La place de la Grande paix de Montréal

On apprend (www.grandepaix.org) : "- La ville de Montréal, lors d'une récente assemblée de son conseil municipal, adoptait un règlement faisant de la partie « Est » de la place d'Youville, dans le Vieux-Montréal, la place de la Grande Paix. La partie « Est » de la place d'Youville est située entre la rue de Callière et le Centre d'histoire de Montréal (rue Saint-Pierre). (...)"

D'abord, ne boudons pas, je me félicite de la chose puisque voilà plus de trois ans que j'ai demandé aux commissions toponymiques du Québec et de Montréal de célébrer la Grande Paix de 1701 par un odonyme.

Ensuite, notons qu'on peut faire changer le nom des rues et places, d'autant plus que les anciens noms sont francophones.

Exemples récents: Parc des îles -> Parc Jean-Drapeau, Pont entre Montréal et Laval (nom français) -> nom immigrant italien (tentative avortée malgré l'accord de la commission de toponymie par la faute de la population peu éclairée).

Je ne connais aucun odonyme à résonance anglophone qui se soit vu changer récemment en un odonyme francophone. Parions que sous la direction de M. Honey Desher (http://www.transitionmontreal.org/upload/fr~doc_Enbref2.pdf) on ne verra pas beaucoup de 1500 doublons odonymes, issus de la fusion municipale, se voir orner d'un bel et original nouveau nom français.

On attend toujours qu'on ait le courage de changer le nom de la rue Amherst en une rue Pontiac (dont la tribu fut gentiment décimé par ledit Amherst) ou un autre peuple indien sympathique. Inutile d'obtenir une traduction ou une modernisation des rues Duke, Bridge ou Queen dans des quartiers industriels et, jusqu'à récemment,  quasi désertes en des noms français ou plus modernes. La mauvaise foi prend alors toute son extension : il s'agit de génériques intraduisibles (????) et  il faut respecter la règle d'or en toponymie : ne rien faire. Autant dire que cela satisfait pleinement les aspirations des différentes commissions de toponymie et celles des différents gouvernements : ne surtout rien faire en matière linguistique.

Nous vivons une époque châtrée.
Patrick Andries

vendredi 13 juillet 2001


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