Entrez dans l'univers du rock progressif

La filière progressive est une émission de radio (Sorel-Tracy, Québec, Canada) qui prend les ondes de CJSO 101,7 fm, à tout les samedis soirs 21 h, et qui est complètement dédiée au « Rock Progressif », ou à un Rock élargi par sa qualité et son talent. 
Le site Internet lui, rassemble la section Rock et Rock Progressif.
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Critiques de disque

19
Ray Wilson • The next big thing
Insideout/Fusion III - Grande-Bretagne 2004

Son court séjour au sein de Genesis pour le CD «Calling All Stations» aura sans aucun doute permis à Ray Wilson d’élargir le cercle de ses supporteurs. Une expérience aux côtés de Michael Rutherford et Tony Banks que le chanteur na pas su mettre à profit lorsqu’est venu le temps de prendre son envol solo. Car, le moins que l’on puisse dire, c’est que son premier CD solo brouillait les pistes.

Un disque en concert où il revisitait tout aussi bien Peter Gabriel que Don Henley! Avec «Change» (2003) il avait corrigé le tir. Du moins partiellement. Mais, c’est avec son troisième essai qu’il circonscrit véritablement son champ d’action. Ray Wilson propose une collection de douze pièces succinctes (entre trois ou quatre minutes) ficelées avec soin. Avec un bonheur égal il oscille entre un rock pop punché («lnside», «Pumpkinhead»), ou «tendance Fab Four» («Adolescent Breakdown») et un rock folk. Les références au rock progressif sont plutôt minces et se résument à quelques solos de guitare et à la voix de Wilson qui, à l’occasion («lhe Actor» un des sommets mélodiques de ce CD), peut évoquer celle de Peter Gabriel.

Fin mélodiste et arrangeur inspiré,Wilson nous réserve des «hook» imparables au détour de chaque pièce. Un artisan doué qui mérite indé­niablement une plus vaste audience.

- Michel BILODEAU
(Terra Incognita) 5 octobre 2004

18
Matthew Parmenter • Astray
StrungOut Records / États-Unis 2004

Pour son premier essai solo, Matthew Parmenter n’a pas donné dans la facilité. C’est que le chanteur y cumule à peu près tous les rôles. Compositeur, réalisateur, mixeur et musicien qui assure toutes les partitions de guitare, claviers, batterie, violon, saxophone... Ce qu’il résume modestement à l’intérieur du livret par: «vocals, et cetera». Une seule exception la basse qui est tenue par son vieux complice Mathew Kennedy. Un défi que Parmenter relève avec bonheur sans cependant exceller dans tous les rôles.

On peut certes situer «Astray» dans le sillage des CD de Discipline (après tout c’est le même compositeur et la même voix) mais tout en étant, pourrait-on préciser, un brin moins «progressif» et plus linéaire que «Unfolded Like Staircase» et «Push and Profit». Évidemment, Parmenter est seul à veiller au grain et de ce fait il lui est sûrement plus difficile de prendre du recul. Seul aux commandes il privilégie plus le côté atmosphérique que les démonstrations de virtuosité. Ce qui ne l’empêche pas de se lancer dans de belles envolées évoquant à l’occasion Van Der Graaf Generator dans le cas de «Dirty Mmd» ou Peter Hammill dans celui de «Between Me and The End» (pas une surprise pour les initiés qui sont bien familiers avec la «fixation hammillienne» de Matthew Parmenter).

À ce chapitre c’est la suite de 21 minutes «Modem limes» qui risque le plus de ravir ceux qui espéraient renouer avec le Discipline de «Unfolded Like Staircase». «Modem limes» étant la pièce qui se rapproche le plus de ce que le groupe concoctait à cette époque. Un peu dans la veine «Canto IV (Limbo)» mais sans l’ampleur qu’aurait pu lui donner un travail de groupe. Vous aurez compris que les fans de la formation américaine n’y trouveront pas tout à fait leur compte mais ça serait tout de même dommage qu’ils passent à côté d’un disque qui se révèle tranquillement au fil des écoutes et qui est bien loin d’être dénué d’intérêt.

- Michel BILODEAU
(Terra Incognita) 5 octobre 2004

17
White Willow • Storm Season
Laser's edge / Norvège 2004

Il y avait bien longtemps que White Willow n’avait pas donné signe de vie. Accueilli immédiatement comme une autre valeur sûre de la musique progressive Scandinave, le groupe n’a jamais déçu ses supporters avec sa musique sombre fortement empreinte de tristesse.  La troupe de Jacob Holm-Lupo aura toutefois pris son temps pour préparer la suite de «Sacrement» paru en 2000. Même s’il est prêt depuis un certains temps, «Storm Season» n’a été rendu disponible qu’à la fin de septembre.

Cependant, les participants au NEARfest ont eu la chance de s’en procurer une copie lors de l’événement. Dès la première écoute, on comprend que ces quatre années n’ont pas été perdues. White Willow a de toute évidence beaucoup travaillé sur les compositions et ça s’entend. Fidèle à son style, les sept pièces (3 à 9 minutes) baignent dans une atmosphère mélancolique prononcée et même parfois un brin gothique. La musique de White Willow est mystérieuse, un peu lugubre et très nordique. Elle est souvent douce (les trois premiers titres) et se fait ensuite plus rageuse mais jamais très longtemps.

Plus contrastées que jamais, les compositions sont principalement l’oeuvre de Iacob Holm-Lupo qui signe seul cinq de celles-ci. La principale différence, entre «Storm Season» et les albums précédents, réside dans la production très touffue qui permet d’apprécier des arrangements nettement plus raffinés. Débutant de façon langoureuse, l’album prend lentement son envol en cours de route. Les claviers avec le mellotron en tête sont très présents mais leur douceur est parfois confrontée à une guitare très rude comme sur la très belle «Soulburn», possiblement une des plus belles pièces du groupe à ce jour. La voix de Sylvia Erichsen prend ici une place beaucoup plus importante que par le passé. Au lieu d’accompagner, elle est souvent en vedette ce qui nous permet d’en apprécier pleinement la puissance.

Difficile de donner une référence pour situer la musique de White Willow sinon qu’elle se situe dans les sonorités auxquelles nous ont habitués les Landberk, Anekdoten et Anglagard. Il n’y a par contre pas de réelle référence à King Crimson.  Tout en nuance, il n’y a pas de doute que «Storm Season» sera un des plus gros succès de la rentrée. Il ne reste qu’à souhaiter qu’avec un album de cette qualité, une tournée passant par chez nous soit réalisable. Ça ne coûte rien de rêver!

- Jean-François Lamarre
(Terra Incognita) 5 octobre 2004

16
Shaun Guerin •The Epic Quality of Life

Clearlight / États-Unis, 2003

Né à Los Angeles en 1962, Shaun Guerin est un musicien dont le talent semble nous avoir un peu échappé. Il est allé à la bonne école puisque son père, John Guerin était un batteur très en demande qui a fait partie du groupe LA Express et a accompagné, entre autres, des artistes aussi prestigieux que Joni Mitchell, George Harrison et Art Garfunkel. Influencé par son père, Shaun devient très jeune un excellent batteur autodidacte. Il joue avec de nombreux musiciens dont le groupe de punk The Deadbeats avec son frère Scott. Mais, l’intérêt de Shaun se porte rapidement vers le jazz et la musique progressive.

La découverte des œuvres de Peter Gabriel et de Genesis s’avère déterminante dans son cheminement tout comme celle de Hatfield and the North, Yes, Pink Floyd et d’une multitude d’autres groupes qui ont marqué ces styles. Son talent sera mis à contribution lorsqu’il sera invité, en tant que batteur et chanteur, à joindre Cinema Show, un groupe hommage à Genesis qui privilégie la période Peter Gabriel. Les prestations du groupe deviennent vite courues en Californie et attirent un public grandissant parmi lequel on retrouve des gens comme Paul Whitehead et Armando Gallo. Cependant, l’envie de créer son propre matériel devient trop forte et Shaun commence l’enregistrement de « By the Dark of Light ». Devenu multi-instrumentiste, Guerin compose aux claviers et ajoute ensuite les autres partitions.

Impressionné par son talent, la firme Clearlight Music lui offre un contrat pour la sortie de l’album en 2001. Et c’est nul autre que Paul Whitehead qui illustre la pochette. Ce dernier s’est fait connaître en collaborant notamment avec Genesis, pour qui il a signé les pochettes de «Nursery Crime» et «Foxtrot», et Van Der Graaf Generator pour qui il a réalisé celles de « Pawn Hearts » et de «H To He, Who Am the Only One». L’artiste a été très inspiré par son nouveau sujet pour qui il a créé un univers plutôt attrayant. Une fois l’étape de l’album complétée, le besoin de monter un groupe de scène s’est rapidement fait sentir. Shaun Guerin ne s’est cependant pas creusé la tête bien longtemps puisque ses copains de Cinema Show étaient tous disposés à collaborer à son nouveau projet.

Son groupe sera donc formé de John Thomas à la guitare, Matt Brown aux claviers, Tom Shannon à la basse et de lui-même à la batterie. Après une série de concerts, le besoin d’enregistrer s’est à nouveau fait sentir. Cependant, les choses se bousculent et Shaun est invité à se joindre au groupe Rocket Scientists comme batteur et second chanteur. Son propre groupe est également en demande pour un concert prestigieux qui doit être enregistré et comme si ce n’était pas assez, Shaun joint Clearlight pour l’enregistrement de « Infinite Symphony » dont un extrait est paru sur le triple album « Kalevala » chroniqué dans le numéro 3 de Terra Incognita. Avec toutes ces occupations, Shaun a du mal à trouver le temps pour son deuxième album. Les répétitions avec Clearlight, sa participation au disque de Ken Jacques et l’enregistrement de « In The Flesh » pour le disque hommage à Pink Floyd, « A Fair Forgery of Pink Floyd », ne lui laissent que peu de temps libre.

Shaun semblait alors voué à un bel avenir mais le destin en a décidé autrement. Sa mort, surve-nue en juillet 2003 a mis fin à tous ses projets dont celui de participer au ProgDay 2003 en compagnie de Clearlight. C’est donc dans la fleur de l’âge que nous a quitté ce musicien animé par la flamme progressive tel qu’en fait foi son deuxième album intitulé «The Epic Quality of Life» publié de façon posthume. Également illustré par Whitehead, ce second essai est un pur délice que ce soit pour l’inspiration très Genesis ou pour la qualité de l’interprétation. Shaun est un excellent batteur qui possède un jeu très jazzy comme on peut le constater sur la pièce titre qui ouvre le disque. Le son est d’une qualité sans reproche et il rend justice au jeu détaillé de la batterie.

Entouré de son groupe, le musicien a su donner une sonorité riche aux 9 compositions que n’aurait pas reniées la troupe du grand Peter. Bien sûr, on peut toujours lui reprocher de ne pas prendre suffisamment de distance face à son influence majeure. Le son de la période Gabriel étant omniprésent jusque dans le timbre de la voix. La très belle «Say Goodbye» aurait bien parue aux côtés de «Blood on the Rooftops» et la dépouillée «Juliet» a des allures de sœur illégitime de «Here Comes the Flood». Aussi, la pièce en bonus, «Red Zone» s’inspire allègrement de «Los Endos». Mais Guerin se distingue quand même de son maître par une rythmique nettement plus nerveuse qui rappelle celle de Spock’s Beard. Enfin, même si son art ne possède pas une originalité de premier plan, ce serait bouder son plaisir que de lui tourner le dos puisque ce disque est une gâterie qui s’adresse à tous les publics.

Dommage quand même que le californien disparaisse alors qu’on sent qu’il avait encore tellement à dire. Son parcours fait d’ailleurs penser à son compatriote Kevin Gilbert décédé lui aussi beaucoup trop tôt après avoir monté un groupe hommage à Genesis avec le groupe Girafe. Son héritage est cependant important et lui permettra de passer à la postérité. En plus de la musique, le CD contient une partie multimédia comprenant une mini biographie, des liens intéressants et surtout un clip du groupe sur scène. Voilà un menu copieux à déguster sans retenue.

- Jean-François LAMARRE
(Terra Incognita) 4 août 2004

15
Opus 5 •Contre-courant

Unidisc / Québec, 1976/2004

Dans les années 1970, il y avait chez nous une foule de groupes progressifs dont le plus influent a sans doute été Harmonium. Certains comme Contraction ou Etcetera auraient mérité plus de reconnaissance mais le contexte n’était sans doute pas favorable. C’est également le cas pour Opus 5, qui honnêtement, m’avait échappé à l’époque. Cette réédition récente va permettre de corriger cette importante lacune puisqu’il s’agit d’un album important qui regorge de qualités.

Paru en 1976, «Contre-Courant» est composé de 5 pièces de 4 à 12 minutes. La musique rappelle un peu ce qui se faisait ici au milieu des années 70, c'est-à-dire qu’on y retrouve un peu d’Harmonium mais peut-être plus de Maneige à cause de l’usage abondant de la flûte traversière. Par contre, le jeu de la batterie donne à Opus 5 une sonorité Italienne assez surprenante pour un groupe Québécois. Le chant dans un français impeccable est relativement discret puisque les parties instrumentales sont majoritaires et dans un style qui doit autant au folk qu’au jazz. C’est donc avec bonheur que je découvre, avec 28 ans de retard, un excellent groupe que ce transfert numérique rend maintenant acces-sible. Il est à espérer que cette initiative, qui fait des heureux partout dans le monde, ne restera pas isolée et que nous verrons bientôt la réédition d’autres albums importants tels que Contraction, Sloche et les premiers Maneige.

- Jean-François LAMARRE
(Terra Incognita) 4 août 2004

14
IQ • Dark Matter
GEP / Grande-Bretagne, 2004

Depuis le remarquable «Ever» en 1993, les albums de IQ sont attendus avec une impatience grandissante. En plus de marquer le retour de Peter Nicholls, «Ever» remettait IQ dans le peloton de tête des formations phares après des années d’errements. Depuis, IQ a commis son œuvre maîtresse, le classique «Subterranea», un double cd qui a placé la barre très haute pour son successeur, «The Seventh House». Bien que très méritoire ce dernier n’était pas à la hauteur des attentes. Est-ce à dire que les supporters de IQ étaient condamnés à faire preuve d’indulgence ? C’est du moins l’impression que m’a laissé les premières écoutes de «Dark Matter». Une impression erronée si vous me voyez venir.

Il n’y a pourtant pas de révolution. IQ a balisé son style et il travaille à l’intérieur de paramètres que les fans connaissent bien. C'est-à-dire des sons de claviers analogiques, la basse volubile de Jowitt et surtout des parties vocales que la voix fragile mais envoûtante de Nicholls rend accrocheuses. Composé de 5 pièces, «Dark Matter» s’ouvre avec «Sacred Sound», une pièce de 12 minutes qui débute de façon convenue avec des nappes de synthé. Bien qu’il n’y ait rien de vraiment nouveau, on sent que l’inspiration est d’un niveau plus élevé. Vient ensuite 3 pièces d’environ 5 minutes chacune. La première est une balade marquée par la guitare acoustique et un solo de mellotron qui n’est pas sans rappeler «Fountain of Salmicis».

La troisième, « Born Brilliant » avec son rythme répétitif pourrait se rapprocher d’un «Welcome to the Machine». Jusque là, tout va bien mais le meilleur est à venir et cela n’a rien à voir avec la durée de « Harvest of Souls » qui dépasse les 24 minutes. Construite à la façon de « Supper’s Ready » avec un premier mouvement à la guitare acoustique, la plus longue pièce du répertoire de IQ en a bien les qualités. Beaucoup plus qu’un collage de parties aux rythmes variés, « Harvest of Souls » forme une suite d’une cohérence remarquable et constitue un des sommets de la carrière du groupe qui en compte déjà beaucoup.

Personnellement, je ne m’attendais pas à ce que IQ atteigne un tel niveau. En restant fidèle à son style au lieu de s’évertuer à trouver une façon de se renouveler, IQ prouve qu’il est possible d’obtenir une réussite artistique à l’intérieur des limites qu’il s’est fixé. Il faut dire que l’inspiration est remarquable et que l’usage d’abondantes parties de mellotron ne gâche rien. Bien au contraire !

- Jean-François LAMARRE
(Terra Incognita) 4 août 2004

13
Guy LeBlanc • All the Rage

MAHL productions / Canada, 2004

Second disque solo de Guy Leblanc (et on peut véritablement parler d'essai solo car la figure de proue de Nathan Mahl y tient tous les instruments), «All The Rage» a très peu à voir avec «Subversia». Ce premier envol flirtait avec le jazz fusion alors que l'on pourrait situer son petit dernier dans une veine plus «progressive». Bien tentant d'avancer que ce changement de cap résulte du séjour du claviériste au sein de Camel. Surtout à l'écoute de pièces comme «The Immortals»(9.30m) et «The One Who Knows»(15.17m), deux des sommets de ce disque, où l'affiliation avec la troupe de Andy Latimer est la plus facile à établir. Et ce autant musicalement que vocalement.

De toute façon, l'expérience semble avoir fait grandir le claviériste d'origine acadienne (lors du récent NEARfest il avait d'ailleurs déployé un drapeau acadien sur sa table de vente) qui signe ici un de ses meilleurs disques. On peut aussi citer parmi les surprises, «Ailleurs» qui, comme son titre l'indique, est interprétée en français et évoque Harmonium.

- Michel BILODEAU
(Terra Incognita) 4 août 2004

12
PAATOS • Kallocain

InsideOut / Fusion III / Suède, 2004

Formé par Stefan Dimle et Reine Fiske, deux membres du défunt groupe Landberk (un des groupes phares de la vague progressive suédoise des années 90), Paatos a fait une entrée remarquée sur la scène musicale européenne avec son premier essai «Timeloss». Un disque qui conjugue l’héritage progressif de Landberk (notamment un soupçon de King Crimson), le côté éthéré de «l’expérience Morte Macabre» (le «Symphonic Holocaust» réalisé il y a quelques années par les deux compères en compagnie de membres d’Anekdoten) à une approche contemporaine à la Bjork et Portishead.

Une musique que les musiciens ont baptisé du nom de «post rock mélancolique». La formation suédoise poursuit dans la même voie avec son second CD qui, incidemment, a été mixé par nul autre que Steve Wilson de Porcupine Tree. Voix sensuelle de Petronella, atmosphère feutrée et mélancolique, basse féline, claviers aériens (dont l’incontournable mellotron), on peut dire qu’avec «Kallocain» Paatos a trouvé sa voie et mieux défini son champs d’action. On ne peut cependant que regretter le départ de Reine Fiske et de sa guitare «à fleur de peau».

- Michel BILODEAU
(Terra Incognita) 4 août 2004

11
John Petrucci & Jordan Rudess • An Evening with

Favored Nations / Fusion III / États-Unis, 2004

Tout le monde sera d'accord pour dire que les musiciens de Dream Theater sont d'importants acteurs de la scène musicale heavy ou heavy prog si vous préférez. Ils ont en quelque sorte défini les paramètres d'un nouveau style musical. Mais, on peut aussi ajouter, sans que personne n'en disconvienne, qu'ils sont aussi de versatiles musiciens qui peuvent jouer sur différents tableaux. Le guitariste John Petrucci et le claviériste Jordan Rudess nous en donnent un bon exemple avec leur disque en tandem présenté sous le titre de «An Evening With».

Un disque «live» qui immortalise un concert présenté au Helen Hays Performing Arts Center de Nyack (New York) en juin 2000. Une prestation intimiste qui à l'origine n'était disponible que sur le site de John Petrucci. Suite à une entente avec la maison Favored Nations de Steve Vai, une nouvelle édition du CD est maintenant disponible avec trois pièces supplémentaires. Une prestation pour laquelle les deux compères misent, du moins en partie, sur une approche qui privilégie les instruments acoustiques. Ce qui nous permet d'apprécier la dextérité de ces surdoués sous un autre angle. De quoi ravir plus d'un admirateur puisque Petrucci et Rudess n'ont pas évolué souvent dans pareil contexte.

Bien sûr, Petrucci se lance toujours dans des envolées électriques comme pour «Truth» ou alors «Bite Of The Mosquito» (la seule pièce studio) où la guitare de Petrucci est d'une «vélocité» à vous couper le souffle. On ne s'en plaindra pas. Mais, on retient surtout de «An Evening With» les échanges piano-guitare acoustiques jazzés de «Furia Taurina» et de «Hang 11» où le tandem adressent un petit clin d'oeil au «Take Five» de Dave Brubeck ou alors celles de «Fire and Drums» qui oscille entre le folk, le progressif et le jazz.


- Michel BILODEAU
(Terra Incognita) 4 août 2004

10
Liquid Scarlet • Liquid Scarlet

Progress / Suède, 2004

A chaque fois qu’apparaît un nouveau groupe suédois, il est bien tentant d’établir un lien avec des noms aussi illustres que Anglagard et Anekdoten. Cela se fait naturellement. L’arrivée de Liquid Scarlet provoque donc cette réaction mais il faut admettre que ces comparaisons, bien que flatteuses, mettent une pression indue sur cette jeune formation qui possède toutefois un fort potentiel
d’attraction. Ce nouveau groupe, dont tous les membres ont environ 20 ans, a été formé à Kalix dans le nord de la Suède. Comme plusieurs autres, ils ont commencé en interprétant les compositions d’autres artistes jusqu’à ce que le besoin de produire leur propre matériel se fasse sentir.

Avec la stabilisation de la formation, le son est devenu définitivement progressif et l’expérimentation sur scène du nouveau matériel a donné des résultats encourageants. À la recherche de nouveaux talents, la compagnie Progress leur a offert un contrat d’enregistrement en 2001 après avoir entendu leur démo. Bien que la mise en boîte de l’album ait été complétée rapidement, il n’a été disponible qu’en mars 2004. Composé de 8 pièces aux durées assez uniformes (4m39 à 8m32) et baignées par une mélancolie tout à fait représentative des groupes progressifs scandinaves, l’album offre des sonorités très «seventies» caractérisées par la basse Rickenbaker et les nappes de mellotron.

Selon eux, les membres du groupe ont été influencés par des artistes aussi divers que King Crimson, Bjork, Genesis, Yes, Radiohead et Frank Zappa.
Il est tout de même surprenant qu’ils ne mentionnent pas leurs compatriotes de la nouvelle génération. L’intro de «Grey Room», la pièce qui ouvre l’album de façon saccadée, fait immanquablement penser à Anglagard alors que la suite puise dans le son qui a fait la marque de Genesis. Une influence déterminante de l’autre groupe suédois. Les comparaisons avec Anglagard seraient toutefois vaines pour décrire correctement cet album éponyme. Liquid Scarlet serait plutôt la somme de tout ce qui distingue la musique progressive suédoise.  «Hesitating in the Foyer» rappelle donc Simon Says alors que «Citta Nuova» fait penser à Pink Floyd à la façon Deadwood Forrest. Outre toutes ces influences visiblement bien digérées, c’est le savoir-faire impressionnant de cette jeune formation qui surprend et rend son album très intéressant.

D’ailleurs, les pièces suivantes, à commencer par «Molok» font déjà preuve de plus de personnalité même si le son qui a fait la marque de son pays d’origine est bien présent. À la différence de Sinkadus dont le son de son premier album était un succédané de celui de l’auteur du magnifique «Hybris», celui de Liquid Scarlet ne nous ramène que sporadiquement à cette sonorité. C’est particulièrement flagrant dans «Comes Near, Lingers Far», une pièce ou le rythme est parfois assez syncopé. Si le menu paraît alléchant, sachez qu’il ne pourrait être décrit avec justice. Pas de doute que le nouveau groupe suédois n’a pas fini de faire parler de son bébé qui fera assurément partie des valeurs sûres de l’année 2004. Indispensable aux amateurs de musiques progressives du nord.

- Jean-François LAMARRE
(Terra Incognita) 4 août 2004

09
Discus • … tot licht !

Musea / Indonésie, 2003

Un groupe progressif en provenance d’Indonésie ! Il faut bien admettre que ce n’est pas commun et que sa musique ne l’est pas davantage. Son premier essai en 1999 sur le label italien Mellow affichait déjà une certaine personnalité avec un prog-ethnique légèrement jazzy. La même formation revient à la charge avec une musique passablement différente dans la mesure où les choix effectués précédemment sont poussés un peu plus loin. Ce qui risque de ne pas plaire à tout le monde. En effet, il faut faire preuve d’une certaine ouverture d’esprit pour apprécier la fusion parfois excessive que Discus fait ici des genres tels le jazz, le progressif, la musique symphonique et même le trash métal.

C’est justement ce dernier genre qui peut causer problème. Contrairement à «1st», ce disque contient beaucoup de parties vocales. Les 8 musiciens sont crédités comme vocalistes dont 5 le sont comme solistes. Ce ne serait pas un problème en soi si ce n’était des excès dont font parfois preuve quelques-uns des membres masculins dans leur interprétation qui, à certains moments, frôle l’hystérie. La première écoute peut alors devenir pénible et c’est bien regrettable puisque une fois passée la surprise, la richesse des arrangements de violons, vents et percussions apparaît plus clairement. On peut alors parler d’un album sans compromis qui s’adresse en priorité à un public audacieux appréciant des groupes comme Blast, Hamster Theater et Thinking Plague, par exemple. Un peu dommage de se limiter ainsi puisque si la magnifique «Anne» qui clôt le disque avec ses 20 minutes n’a rien de rébarbatif (au contraire), «System Manipulation» l’ouvre d’une façon plus aventureuse. Vous êtes prévenus.

- Jean-François LAMARRE
(Terra Incognita) 4 août 2004

08
Magenta • Seven

F2 Music / Royaume-Unis, 2004

Sous ce pseudonyme se cache Rob Reed, un musicien anglais également responsable des groupes Cyan, Fyreworks et Othello Syndrome. Magenta est sans doute sa meilleure réussite et le double «Revolution», paru il y a deux ans, avait créé, à défaut d’une révolution, un effet qui en a surpris plus d’un. Loin de chercher à dissimuler ses influences, Reed les revendique clairement. Accompagné, entre autres, de la délicieuse Christina aux voix, «Revolution» fait la part belle au progressif des années 70 à grand renfort de clins d’œil qui, dans un autre contexte, frôlerait le plagiat. Reed revisitait, d’une certaine façon, les Mike Oldfield, Yes et Genesis. Pour «Seven», il était attendu de pied ferme puisqu’il ne pouvait refaire le même coup et pour être honnête, je crois que Reed s’en tire bien. L’Anglais aborde ici le thème des sept péchés capitaux en autant de pièces dont les durées varient de 5 à 14 minutes.

Sa musique a gagné en personnalité même si la guitare sonne toujours comme celle de Steve Howe et que les références sont bien présentes. Mais, l’auditeur devra faire un plus grand effort pour les déceler. En fait, «Seven» est imprégné des sonorités propres à Yes mais aussi à Renaissance que la voix de la chanteuse ramène souvent à notre souvenir. Les jeux de voix sur «Gluttony» qui ouvre l’album, par exemple, sont du pur Yes alors que des petites mesures de guitare évoquent Mike Oldfield. «Seven» apparaît donc moins immédiat et peut même s’avérer décevant au premier abord pour ceux qui attendaient la suite de «Revolution». En prenant un peu plus de
distance face à ses modèles, Reed a aussi gagné en originalité et en consistance. Chaudement recommandé aux amateurs des groupes cités.

- Jean-François LAMARRE
(Terra Incognita) 4 août 2004

07
Eyestrings • Burdened Hands

Split Difference / États-Unis, 2004

Le pays de l’oncle Sam semble être devenu un terreau fertile en terme de bons groupes. Ce nouveau venu n’est quand même pas totalement étranger puisqu’il compte dans ses rangs Ryan Parmenter comme chanteur, claviériste et principal compositeur. Celui-ci est le neveu de Matthew Parmenter, le leader de Discipline qui vient tout juste de faire paraître un album sous son nom. Pour compléter la filiation, le bassiste Mathew Kennedy et le batteur Bob Young ont déjà fait partie de Discipline.

Bien que sa musique ne soit pas aussi torturée que celle de son oncle qui a été transformée suite à la découverte de Van Der Graaf et Peter Hammill, elle n’est pas toujours joyeuse non plus. Pourtant, les influences sont diverses et démontrent un certain éclectisme. Eyestrings mêle, d’une façon qui caractérise la nouvelle génération de musiciens progressifs, l’héritage des grands groupes britanniques à des musiques issues de plusieurs tendances.

On pense souvent à Echolyn pour la liberté que le groupe s’est donné mais aussi à Spock’s Beard pour le délicieux mélange des Beatles (sur « Just a Body» par exemple) et de King Crimson. Toutefois les abondantes nappes de mellotron et le style de chant rendent parfois sa musique beaucoup moins festive et développent une dimension dramatique qui se compare à Discipline. Comme vous voyez, Eyestrings s’inspire de beaucoup de choses. Ce qui démontre une profondeur certaine. Un autre bon exemple du renouveau de la musique progressive américaine qui propose des nouvelles sonorités en fusionnant passé et présent.

- Jean-François LAMARRE
(Terra Incognita) 4 août 2004

06
CAST • NIMBUS

Mylodon / Mexique, 2004

Le moins que l’on puisse dire c’est que Cast est un groupe prolifique. Il y a 10 ans, le groupe mexicain mettait sur le marché 3 albums simultanément. Par la suite, le groupe de Alfonso Vidales a maintenu la cadence à raison d’au moins un album par an. Ce rythme effréné lui a été fatal puisque le public a fini par se lasser faute d’un renouvellement significatif. C’est avec une formation qui ne comprend plus de celle d’origine que Francisco Hernandes, maintenant au chant et guitare, et Alfonso Vidales aux claviers que Cast a fait un retour en force l’année dernière avec le double «Al-Bandaluz».

«Nimbus», paru récemment, vient donc confirmer que les Mexicains ont retrouvé la forme. Son néo-progressif, qui doit autant à Genesis qu’à IQ, est plus inspiré qu’il ne l’a été depuis longtemps. De plus, la production, qui était toujours perfectible, est maintenant irréprochable avec une sonorité feutrée et fluide. Généralement porté sur les longues suites, Cast a ici misé sur 16 titres plus courts bien que certains forment des suites. La nouvelle rythmique est nerveuse et les claviers de Vidales sont toujours omniprésents et variés. Les textes sont maintenant en espagnol pour la plupart et ce choix est très judicieux, à mon avis. Bien qu’il soit difficile de sortir une pièce en particulier, j’avoue avoir un faible pour l’instrumentale «Volando en Uno Mismo» et sa flûte très volubile. Cast vieillit bien et si vous voulez vous initier à sa musique, «Ninbus» est une bonne introduction.

- Jean-François LAMARRE
(Terra Incognita) 4 août 2004

05
TILION • Insolitariamente

Mellow Records / Italie, 2003

Formé d’Andrea Ricci (voix), de Roberto Aiolfi (basse), de Paolo Cassago (batterie), d’Alfio et de Flavio Costa (claviers, guitares) et de nombreux collaborateurs aux chants et à divers instruments (flûte, saxophone, harpe, etc.), Tilion appartient à la nouvelle vague des groupes italiens qui, tout en respectant l’imposant héritage national, cherchent de nouvelles avenues et n’hésitent pas à outrepasser les frontières traditionnelles. «Insolitariamente» (de manière solitaire) est un album tout à fait remarquable et ce grâce à son degré élevé d’expérimentation se traduisant notamment par des accords tordus, des harmonies inhabituelles et l’utilisation atypique de multiples instruments.

Il en résulte une musique ludique et riche en rebondissements, parfois à la limite du baroque. Les voix italophones de Ricci et de Laura Mombrini ajoutent beaucoup d’émotion à cette partie de plaisir, particulièrement lors de la longue pièce de seize minutes, «Dietro i Ricordi». Un peu inaccessible, Insolitariamente s’adresse aux amateurs pur et durs de progressif italien (dont je fais partie) en quête de nouvelles sensations.

www.mellowrecords.com 
www.tilion.it

- Richard GUAY
(Terra Incognita) 4 août 2004

04
Ayreon / The human equation

Arjen Lucassen ne fait jamais les choses à moitié.  Après avoir mené à terme les projets Ambeon et Star One, ce dernier revient à la charge avec un nouvel essai de Ayreon.  Le plus récent CD de cette entité remontant (déjà!) à quatre ans.  Le multi instrumentiste nous propose un ambitieux projet de l’envergure de « lnto The Electric Castle »  Un opéra rock qui réunit une impressionnante brochettes d’invités. Des chanteurs(ses) comme James LaBrie (Dream Theater), Mikael Akerfeldt (Opeth) et Heather Findley (Mostly Autumn) tout comme des instrumentistes comme Martin Orford (10), Oliver Wakeman et Ken Hensley (ex Uriah l]eep).  Avec ce double CD Arjen Lucassen fait en quelque sorte le tour du jardin en réunissant des éléments de ces précédents essais.  Progressif (notamment le clin d’oeil à Pink Floyd pour «Isolation»), hard rock et heavy cohabitent souvent au sein d’une même pièce. Parmi les belles surprises il faut souligner l’utilisation d’instruments acoustiques (violons, violoncelles, flûtes..) qui ajoutent à la palette de couleur de Lucassen. Disque dense, fouillé et mélodique, « The Human Equation » est indéniablement une belle réussite pour le néerlandais.

Michel Bilodeau
(Terra Incognita) 4 août 2004

03
Metaphor / Entertaining Thanatos

Metaphor est un groupe originaire de San Francisco composé de cinq membres, soit Jim Anderson (basse), John Mabry (voix), Malcom Smith (guitares), Marc Spooner (claviers) et Jeffrey Baker (batterie).  Il appartient à cette vague de nouvelles formations américaines extrêmement inventives telles Product, Transcience ou Glass Hammer qui font notre bonheur depuis quelques années.  La musique de Metaphor, est complexe, classique et cérébrale.  Entertaining Thanatos, le second opus, nous arrive 4 ans après Starfooted.  Le thème, peu banal et défini comme étant « sept joyeuses chansons sur la mort », sert de toile de fond à une oeuvre onirique, légère et plutôt méditative. Très lyriques, les paroles délici­eusement cyniques sont mises en forme de dialogues entre plusieurs personnages et un narrateur.

Mabry semble s’amuser beaucoup à utiliser différentes intonations pour cette « pièce de théâtre progressive »   La musique, au rythme décousu et très imaginative, se laisse lentement découvrir Dès les premières mesures de Socrates, la pièce d’introduction, on sait que l’on n’aura pas affaire à quelque chose de banal.  L'ensemble nécessite quelques écoutes avant de commencer à livrer ses secrets.  L'effort en vaut la peine car les surprises sont nombreuses. Parmi elles; la pièce à développements « Yes and No », 18 minutes de pure jouissance, ou « Galatea » avec son passage grégorien!

Richard Guay
(Terra Incognita) 4 août 2004

02
Peter Hammill / Incoherence

Peter Hammill est un travailleur acharné dont la carrière en solo compte maintenant 26 albums de matériel original. En tout, il a à son actif plus d’une cinquantaine de disques en comptant ceux qu’il a réalisés avec Van der Graaf Generator.  Son dernier né est composé d’une seule pièce de près de 42 minutes dont les parties forment un tout cohérent qui traite de... l’incohérence du langage.  Pour l’occasion, le musicien utilise divers pianos électriques, claviers, synthés, guitares acoustiques et électriques et des jeux de voix qui forment son style très particulier. Comme pour la plupart des disques de ces dernières années, il est accompagné, par Stuart Cordon au violon et David Jaxon aux saxophones et flûtes.  Quant à la musique elle-même, elle est tantôt calme, planante et ambiante mais passe tout à coup à des rythmes saccadés, superposés à des jeux de voix aériens, pour aboutir à des sections presque orchestrales, et même classique contemporain à la limite.

Comme à son habitude, Hammill utilise des superpositions et agencements de voix qu’il puise dans son large registre.  Malgré la longueur, on ne retrouve pas vraiment de thème récurrent, du style refrain, mais une succession de thèmes qui coulent sans qu’on y trouve de longueurs.  A quoi s’attendre d’autre avec cet artiste qui ne cesse de se renouveler et semble avoir trouvé une source intarissable d’inspiration? Hammill est une découverte à chaque nouveau CD même si le son de l‘artiste nous donne l’impression d’être en terrain connu.  C’est un peu comme le langage dont on connaît les mots, mais dont l’agencement en de nouvelles formes, peut devenir source de surprise, d’interrogation, voire même d’incompréhension, de non sens et d’incohérence.

Cette suite aurait pu devenir son dernier paraphe musical, car il a été victime d’une attaque cardiaque, fort heureusement non fatale, moins de 48 heures après avoir terminé l’enregistrement et le mixage de cet album. Un propos qui aurait paru très approprié pour un artiste qui a été et reste aujourd’hui incompris et/ou mal interprété.  Hammill semble se rendre compte qu’il n’a pas réussi à exprimer correctement, dans toute sa carrière discographique, son message.  Il est en effet, souvent perçu comme un artiste sombre, négatif et défaitiste, alors qu’en mon sens, son message est à l’inverse, réaliste.  En ce qui me concerne, je perçois toujours la note d’espoir, un appel à l’ouverture de la conscience et à l’autodétermination. Un thème qui revient, exprimé sous différentes formes à travers son oeuvre.

Marc Chaunet
(Terra Incognita) 4 août 2004

01
Proto-Kaw / Before Became After

Proto-Kaw est une formation américaine composée de deux vieux routiers du Rock-Progressif dont certains sont même à l'origine du groupe Kansas.  Kerry Livgren (guitares, claviers), son leader spirituel, y retrouve de vieilles connaissances telles Lynn Meredith (voix), John Bolton (flûtes, saxophones), Dan Wright (orgue, claviers), Craig Kew (basse, voix) et Brad Schultz (batterie). La maison lnsideOut décrit la musique de Proto-Kaw comme du « jazz progressif psychédélique »  Si cette appellation est discutable, elle a le mérite de nous avertir de la présence d’un produit très peu conventionnel.  En fait, nous sommes confrontés à une véritable fusion de rock américain psychédélique de la côte ouest, de progressif plus traditionnel et de musique classique!  

Chacune des neuf pièces de l’album nous réserve son lot de surprises. L'oeuvre est complexe et les mélodies sont plaisantes et bien structurées.  Les répliques de guitares, de claviers et d’instruments à vent toujours hautement inventives, se succèdent à un rythme d’enfer.  De nombreux éléments de divertissement viennent susciter constamment notre sens de la découverte.  Depuis sa sortie il y a environ trois mois, cet album suscite de nombreuses réactions toutes aussi enthousiastes les unes que les autres. Become Became After est donc un album extrêmement ludique et que l’on prend un plaisir coupable à découvrir et à écouter encore et encore!

Richard Guay
(Terra Incognita) 4 août 2004

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