Entrez dans l'univers du rock progressif

Critiques et sorties de disque
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Kaipa • Mindrevolutions
InsideOut / Fusion 3 / Suède, 2005

Pour certains, Kaipa fait partie des nombreux projets hors groupe de Roine Stolt, la figure de proue de Flower Kings.  Au même titre par exemple que The Tangent.  Cependant cette formation a une importance toute particulière pour Stolt puisqu’il s’agit de la formation avec laquelle il a effectué ses débuts sur disque dans les années 70. Le groupe a en quelque sorte été remis sur pied il y a quelques années par le claviériste Hans Lundin et deux disques ont été concoctés assez rapidement. Connaissant la très forte personnalité de Stolt, il n’est guère surprenant que les deux premiers essais du Kaipa nouvelle formule aient été associés à Flower Kingsl  Mais, avec le concours du bassiste Jonas Reingold (Flower Kings) et de Patrik Lundstrôm (voix) et Aleena (voix), le nouveau Kaipa semble avoir trouvé sa voie avec ce troisième essai.

Certes, on peut toujours citer Flower Kings comme référence mais un bel équilibre s’est installé entre Lundin et Stolt et nous avons droit à plusieurs grands moments comme la pièce titre qui affiche plus de 25 minutes au compteur.  Paradoxalement Roine Stolt, jugeant qu’il ne peut plus rien apporter à Kaipa (voir son entrevue dans le Terra no 7), a annoncé qu’il ne collaborerait plus avec Lundin et qu’il tournait la page.  Dommage, car «Mindrevolutions» annonçait de belles choses en nous donnant l’impression que le groupe entamait un tout nouveau chapitre de sa saga.

Michel Bilodeau, Terra Incognita

39
Steve Howe • Spectrum
InsideOut / Fusion 3 / Grande-Bretagne, 2005

Malgré un parcours qui s’étale sur plus de trois décennies et une feuille de route longue comme le bras, Steve Howe ne semble pas être à court d’inspiration. D’ailleurs, on peut dire qu’il est plus prolifique que sa légendaire formation.  Cette fois, le guitariste revient à la charge avec un disque entièrement constitué de pièces instrumentales.  Pour être honnête, connaissant les capacités vocales du principal intéressé, c’est un choix judicieux.  Le chant n’est pas précisément le point fort de Howe...

«Spectrum» est un disque éclectique qui flirte tout autant avec le rock progressif, le jazz, le country (ce n’est pas nouveau pour lui) et les musiques du monde. Au total quinze pièces de courte durée (3 ou 4 minutes) qui sont autant d’occasions pour lui de démontrer sa polyvalence sans tomber dans les excès du «disque de guitariste».  Howe, qui est notamment entouré de ses fils et du (vraiment trop!) discret Tony Levin, mise avant tout sur la dimension mélodique tout en se «payant la traite»! Les fans de Yes ne seront pas trop dépaysés à écoute de «Realm Thirteen» et «Highly Strung».  Plus consistant que le précédent «Remedy», «Spectrum» se classe aisément parmi les meilleurs essais solo de Howe.

Michel Bilodeau, Terra Incognita

38
Circus Maximums • The 1st Chapter
Sensory / Fusion 3 / Norvège, 2005

Ce n’est plus un secret pour personne! La Scandinavie a joué un rôle actif dans la renaissance du rock progressif.  Un rayonnement qui se fait d’ailleurs toujours sentir.  On pourrait d’ailleurs établir le même constat en ce qui concerne le hard rock et le métal sous toutes ses déclinaisons.  Circus Maximus, une nouvelle formation norvégienne est un bel exemple de cette effervescence.  La troupe du chanteur Michael Eriksen, qui incidemment possède une superbe voix de hard rock classique, propose ni plus ni moins qu’une fusion de hard rock, de métal et de rock progressif.  Une démarche qui, par moments, n’est pas sans rappeler celle de Oueensryche, de Symphony X et de Oream Theater.

D’ailleurs, à l’écoute de pièces complexes comme «Biosfear» et la pièce titre qui s’étale sur près de vingt minutes (de réjouissants cocktails de métal et de progressif aux multiples rebondissements), il est bien difficile de ne pas songer à James LaBrie et ses coéquipiers.  Un de plus, vous allez me dire!  Rassurez-vous, il n’est toutefois pas question ici de simple clone.  Tout en patrouillant sensiblement les mêmes territoires, Eriksen et ses acolytes parviennent à définir leur propre champ d’action. Une entrée qui ne devrait pas passer inaperçue!

Michel Bilodeau, Terra Incognita

37
Dream Theater • Octavarium
Atlantic / États-Unis, 2005

Dix-huit mois après nous avoir présenté «Train 0f Thought», probablement le disque le plus sombre et le plus métal de Dream Theater, Petrucci et ses acolytes reviennent à la charge avec «Octavarium».  Autant le dire tout de suite ce disque est une autre réussite pour le groupe.  Ce huitième essai studio en vingt ans de carrière ne déparera en rien sa discographie!  Les musiciens maintiennent toujours la barre haute. Un disque qui a beaucoup plus de liens avec «Six Degrees of lnnerlurbulence» qu’avec «Train 0f Thought».

Certes le disque s’ouvre avec une pièce assez heavy, «The Root 0f AIl EviI» que l’on peut situer dans le lignée de «This Dying Soul» (de «Train..»), mais dès la seconde pièce le quintette prend une toute autre direction avec l’excellente ballade «The Answer Lies Within» pour laquelle il a fait appel à une section de cordes.  Incidemment, un orchestre sous la direction de Jamshied Sharifi, a contribué aux pièces «Sacrified Sons» et «Octavarium». Une première pour Dream Theater. Parmi les autres surprises de ce disque il faut mentionner «I WaIk Beside You» qui risque d’en déconcerter quelques-uns.

Une pièce qui évoque U2!  Que ce soit les «riffs» de guitare, le refrain où même le chant de LaBrie! En quelque sorte un court intermède de quatre minutes car les cinq musiciens repartent en lion avec un «Panic Attack» enlevant et techniquement complexe.  Enfin de parcours ils s’en donnent à coeur joie et cette pièce s’avère une belle occasion pour chacun de se laisser aller dans des envolées. Cependant, le sommet de ce disque demeure sans contredit la pièce titre qui se déploie sur pas moins de vingt-quatre minutes. Après une intro planante «à la Pink Floyd», le groupe semble lorgner Yes quelques instants pour poursuivre avec une guitare acoustique et une flûte. Tout un début de pièce! Par la suite les cinq compères manoeuvrent tout en finesse et font monter lentement et savamment la tension. Une pièce qui sera fort probablement un des moments forts des prochains concerts du groupe.

Michel Bilodeau, Terra Incognita

36
Blackfield • Blackfield
Koch Records / Grande-Bretagne, 2004

Même s’il trône fièrement en magasin depuis déjà plusieurs mois, ce gentil petit album ne méritait pas d’être ignoré pour autant. Blackfield est ce que l’on appelle un «side project» de Steven Wilson, le leader du groupe culte Porcupine Tree.  Une collaboration avec son ami Aviv Geffen, un artiste et militant pour la paix très notoire en lsraël, son pays d’origine. Les deux artistes se sont connus il y a quelques années lors d’une tournée israélienne de Porcupine Tree.  Bien que l’enregistrement de ce disque a été entrepris en 2001 il n’a été complété que trois ans plus tard. D’entrée de jeu, je dois sincèrement reconnaître le côté créatif de l’oeuvre.

Construite sur une base progressive traditionnelle, on remarque rapidement cet heureux mélange de cultures qui façonne une forte personnalité à cette musique recherchée, mélancolique et plutôt lente. Les envolées sont nombreuses, accrocheuses et tombent toujours à point. Les surprises abondent et ponctuent une oeuvre déjà passablement bien étoffée. Chaque note, chaque harmonie et chaque arpège est fignolé et sablé à la perfection. On y reconnaît aisément la somme de travail qui y a été investie. Bien que toutes les pièces soient de véritables petits trésors parfaitement emballés, certaines sont particulièrement à mentionner telle «Open Mind» qui débute l’album de façon fort réjouissante, «Scars», une ballade profonde et harmonieuse ou même la pièce titre, assez accessible mais combien entraînante.  La voix de Wilson, tout en nuances et en finesse, est singulièrement en forme et même envoûtante.

Toutes ces qualités ne s’appliquent cependant qu’aux dix chansons officielles, les trois «bonus tracks» à la fin sont à écouter une fois pour la forme mais à oublier par la suite. Quant à la fameuse question qui vient immanquablement à l’esprit; et bien non, il n’y a pratiquement aucun point en commun avec Porcupine Tree si ce n’est le son caractéristique des solos de guitare.  Wilson a donc choisi, pour cet opus, le rock progressif à l’état pur.  Blackfield est une oeuvre universelle qui devrait plaire à tout le monde, autant les amateurs de Porcupine Tree qu’à ceux qui recherchent un produit progressif plus classique et satisfaisant du début à la fin...

- Richard Guay
(Terra Incognita)

35
Porcupine Tree • Deadwing
Lava / FGrande-Bretagne, 2005

Sans crainte de se tromper, on pourrait avancer que le nouvel essai de la troupe de Steven Wilson est une suite logique de « ln Absentia », un disque caractérisé notamment par un petit virage «métal».  Ceux qui n’ont vraiment pas apprécié que Porcupine Tree y durcisse le ton devraient tout simplement éviter «Deadwing».  Par contre, ceux qui n’ont pas été «perturbés» par l’ajout de ce nouvel élément à l’univers « Wilsonnien » ne seront pas désarçonnés par ces plus nombreuses poussées d’adrénaline.  Wilson et ses compères adoptent sensiblement la même approche en jouant sur les contrastes. Aux « riffs » plombés succèdent rapidement des moments d’accalmie et les pièces ne sont jamais totalement métal.  Le groupe attaque en lion avec la pièce titre (un peu dans la veine de « Blackest Eyes » mais avec des moments planants «à la Pink Floyd») et «Shallow» (un hard rock un brin «zeppelinnien») avant de passer à la ballade «Lazarus» (une belle réussite!) qui aurait fort bien pu figurer sur le premier essai de «Blackfield» tout comme, mais dans une moindre mesure, «Glass Arm Shattering» qui conclût presque(!) le disque (il y a une pièce cachée, soit une version de « Shemovedon»).

Des pièces comme «Halo», «Arriving Somewhere But Not Here» et «Open Car» possèdent eux aussi leurs moments «heavy».  Dans le cas de «Arriving Somewhere But Not Here», on serait même tenté d’effectuer un rapprochement avec le Dream Theater période «Six Degrees 0f lnnerlurbulence»!  Mentionnons la contribution de Adrian Belew qui signe les solo de guitare de «Deadwing» et «Halo» ainsi que celle, vocale, de Mikael Akerfeldt.  Côté production, Steve Wilson est tout simplement égal à lui-même. Bref, c’est tout bonnement impeccable. Soulignons que la version DVD audio comprend trois pièces inédites dont deux pièces instrumentales («Mother And Child Divided», «Revenant» ) ainsi qu’un court film consacré à la réalisation de «Deadwing».

Michel Bilodeau, Terra Incognita

34
At war with self • Torn between Dimensions
FES / Fusion3 / États-Unis 2005

Une autre rencontre au sommet! Ce nouveau triumvirat réunit le guitariste Glenn Snelwar, que l’on a pu entendre avec Gordian Knot, le bassiste Michael Manrig, qui fait partie de Attention Deficit (un groupe formé avec Tim Alexander de Primus) et le batteur Mark Zonder qui a dernièrement quitté Fates Warning (toute une perte pour le groupe).  D’entrée de jeu on peut dire que la musique de ce nouveau groupe défie toute catégorisation. Pas vraiment une surprise lorsque l’on jette un coup d’oeil à la feuille de route de ces musiciens de haut calibre. Notamment celle de Manrig qui avant de passer au rock a signé plusieurs disques pour l’étiquette Windham Hill.  Il a d’ailleurs été un des musiciens studio «maison» de Windham Hill et il a contribué à plusieurs disques «nouvel âge».

Ce premier essai est entièrement constitué de pièces instrumentales.  Le triumvirat puise tout autant aux sources du rock progressif, qu’à celles du métal, du jazz et même à certaines occasions à celles du folk et du bluegrass!  On pourrait dire que «Torn Between Dimensions» se situe dans une zone grise quelque part entre le progressif, le jazz et le rock expérimental. Malgré cette diversité de références, les trois compères sont parvenus à concocter des pièces qui concilient le tout sans difficultés. Alliant même à quelques occasions sonorités acoustiques et électriques avec une belle maîtrise, ils proposent une musique dense et complexe qui révèle encore des choses après plusieurs écoutes. Parmi les bons moments de ce disque il faut mentionner la pièce titre, «The Event Horizon» (le triumvirat y fait monter la tension tout en finesse) et «A Gap n The Stream of Mind Part 2» qui pourraient fort bien figurer dans la trame sonore d’un film d’horreur!

Michel Bilodeau, Terra Incognita

33
Kino • Picture
InsideOut / Fusion III - Grande-Bretagne 2005

Annoncé comme un nouveau «super groupe», Kino a suscité bien des espoirs avant la parution de son premier essai. Par les temps qui courent alors que les maisons de disques semblent encourager ce style de rencontre au sommet l’expression «super groupe» est un peu galvaudée.  Dans le cas qui nous intéresse, s’applique-t-elle vraiment à cette nouvelle formation? évidemment, la réunion de Pete Trewavas (Marillion), John Mitchell (Arena), Chris Maitland (Porcupine Tree) et de John Beck (lt Bites, John Wetton) ne pouvait que soulever l’intérêt.

Mais, cette nouvelle équipe n’a pas l’envergure, par exemple, du projet Transatlantic, un super groupe progressif auquel d’ailleurs a notamment participé Pete Trewavas.  Et puis, il faut bien préciser que Kino ne navigue pas dans les mêmes eaux que Transatlantic.  Ceux qui espéraient retrouver de nombreuses références à Marillion ou à Arena resteront indubitablement sur leur faim.  Par contre, certaines pièces («People«) ont effectivement un air de parenté avec les récents disques de Porcupine Tree.  Dans l’ensemble, on pourrait établir un certain parallèle avec les premiers disques d’Asia, (un super groupe des années 80). Du moins en ce qui a trait à la démarche.  Car, pour ce premier essai, Kino puise effectivement à même le rock progressif comme l’illustre notamment la pièce d’ouverture »Losers Day Paradise» qui conjugue rock progressif, bard rock et pop.

Mais, le quintette utilise les éléments progressifs pour étoffer ses compositions et propose surtout un rock pop imaginatif et soigné qui flirte par moments avec le «mainstream» («Letting Go»).  Ceci dit il faut bien préciser que les musiciens de Kino savent y faire en matière de mélodies bien ficelées et qu’ils ont réalisé un disque très accrocheur qui vous ferre rapidement.

Michel Bilodeau, Terra Incognita

Le premier DVD du groupe Space OUT

Unicorn Record est fier d'annoncer la sortie du premier DVD du groupe Space Out. « The Spaced Out Live in 2000 DVD », présente un concert filmé en octobre 2000. Tous les rubans furent conservés sur une période de 4 ans jusqu'à ce qu'une décision fut prise afin de les présenter aux amateurs du groupe.

Ce DVD démontre une performance brute et offre un bon exemple de ce qu'était l'énergie de Spaced Out à cette époque. Bon spectacle !

Le nouvel album est également sur la table de travail, encore quelques pistes de guitares à enregistrer et ce nouveau CD devrait être prêt au début de 2006.

Jusqu'ici, Spaced Out a réalisé 3 CD (albums) sur étiquette Unicorn, soit « Spaced Out », « Eponymus II » et « Slow Gin ». Le groupe a reçu d'excellents commentaires de la part de la critique de l'industrie du Rock Progressif, et leurs deux prochaines sorties, soit le DVD et le CD, devraient en recevoir tout autant.

SPACED OUT
Live in 2000
UNCDVD-001

Titres :
1- Jamosphere
2- Green Teeth
3- Toxix
4- A Freak Az
5- Delirium Tremens
6- Magnetyzme
7- The Fifth Dimension
8- Futurosphere
9- Glassosphere
10- For The Trees Too
11- Trophallaxie
12- Sever The Seven
13- Furax

On peut voir quelques extraits vidéos sur le site Internet officiel du groupe : www.spacedoutmusic.com 

UNICORN DIGITAL ON LINE
http://www.unicornrecords.com
http://www.unicorndigital.com

 

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