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mercredi 09 avril 2008
Merci Monsieur le Maire
- Yvon Bibeau
Mesdames messieurs bonsoir
Monsieur le Maire, suite à vos propos du 3 mars dernier,
je me vois dans l’obligation de me mettre dans une position défensive.
Je tiens à clarifier, et à rectifier par endroits, certaines de vos
allégations qui ont été faites dans vos communications récentes avec la
population. Je rappelle que j’ai d’abord pris soin de vous demander
publiquement de me procurer le texte de
votre présentation afin d’analyser, en toute justice, les affirmations
que vous avez énoncées avec, disons-le, une certaine fougue. Mais, et
cela est remarquable, ce qui semble vous avoir donné votre plus grande
satisfaction personnelle semble être en rapport avec le fait que vous
avez esquinté et dénigré intentionnellement, sur votre passage, les 3
dissidents qui forment le parti de l’opposition, comme vous vous plaisez
à nous appeler, avec quelque ironie.
Je trouve décevant que vous ayez ignoré ma demande… J’ai pu visualiser,
avec intérêt, votre présentation que vous avez sans aucun doute
concoctée avec la participation d’un connaisseur en communication. J’ai
cru pouvoir déceler, chez vous, un grand état d’inquiétude et une
frustration qui est fort perceptible.
Vous éprouvez vraiment de la difficulté à comprendre que des gens
puissent penser différemment que vous et qu’ils aient éventuellement des
opinions opposées aux vôtres. La contradiction vous conduit à
l’emportement et les objections semblent, à coup sûr, vous causer des
problèmes. Pourtant pourquoi devriez-vous vous inquiéter ? N’avez-vous
pas votre majorité au conseil ? Et cela ne suffit-il pas ? En réalité,
vous ne vous êtes pas vraiment attaqué à l’argument qui est au cœur de
notre opposition, mais vous avez plutôt préféré vous en prendre à la
personne des 3 conseillers qui ne sont pas d’accord avec vos vues. C’est
là l’arme des faibles.
Dois-je vous rappeler, Monsieur le Maire, que je suis tout comme vous un
élu et que la population m’a désigné à titre de candidat indépendant. Je
suis tout à fait ouvert à la collaboration mais je ne le ferai jamais
dans la servilité. Lors de mon assermentation en 2000 et en 2005, je ne
vous ai pas fait vœu de fidélité et d’obéissance. S’il y a des dossiers
sur lesquels je ne partage pas votre point de vue, ne croyez surtout pas
que je vais me réduire au silence, surtout pas si on met en place une
stratégie d’intimidation publique. Ce serait une perte de temps pour
vous.
Quant à mon confrère monsieur Bélanger, il a laissé entendre à la
population, lors de cette assemblée publique, que les Bibeau, Berthiaume
et Lavallée s’opposent à tout de façon systématique. Ce sont des
contrevérités exprimées de mauvaise foi de votre part monsieur Bélanger,
et ce n’est sûrement pas avec ce genre d’insinuation gratuite que vous
parviendrez à convaincre qui que ce soit.
Quant à vous monsieur le Maire pourquoi nous accusez-vous de manquer de
vision ou d’avoir une vision confuse de réalité. N’est-ce pas plutôt
vous et certains autres qui vous soutiennent qui ont une perception
carrément imaginaire de la réalité comme s’ils vivaient dans un monde
irréel, en tout cas dans un monde qui n’est pas celui de la majorité de
la population de Sorel-Tracy. Du moins nous le croyons.
Vous pensez qu’il est facile de critiquer et de faire paraître dans les
journaux ce en quoi nous croyons. Est-ce cela manquer de courage? Ce qui
serait un manque de courage serait plutôt le fait de garder le silence
et de s’abstenir de donner notre opinion, et cela même si elle va à
l’encontre de vos opinions cela s’appelle aussi de la faiblesse.
Vous n’en êtes pas à votre premier essai public pour nous discréditer et
nous mettre au pilori en pourchassant l’erreur et le faux pas plutôt
qu’en débattant nos idées. Vous le faites à partir des procès verbaux
des réunions à laquelle nous nous serions opposés.
Vous avez usé de coups bas et il y a eu dérapage jusqu’au point de nous
désavouer de ne pas avoir été présents à la réunion du 12 février
dernier à la salle St Pierre du centre Desranleau. L’invitation à cette
réunion disait qu’il s’agissait de faire la mise à jour du plan
stratégique de développement; l’Ordre du jour ne disait pas du tout que
le but était de prendre des décisions importantes, comme vous le
prétendez. Vous y avez constaté l’absence des 3 élus qui sont de toute
évidence dans votre mire, et vous avez conclu qu’il s’agissait d’une
stratégie commune de notre part. Je peux vous dire que notre absence est
une affaire de pure coïncidence.
Se pourrait-il, Monsieur le Maire, qu’une raison majeure ait pu
m’empêcher d’assister à cette réunion ? Faudrait-il que je m’excuse
publiquement pour mon absence ? Pourquoi ai-je eu ainsi droit, de votre
part monsieur le Maire, à une dénonciation sur la place publique ? Je
trouve que vous dépassez vraiment la mesure et je suis porté à penser
que la vengeance constitue en fait votre objectif ultime. Dans ces
conditions et avec tout le respect que je vous dois, je vous demande de
bien prendre note du fait que je n’avais en aucune façon à me justifier
devant quiconque, y compris devant vous monsieur le Maire. Vous avez
tort de croire que je suis à la petite école et que vous avez le droit
de me faire la leçon ou, et cela encore moins, de me dicter les devoirs
qui m’incombent.
Il m’a tout simplement été impossible de répondre à cette invitation.
Mais cela vous n’avez pas été en mesure de le comprendre et avez préféré
porter un geste accusateur à mon endroit et à celui de mes confrères. Où
étiez-vous messieurs Bibeau, Lavallée et Berthiaume, avez-vous lancé
avec une intonation accusatrice ? Au fait lors de cette rencontre du 12
février dernier, n’auriez-vous pas aussi constaté l’absence de d’autres
membres du conseil municipal ? Êtes-vous en mesure de répondre à cette
question monsieur le Maire et de m’expliquer à moi, à mes collègues et à
la population qui nous écoute pour quels motifs ou pour quelles raisons
messieurs Bérard et Gagné n’ont-ils pas eu droit au même traitement et à
la même dénonciation que la bande des trois ? N’étaient-ils pas absents
tout comme nous, chacun ayant ses propres raisons que je n’ai pas à
juger. Ce que je peux juger par contre, c’est que vous êtes très
sélectif avec le club des petits amis. Vous avez ainsi donné à nouveau
la preuve irréfutable de votre iniquité et de votre duplicité.
De plus, je n’ai jamais ouvert le feu sur l’intégrité et l’intelligence
des forces vives du milieu, comme vous le laissez entendre, monsieur le
Maire. J’ai bel et bien dit, et je le répète, que leur intervention
d’appui en ce qui concerne la décision de choisir l’édifice Lachapelle
n’avait pas sa place. Il est important, ici, de faire une nuance, une
distinction, entre les individus, notamment monsieur René Lachapelle, le
porte-parole de ce groupe, qui a écorché de façon malicieuse sur son
passage les 5 maires qu’il dit manquer de courage et de ce leadership
politique dont ils ont un urgent besoin. Il ne s’agit pas d’un appui de
taille comme madame Racicot l’a publié dans le journal, mais à mon avis
plutôt d’une erreur de taille. Je crois personnellement que vous leur
avez forcé la main, monsieur le Maire, dans un moment d’emportement ou
par séduction, ou cela s’est peut-être fait d’un commun accord et par
consentement mutuel pour obtenir leur appui. Je devine d’instinct que
certains ne se sont pas vraiment sentis à l’aise avec cette situation,
car elle a été loin, je le répète, d’être rationnelle. Pas mal de gens
en position d’autorité ont manqué une bonne occasion de garder le
silence : en creusant le sillon de l’hostilité entre les maires de la
M.RC., je ne crois pas qu’ils aient contribué à enrichir la concertation
entre nous tous.
Il y a eu dans tout cela un grave manque d’éthique et ce fut un geste
inconsidéré de leur part. Dans les faits à qui sont-ils redevables ces
gens-là ? Ils sont des inconditionnels du développement durable et ce à
n’importe quel prix. Une telle position ne tient pas la route, de plus
leur porte-parole monsieur Lachapelle n’avait pas à laisser entendre que
la position des maires était en quelque sorte rétrograde et qu’ils
n’étaient pas montés dans le train du progrès. Les autres maires ne
sont-ils pas, eux aussi, des élus à qui la population a accordé leur
confiance dans chacune des municipalités ? En les disqualifiant par ce
genre d’argument perfide (une apparence de menace), vous avez tout
simplement dépassé la limite acceptable de la décence…
En terminant, Monsieur le Maire, je souhaite vous dire que si votre
intention est de m’amener sur le chemin de l’hostilité ou du silence,
vous pouvez être assuré que ce ne sera pas le chemin que vous me ferez
emprunter. Je ne compte pas prendre le chemin de la mésentente, même si
vous vous y engagez vous-même, et je continuerai à dire le plus
honnêtement possible ce que je crois être dans le plus grand intérêt du
développement de notre communauté de Sorel-Tracy. En ce qui concerne les
propos tenus par mon ou mes confrères Berthiaume et Lavallée je partage
entièrement ce qu’ils ont ou a exprimé.
Merci Monsieur le Maire. Yvon Bibeau.
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