bien, il était petit de taille,
"tout un contraste avec moi !", et en modifiant un peu le répertoire,
le groupe pouvait abandonner l'idée de se trouver un claviériste, qui a
toujours été une denrée rare dans ce milieu. Avec Jean-François, nous
n'avons pu faire que 3 contrats. Le manque de sérieux du groupe était évident
et tout le monde étaient toujours occupé ailleurs, soit par les études,
activités, etc. Claude Traversy et moi, étions devenus de très bons amis,
nous partagions les mêmes idées, on aimait les mêmes groupes, et on voulait
tous les deux devenir musicien à temps plein. Après mure réflexion, Claude et
moi, avions décidé que peut-être, le temps étaient venu pour nous, de
franchir l'étape suivante et d'essayer de se monter un groupe plus sérieux,
pour faire des spectacles et de la tournée et peut être même, d'essayer d'en
vivre.
Après
le concert à la salle Daunais de Contrecoeur Claude et moi, avons fait part de
notre décision de quitter la formation pour aller vers d'autres cieux. Il
y a de ces expériences douloureuses dans la musique, comme mettre fin à
un groupe alors que personne ne s'y attend. Wow, que c'est
désagréable !, surtout quand c'est la première fois, mais, il faut toujours
avancer, même si des fois " ça fait mal ".
Les
points forts du groupe Boff : Led Zepellin, Kansas, Neil Young, Corbeau,
Aerosmith, Supertramp...
...
Jean Doyon