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mercredi 09 février 2005

La « danse en ligne » des millions

        Oyez, oyez, contribuables et contribuables (rectitude politique[1] oblige, je m'adresse successivement aux femmes et aux hommes, même si, sur le plan grammatical, je serais tout à fait fondé à me contenter d'un seul « contribuables » pour interpeller les deux sexes)! N'en avez-vous donc point ras le pompon, chers « payeurs et payeuses de taxes », des dérapages non contrôlés, des sauts mal calculés et des « plonges » trop bien camouflées de nos grands élus, ces bienheureux mortels qui hantent les trois ordres de gouvernement de notre beau pays (fédéral, provincial et municipal)?  

Or, force est de le reconnaître : c'est par notre faute, par notre très grande faute… que ces as du patinage de fantaisie « évoluent » des années durant dans le paysage et peuvent y laisser leur marque indélébile, multipliant pirouettes, cabrioles et autres « sparages », histoire de jeter plus élégamment de la poudre aux yeux de leurs commettants (c'est vous et moi, ça!).

« Comment ça, notre faute?», demandez-vous. C'est bien simple : nous sommes en quelque sorte les artisans de notre propre malheur à cause de l'appui – fût-il forcément trompeur – que nous leur permettons, mal an pis an, de recueillir auprès de nous, électorat ô combien « captif » – oui! captif au sens de « qui n'a pas le choix ». Voici un exemple qui illustre parfaitement ce que je veux dire : au marché, le sans-le-sou affamé qui, pour le même prix, se voit offrir un superbe concombre, un navet de belle taille ou un radis tout rabougri optera le plus souvent pour l'un des deux premiers légumes… même si, au fond, il préfère les radis. Que voulez-vous, il faut bien survivre! Capice? 

Revenons plutôt à nos tondeurs de moutons… Ne devient-il point lassant, à la fin, de les voir sévir à divers titres, tous plus ronflants les uns que les autres (les titres), sans démordre jamais? Pourquoi alors les laisser présider de la sorte – c'est-à-dire de façon « crassement » maladroite, quand ce n'est pas carrément malhonnête – à nos destinées, souvent avec l'aide pas vraiment désintéressée de leurs « amis » ou, si vous préférez, grâce à leur belle « complicité »? Et cela, en toute impunité, ou presque, à moins qu'un certain Gomery… – il est toujours permis de rêver, pas vrai? 

J'ose vous le demander : le temps n'est-il point venu, et depuis « un sapré boutte », de commencer à s'étonner un brin que les dignes représentants de cette belle « race de monde » semblent s'arranger pour nous coûter le plus cher possible, tant dans leurs rares bons coups que par leurs gaffes monumentales servies à répétition?!? 

Voici une liste hélas non exhaustive – loin s'en faut – de « réalités » qui, comme dirait Bernard-le-latiniste avec componction, contribuent à nous rendre la vita franchement horribilis. Il est évident qu'ici la loi du nombre fait en sorte que l'on ne saurait décemment parler de « cas isolés ». En fait, on se rapproche dangereusement du modus operandi

Ø      Commandites polycopiées (sorte de non-travail à la chaîne grassement rémunéré), ou manœuvres qui ont fini par faire « scandale », enfin!!!  

Ø      Abyssal fonds d'assurance-emploi[2] « libéralement » détourné de ses fins premières

Ø      Lourd registre des armes légères (est-il « permis » d'en rire?)

Ø      Du pain et des jeux servis « à la canadienne » : danseuses et pizzas pour importer. Un sgro (sic) contrat?

Ø      Enfer de la drogue et paradis fiscaux, ou narines blanchies et argent sale

Ø      Milieux humides asséchés par promoteurs immobiliers pleins de… liquide

Ø      Mondialisation à tout-va et délocalisations sauvages

Ø      De la sweat shop au terrain de basket professionnel, ou le drôle de parcours d'un running shoe

Ø      Emplacements potentiels du CHUM re-contre-vérifiés par des chums

Ø      Championnats aquatiques vraiment « à l'eau » et un maire longtemps frileux qui se mouille un peu tard

Ø      Démolition ou bien, pour user d'un langage enfantin, « remolition » d'un Stade pur béton aux allures de gouffre, question de lui trouver une nouvelle vocation

Ø      Fruits amers (mirabelles) pour Anne (la p'tite Dorval), ou incompréhensible déménagement d'aéroport qui nous fait « avancer en arrière »

Ø      Du gaz dans l'eau : le Suroît or not?  

… Le tout « agrémenté », comme il se doit, d'études, de comités, de consultations et autres tergiversations, sans oublier les incontournables dessous-de-table, ni les toujours civils (lire : si vils) renvois d'ascenseur, ni le « graissage de pattes » institutionnalisé…  

        Voilà autant de mots, ou plutôt – comme je le disais plus haut – de tristes « réalités » qui impriment un rythme endiablé à cette danse qui n'en finit plus de ne pas finir, tout en s'affichant sans vergogne, à pleine largeur de pages de journaux : la valse des millions de dollars… perdus, gaspillés, détournés, dilapidés, mal utilisés, « garrochés » par les fenêtres, etc., par nos humbles serviteurs! Et, l'avez-vous remarqué, c'est toujours les mêmes « partenaires », ou à peu près, qui, au fur et à mesure du dévoilement des magouilles, « révoluent » de moins en moins gracieusement sur la piste de danse – maintenant trop bien éclairée pour leur goût – et où, spectateurs aussi écœurés qu'impuissants, nous les voyons tenter d'ultimes entrechats d'une inélégance inégalée. Toutes ces manigances livrées en vrac, ç'a de quoi vous filer le tournis et vous laisser franchement nauséeux, non?! 

Cette odieuse valse à mille temps y a mis le temps. Assez, c'est assez!  En passant, on ne devrait pas parler de « valse » des millions, mais de « danse en ligne », les incompétents, les magouilleurs et autres « crosseurs » de haut vol « s'exprimant » de préférence l'un derrière l'autre, toujours prêts à recueillir miettes et gros morceaux, ou même, s'il le faut, à frapper dans le dos. 

Entéka, moi, j'en ai plus que ma joyeuse et puissante « dose » de toute cette « hommerie » – exceptionnellement, dans le seul souci de nous épargner le pas beau mot de « femmerie », j'ose décréter qu'un terme renvoyant de façon aussi explicite aux hommes englobe également les femmes, qui, en l'occurrence, pourront difficilement m'en tenir rigueur.


 

[1] L'envahissante et désormais omniprésente rectitude politique est une grande « édulcorante » : elle dépouille le lexique de ses signifiants clairs pour y substituer des monstres d'insipidité englués de bonne conscience. Les mots deviennent de grosses coquilles vides, quoi!

[2] Assurance-chômage était moins politically correct, mais pas mal plus juste comme expression! – que voulez-vous, au royaume des non-voyants, même les aveugles sont mal vus.

Jean-Paul Lanouette

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