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Pain and Salvation • Be
InsideOut / Fusion III - Suède, 2004
Le séjour de Daniel Gildenlöw au sein de The
Flower Kings a-t-il eu une influence décisive sur son évolution
musicale? On peut se poser la question à l’écoute de «Be». Chose
certaine les fans de longue date de Pain 0f Salvation doivent
avoir
de
la difficulté à suivre les chemins qu’emprunte le groupe. Ils
avaient déjà eu une petite surprise lorsque la figure de proue de
Pain 0f Salvation s’était payé ce qui devait être à l’époque une
passagère incartade progressive avec «Remedy Lane». Mais,
manifestement, avec son petit dernier le groupe n’a pas encore
fermé la parenthèse. Le heavy semble aujourd’hui n’être qu’une
couleur parmi d’autres à la palette de Gildenlöw. Un «peintre»
qui, incidemment, n’a jamais été aussi éclectique et inspiré que
maintenant.
Il signe ici un ambitieux disque concept (grosso
modo rien de moins que l’origine et l’évolution de l’humanité!).
Un disque qui puise tout autant aux sources du heavy, du
progressif que du blues gospel, du blues soul déjanté («Dea
Pecunia» que l’on peut situer quelque part entre le «I Put a Spell
on You» de Screamin’ Jay Hawkins et un slow de Prince!!) que du
«classique» et du folk. Dans cette veine il faut mentionner «Deus
Nova» qui demeure une belle réussite dans le genre. Gildenlöw
parvenant à fusionner tout naturellement musique du Moyen-Orient
et folk britannique. Une transition qui se fait sans heurt.
Présenté de cette façon, nul doute que «Be» peut donner
l’impression d’être un brin chaotique. Mais, cependant, il
n’en est rien. Avec tout son talent, Gildenlöw est parvenu à
insuffler à l’ensemble une cohérence certaine. Voilà un
musicien qu’il faudra surveiller de près dans les années à venir.
- Michel
BILODEAU
(Terra Incognita) |
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Chroma Key • Graveyard
Mountain Home
InsideOut / Fusion III - États-Unis, 2004
Avec la complicité notamment de son ex-collègue Mike Portnoy, de
Jim Matheos (Fates Warning) et de Steve Wilson (Porcupine Tree),
Kevin Moore avait frappé
un
grand coup l’année dernière avec «Office 0f Strategic Influence».
Un disque qui proposait un rock progressif atmosphérique (et
parfois hard!) qui bénéficiait des nombreuses «expériences» de
l’alchimiste sonore qu’est Moore. On aurait pu croire que le
succès de 0.S.l. allait encourager Moore à collaborer de nouveau
avec la même équipe mais l’ex-claviériste de Dream Theater a
plutôt poursuivi dans la veine «ambiante» en signant, sous son
nom, la trame sonore du film «Ghost Book». Décidément plus
actif que jamais, Kevin Moore revient maintenant à la charge avec
un nouveau disque de Chroma Key, le projet qu’il a mis sur pied
lors de son départ de Dream Theater.
À l’écoute de ce disque, en bonne partie
instrumental, on ne peut qu’immédiatement songer à une trame
sonore de film. D’ailleurs, l’édition limitée de «Graveyard...»
offre en prime un film (en DVD) avec la musique de ce disque en
guise de trame sonore. Moore y manipule adroitement textures
sonores, atmosphères, échantillonnages (de sons ou de
conversations) et évolue entre musique du monde, musique planante
et électronique inspirée de «l’école allemande» des années 70.
Certains passages évoquant notamment les premiers essais de
Kraftwerk. Ce «Graveyard..» a donc très peu à voir avec
0.S.I. (et encore bien moins avec Dream Theater!) et se situe en
parfaite continuité avec ce qu’il a réalisé dans le passé.
- Michel
BILODEAU
(Terra Incognita) |
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Phil Manzanera • 6PM
Hannibal Records - Grande Bretagne 2004
En voilà un dont on était sans nouvelles depuis un
bon moment. Après un long silence Phil Manzanera revient à la
charge avec son sixième CD solo. Un disque avec lequel l’ex
guitariste de Roxy Music revient un peu à l’approche de son tout
premier
essai solo «Diamond Head».
D’ailleurs, on retrouve parmi les invités des
musiciens qui ont contribué à ce disque comme Brian Eno, Bill
MacCormick (il a aussi joué avec Manzanera au sein de 801 et Quiet
Sun) et Robert Wyatt que l’on peut entendre à la batterie et à la
trompette. On doit notamment au «souffle» de Wyatt, la pièce «Porlock»,
qui sert de bel intro planant à la pièce «Shoreline». Parmi
les invités on remarque aussi la présence de David Gilmour qui
contribue à deux pièces. Manzanera et Gilmour n’en sont pas
à leur première collaboration. En effet, les deux compères
ont cosigné «One Slip» pour le CD «A Momentary Lapse of Reason» de
Pink Floyd.
Incidemment, certaines pièces de «6PM» possèdent
un petit côté «Floydien» comme «Broken Dreams», qui ouvre les
festivités tout comme le bloc formé par «Cissbury Ring», «Porlock»,
«Shoreline», «Always You» et «Sacred Days» (un brin psychédélique
dans la veine de ce que concoctait Steve Hillage à la fin des
années 70). Des pièces qui balancent entre le Floyd des
années 60 et celui de «A Momentary...» et qui s’entrelacent pour
former une suite de quinze minutes. Un des sommets de ce disque.
Un beau retour pour Manzanera qui signe ici un de ses meilleurs
essais solo.
- Michel
BILODEAU
(Terra Incognita) 5 octobre 2004 |
29
Mar de Robles • Mar de Robles
Mylodon / Grande Bretagne 2003
Quand on se donne la peine de fouiller un peu, on
découvre souvent des groupes qui semblent sortir de nulle part et
dont personne ne parle. C’est le cas, par
exemple,
de Mar De Robles, une nouvelle formation du Chili qui a beaucoup
de caractère. Si la première pièce de l’album, «lnvolucion»
fait beaucoup songer à «2lst Century Schizoid Man» (l’utilisation
des cuivres et le rythme saccadé) c’est toutefois du côté de
l’excellent groupe Italien Deus Ex Machina qu’il faut surtout
regarder. Le chant très exalté et le timbre de voix du
chanteur étant assez similaire.
Pour ceux que ça pourrait rebuter, notez que les
parties vocales ne sont pas abondantes et que la moitié des pièces
sont totalement instrumentales. Bien que les membres du
groupe démontrent une bonne maîtrise de leur instrument respectif
et que la performance est souvent au rendez-vous, les parties
atmosphériques où la flûte traversière est dominante ne sont pas
rares.
De plus, la basse «fretless» donne une chaleur
latine à la musique qui sait parfois se faire un peu hard. On
pense parfois à Ergo Sum mais en plus jazzy. «Nomadas» et «Lantic»
sont ainsi de belles fusions de la flûte et des guitares
électriques. Cet album est une belle découverte dont l’écoute
demeure passionnante tout au long de ses 50 minutes.
-
Jean-François Lamarre
(Terra Incognita) 5 octobre 2004 |
28
Marillion • Marbles
Intact Recording / Grande Bretagne 2004
Les amateurs de rock progressif doivent beaucoup à Marillion.
Cette formation britannique a grandement contribué à tenir allumée
la flamme de ce genre musical dans la décennie ingrate des années
1980 avec des albums culte tels «Script of a
Jester’s
Tear»,«Fugazi» ou l’incontournable «Misplaced Childhood».
Même si plusieurs établirent des comparaisons douteuses avec la
période «Peter Gabriel» de Genesis, il reste néanmoins que
Marillion redonna espoir en proposant un style mélangeant
adroitement le «déjà vu » à des éléments appartenant bien aux
années 1980, notamment en ce qui a trait aux jeux de claviers et
de guitares. Le départ de l’élément moteur du groupe en 1987, le
flamboyant Fish, obligea le quatuor restant à réfléchir sur son
avenir et sur son orientation musicale.
L’embauche de Steve Hogarth en 1989 fût
incontestablement une excellente décision. Les premiers albums
post-Fish, «Season’s End» et «Holiday in Eden», permirent une
transition réussie entre l’ancien et le nouveau style. C’est à
partir de «Brave», en 1994, que la nouvelle personnalité de
Marillion s’est vraiment affirmée. Certains opus de cette période,
outre ce dernier, ont vraiment ravi les mélomanes, pensons à «Afraid
of Sunlight» et «marillion.com.» Malheureusement, «Anoraknophobia»
paru en 2001 en a laissé plus d’un sur son appétit et trahissait
un manque d’inspiration flagrant. Une période de repos et de
ressourcement s’imposait.
Le treizième album s’est donc fait attendre
trois longues années. D’entrée de jeu, il faut admettre que «Marbles»
devrait rassurer tout le monde. Oeuvre d’un grand groupe qui
vieillit en beauté, cet opus, fruit d’un long travail, démontre
toute la maturité d’une formation qui compte plus de 20 ans
d’existence. Sans être révolutionnaire, ni même très audacieux, «Marbles»
propose tout de même des pièces efficaces, divertissantes et
beaucoup plus inspirées que dans le dernier essai. Bien que l’on
reste surtout en terrain de connaissance, certains extraits
surprennent agréablement, pensons à « The Invisible Man », avec
son rythme lent, son atmosphère névrosée et ses paroles sombres, à
«Neverland» avec son côté underground ou à la très progressive «Ocean
Cloud» qui n’est malheureusement disponible que sur l’album
double.
Autre originalité, les chansonnettes «Marbles I—II-III—IV»
qui lient le tout et renforcent l’aspect concept de l’opus.
Encore une fois, il existe un bel équilibre entre les facettes
rock (You’re Gone, Don’t Hurt Yourself, Drilling Hales,The
Damage), atmosphériques (The Invisible Man, Neverland, Ocean
Cloud) et les ballades (Fantastic Place, Angelina, The
Unforgivable Thing). Les cinq compères sont tous très en
forme, particulièrement Hogarth qui maîtrise sa voix
exceptionnellement bien.
Si le résultat de ces trois ans d’efforts ont
porté fruit, la stratégie de marketing utilisée est à mon avis
assez discutable. Il s’agit, en effet, du premier album double de
Marillion et l’on a choisi vraisemblablement de ne pas en faire
profiter l’amateur ordinaire en ne rendant le produit accessible
que par lnternet et à fort prix (70$ à 85$ en incluant tous les
frais, dépendamment de la version ordinaire double CD ou «de
luxe»). On a heureusement prévu une version simple
relativement complète pour le réseau commercial et dans laquelle
se retrouvent trois des quatre pièces majeures (The Invisible Man,
Fantastic Place et Nerverland). Cette dernière, qui nous arrive
cinq mois après la disponibilité de l’album double, devrait quand
même satisfaire la majorité des admirateurs.
La double CD, qui ne compte que quatre morceaux
de plus dont trois qui ne nous apprennent pas grand-chose (Genie,
The Only Unfargivable Thing et The Damage), renferme cependant «Ocean
Cloud», grande suite à développements de 17 minutes qui aurait dû
normalement se retrouver sur la version populaire. Malgré
tout, je ne recommande la version double qu’aux fanatiques qui ne
veulent vraiment rien manquer. Ils auront aussi droit, s’ils
optent pour la version de luxe, à un dépliant très artistique
comportant de multiples photos. Pour les autres, le disque simple
vendu à prix accessible constitue un Marillion satisfaisant et
rassurant qui nous livre l’essentiel de «Marbles».
- Richard
GUAY
(Terra Incognita) 5 octobre 2004 |
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The Flower Kings • Adam & Eve
Inside Out / Fusion III / Suède 2004Les
Flower Kings continuent de faire mentir les statistiques. En
toute logique, avec dix ans d’existence, huit albums officiels
dont trois double et de multiples
participations
de son leader à divers projets, ce groupe devrait être depuis
longtemps sur le déclin et en «mode survivance», comme
pratiquement tous ceux qui sont dans cette situation. Après avoir
entendu «The Rainmaker» il y a deux ans, je pensais bien que
c’était le cas. Roine Stolt n’avait cependant pas dit son
dernier mot et avec «Unfold the Future», l’an dernier, il relança
les Flower Kings dans un nouveau cycle de créativité. «Adam & Eve»
aura tôt fait de nous convaincre, lui aussi,que Stolt est
l’artiste de rock progressif le plus inventif des dix dernières
années.
Rigoureux, complexe et éclectique, cet opus
excite nos sens tout au long de ses 79 minutes qui passent trop
rapidement. Sur toile de fond progressive s’entremêlent une
multitude de genres musicaux tel le hard rock, le blues, le jazz
ou le rock mélodique. Cette musique rapide, énergique et
audacieuse ne nous laisse pas une seconde de répit et nous amène
de surprise en surprise, particulièrement pendant les deux longues
pièces de vingt minutes, dont Love Supreme qui devrait vous
laisser bouche bée... La venue d’un troisième guitariste, Daniel
Guildenlöw, ajoute une nouvelle dimension à ce poste pourtant déjà
bien comblé avec Stolt et Fröberg. Que Raine Stolt doit s’amuser
en studio!
- Richard
GUAY
(Terra Incognita) 5 octobre 2004 |
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26
Pip Pyle's Bash • Belle Illusion
Cuneiform / États-Unis 2004
Le nom de Pip Pyle est
pour ainsi dire indissociable
de
la scène musicale
Canterbury.
Après tout le
batteur a fait partie de groupes légendaires comme
Hatfield
and The North et National Health.
Sans
être exactement dans la même veine que ces groupes, la nouvelle
formation qu’il a mise sur pied avec le guitariste Patrice Meyer
(Hugh Happer, Equip’Out), le bassiste Fred Baker (ln Cahoots) et
le claviériste
Alex Maguire, vient à
tout le moins démontrer que cette scène est toujours bien vivante.
Pour le premier essai de Bash, Pip Pyle a construit les fondations
de ses compositions en s’appuyant sur sa batterie et par ricochet
sur la section rythmique.
Tout
à fait naturel de la part d’un batteur me direz-vous mais Pyle
n’a pas toujours
agi de la sorte. Ses
compères se sont fort bien adaptés à ce contexte et ils
privilégient une approche plutôt discrète.
On pourrait presque
parler de retenue notamment dans le cas de Patrice Meyer qui
limite ses envolées «à la Holdsworth».
C’est
d’ailleurs le seul petit reproche que l’on peut adresser à
ce disque.
On
aurait aimé que les musiciens en prennent plus large.
Mais,
gageons qu’avec une telle réunion de talentueux musiciens, le
quatuor trouvera assurément sa vitesse de croisière avec son
second essai.
- Michel
BILODEAU
(Terra Incognita) 5 octobre 2004 |
25
California Guitar Trio • Whitewater
Inside OUt / Fusion III / États-Unis 2004
Les albums du California Guitar Trio paraissent
avec une régularité quasi «métronomique». Ces anciens élèves
de Robert Fripp entament leur deuxième
décade
avec une moyenne d’un disque par année si l’on tient compte des
albums en concert et de la compilation que nous vous avons
présentée dans le numéro 2 de Terra lncognita. L’association
avec Tony Levin se poursuit puisque «Whitewater» est réalisé par
celui-ci. Contrairement à certains albums passés où le trio
proposait plusieurs lectures très personnelles de classiques (tels
que «The Good, The bad and the Ugly»), «Whitewater» est
principalement composé de matériel original.
Cherchant à donner de nouvelles couleurs à ses
compositions, CGT a expérimenté de nouveaux arrangements qui
incluent l’utilisation d’effets électroniques. Connaissant le côté
aventurier de Levin, il est fort à parier que celui-ci a dû y
prendre beaucoup de plaisirs. Mais, tout cela n’a rien de
vulgaires bidouillages qui auraient pour résultat de rendre la
musique artificielle. Comme un peu de maquillage sur un beau
visage, cet enrobage très discret n’est là que pour enrichir une
démarche bien établie et pour varier les climats. Parce qu’il faut
bien admettre que Les possibilités offertes par trois guitares
acoustiques peuvent s’avérer limitées si nous n’étions pas en
présence de ces virtuoses. Ceux qui sont familiers avec leur
répertoire pour les avoir vus chez nous à quelques reprises ne
seront pas dépaysés. La musique de CGT se situe toujours
entre le folk romantique (The Marsh), le soft jazz (Mee-Woo), la
musique classique (Prelude Circulation BWV988), le funk (Red
lguana) sans oublier la reprise d’un morceau bien connu.
Ici, il s’agit d’une habile combinaison de «Riders
n the sky», une pièce du répertoire country et de «Riders on the
Storm» des Doors. On a intitulé ce joyeux amalgame
«Ghost Riders on the Storm».
Soulignons que l’album
comprend une partie multimédia avec un vidéo-clip.
Pour
ceux qui en voudraient plus, le groupe met sur le marché un DVD de
plus de 120 minutes qui comprend des scènes en tournée dont
quelques-unes ont été filmées à Québec lors du Festival d’été.
-
Jean-François Lamarre
(Terra Incognita) 5 octobre 2004 |
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Guapo • Five suns
Cuneiform /
Grande-Bretagne 2004
Le
plus récent essai de ce triumvirat britannique s’adresse tout
autant aux amateurs de groupes progressifs scandinaves naviguant
dans le sillage de King Crimson (Anekdoten, Anglagard) qu’aux
amateurs de Zheul (Magma, Univers Zero).
Un
groupe donc aux confluents de deux courants un peu comme par
exemple la formation française Nebelnest,
Guapo propose
trois pièces instrumentales (dont une de 46 minutes divisée en
cinq parties!) baignant dans des atmosphères denses et tendues.
On songe parfois aux
passages les plus «heavy» du King Crimson période «Lark’s Tangues
n Aspic» ou aux moments les plus décapants de Magma, alors qu’à
d’autres les charges de mellotron peuvent nous renvoyer
à
Anglagard. Une
musique aux multiples rebondissements (souvent propulsée par la
basse et la batterie) et d’une belle intensité. Pas du tout le
genre de disque que l’on peut saisir en quelques écoutes car il y
a beaucoup «d’informations» à digérer. Fortement recommandé aux
oreilles qui ont le goût de l’aventure.
- Michel
BILODEAU
(Terra Incognita) 5 octobre 2004 |
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23
Univers Zéro • Implosion
Cuneiform / Belgique
2004
Depuis son retour sur
disque en 1999 après une absence de 13 ans, Univers Zero peut être
considéré comme la «créature» de Daniel Denis.
Seul
membre d’origine du groupe avec Michel Berckmans, Denis compose et
arrange maintenant tout le
matériel
du groupe. Le premier album de cette renaissance, le superbe
«The Hard Ouest»,
avait séduit les inconditionnels et même élargi le public des
amateurs de musique actuelle.
Si
«Rhythmix», trois ans plus tard, avait un peu déçu, il n’y a aucun
risque ce soit le cas avec «Implosion».
Composé de 16 pièces de
41 secondes à 10 minutes, «Implosion» ne contient pas de
véritables temps faibles. Alors
que certaines compositions comme «Falling Ram Dance» et «Rapt
d’Abdallah» donnent tout son sens à l’étiquette «Rock de chambre»
qui a été attribuée à Univers Zero, d’autres ont une connotation
beaucoup plus expérimentale qui pourrait en rebuter plusieurs. Des
pièces comme «Partch’s X-Ray» et «Miroirs» explorent des sonorités
pour le moins inquiétantes qui, dans certaines conditions,
pourraient donner la chair de poule. Certaines sont même carrément
bruitistes («Bacteria», «Ectoplasme») mais ne sont pas rebutantes
pour autant.
Surtout qu’elles sont
généralement courtes.
Les pièces les plus
intéressantes sont tout de même celles qui profitent d’une
instrumentation plus touffue.
«Temps
Neufs» avec sa finale jazzy à la trompette est une petite perle et
que dire de «Méandres», la plus longue pièce avec sa dizaine de
minutes qui colle très bien à l’image que le groupe cultive depuis
27 ans déjà. Malgré
la franche réussite de cette nouvelle réalisation, «Implosion» est
quand même à
conseiller à un public
averti qui s’en régalera à
coup sûr.
Avec
9 musiciens et des instruments aussi inhabituels que le basson, la
clarinette, le flugelhorn et le glockenspeil, la musique de Denis
possède tout ce qu’il faut pour s’épanouir et éveiller la
curiosité des mélomanes aventureux. Les amateurs de Thinking
Plague, par exemple, devraient apprécier.
-
Jean-François Lamarre
(Terra Incognita) 5 octobre 2004 |
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22
Strawbs • Déjà fou
Witchwood /
Grande-Bretagne 2004
La carrière des Strawbs
connaît un regain de vie significatif depuis quelques années. Nous
avons vu paraître, dans les années 1990, de nombreuses
compilations suivies de la réédition, avec des
«
bonus tracks
»,
des meilleurs
albums
du groupe soit ceux compris entre 1971 (From the Witchwood) et
1975 (Ghost). La
tournée en formule trio l’an dernier aura prouvé à Dave Cousins,
la figure de proue des Strawbs, que l’intérêt pour son groupe est
toujours bien présent. «Déjà Fou», le premier album de matériel
original en dix ans, marque le grand retour sur disque de The
Strawbs, «Blue Angel» paru l’an dernier étant en fait
une réédition
d’un album de Cousins.
C’est avec beaucoup
d’attentes que nous abordons cette nouvelle cuvée puisque c’est la
formation qui symbolise le mieux la phase progressive des Strawbs
qui est à l’oeuvre. Il s’agit de celle présente sur «Hero and
Heroine» soit Dave Cousins (guitares), Dave Lambert (guitares),
Chas Cronk (basse), Rod Coombes (batterie) et John Hawken
(claviers). Dans ces conditions,
on se serait
attendu à un album plus
purement progressif d’autant plus que sa prestation au NEARfest
était consacrée à cette partie de son répertoire. En fait, «Déjà
Fou» ressemble parfois à ce que Cousins a fait sur ses albums en
solo. Cela ne veut pas dire qu’il est dépourvu d’intérêt. Bien au
contraire !
Alors que les très
jolies «Face Down in the Well»,
«If»
et «Here Today, Gone Tomorrows»
sont dans un registre folk romantique comme seul Cousins a le
secret, les deux pièces créditées à Lambert seulement, «Cold Steel»>
et «When the Lights Came On»,ont
un tempo plus
rock tel qu’attendu. Les textes que ce dernier interprète lui-même
sont empreints d’un tel mal de vivre qu’on espère qu’ils ne sont
pas autobiographiques. Ces
pièces sont particulièrement intéressantes. L’usage du banjo dans
la première lui donne un petit air bluegrass alors que le chant
parfois faux de la seconde est marqué d’une grande émotivité.
En
fait, à part «Under a Cloudless Sky», les 12 compositions de ce
nouveau disque des Strawbs sont assez loin des fastes de sa
période progressive. En ouverture d’album, celle-ci s’avère donc
trompeuse avec sa lente progression, les riffs de guitare
électrique de Lambert et ses changements de tempo qui aboutissent
à une finale à la guitare acoustique. «Déjà Fou» est malgré tout
un retour réjouissant pour les Strawbs. Cette collection de
chansons résume assez bien le chemin parcouru par le groupe et
confirme la mainmise de Cousins sur
la a troupe.
-
Jean-François Lamarre
(Terra Incognita) 5 octobre 2004 |
21
Riverside • Out of
myself
Laser' Edge / Pologne 2004
Décidément, il faudra
maintenant compter avec la Pologne.
Mine
de rien de plus en plus de formations émergent de ce pays.
On
connaissait déjà Abraxas,
Quidam,
Turquoise, Collage, Satellite, Lizard.
Il faut
maintenant ajouter à cette liste de talentueuses formations le nom
de Riverside. Un
groupe qui risque fort d’effectuer une belle percée avec ce «Out
0f Myself». Un
disque qui n’est pas tout à fait une nouveauté puisqu’il était
disponible en Pologne depuis un bon moment.
Heureusement,
la maison Lasers Edge a flairé le potentiel et «Out 0f Myself»
bénéficiera d’une distribution adéquate.
Comment circonscrire
le champs d’action de Riverside?
On
pourrait résumer en citant comme référence Porcupine Tree (pour
les atmosphères), Collage (pour les claviers symphoniques et les
superbes envolées du guitariste Piotr Grudzinski) et Opeth période
«Damnation» (à quelques occasions la voix malléable de Mariusz
Duda n’est pas sans évoquer celle de Mikael Akerfeldt).
Progressif
et métal plus punché se côtoient donc sans problème et les
musiciens parviennent même à faire cohabiter l’un et l’autre avec
bonheur («Reality Dream», «Loose Heart»). Voilà un disque qui
risque fort de se retrouver dans les palmarès des meilleurs albums
de 2004.
- Michel
BILODEAU
(Terra Incognita) 5 octobre 2004 |
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20
Dead Soul Tribe • The January Tree
Inside OUt / Fusion III / États-Unis 2004
Avec
«The January Treess, le troisième essai de Dead Sou! Tribe, Devon
Graves semble avoir trouvé un certain équilibre et propose un son
plus personnel. Ce n’est pas que ses précédents opus étaient
inintéressants (loin de là!) mais on sentait qu’il était à définir
son champs d’action. Un rock que le multi-instrumentiste (doté
aussi d’une bonne plume!) a baptisé du nom de «Tribal Metal»
(voir entrevue dans ce numéro) et ce fort probablement à cause de
cette combinaison de batterie lourde, bien sentie et de basse
hypnotique.
Musicalement, l’héritage
de Black Sabbath se fait sentir à plus d’une occasion, c’est le
cas notamment des pièces «The Love of Hate» et «Waiting For The
Answer» (qui est épicée de rythmes du Moyen-Orient), mais on
retrouve aussi certains clins d’oeil à Jethro Tull avec «Toy
Rockets»
(on pourrait songer à la rencontre de Sabbath et Jethro!!) et «Just
Like A Timepiece», une quasi ballade où Graves signe sa plus belle
envolée à
la flûte.
Une
approche ,avouons-le, peu commune dans le monde du heavy.
- Michel
BILODEAU
(Terra Incognita) 5 octobre 2004 |
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Partie 1 - Cliquez ici |
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