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samedi 19 février 2005

Wal-Mart et La Presse… Annonce mal déguisée ou lettre d'amour? 

La pub pleine page que s'est payée Wal-Mart lundi dernier (jour de la Saint-Valentin!?!) dans certains de nos grands quotidiens, dont La Presse, continue de provoquer bien des remous, alimentant ad nauseam les conversations de bar et de bureau. Or, cette prétendue lettre ouverte aux « associés » walmartiens s'adressait en fait à l'ensemble de la population, c'est-à-dire toutes les personnes perçues comme des clients réels ou potentiels. Ce que nous avions sous les yeux, c'était donc une « annonce », oui! une vulgaire pub comme je l'indique d'ailleurs d'entrée. Mais, cela, d'autres que moi l'ont déjà dit ou écrit.

La «fâmeuse» lettre de Wal-Mart... dans sa version «revisitée» par Chapleau

Je vous le demande : n'est-il point étrange, voire anormal qu'on puisse faire passer n'importe quoi, ou presque, dans les journaux… pour autant qu'on soit disposé à y mettre le prix et, bien sûr, qu'on ait le portefeuille assez garni pour acquitter la douloureuse? Vous me direz que, s'il s'agit de publicité et que « ça » respecte les règles de l'art en même temps que les normes déontologiques établies, il ne devrait pas y avoir de problème. Je veux bien… 

Mais, depuis quand et, surtout, selon quelle logique, nos journaux acceptent-ils de publier contre tarif (que j'imagine exorbitant en l'occurrence) un texte qui « se veut » une lettre ouverte à un segment précis, bien délimité de la population? En principe, une lettre ouverte, quel qu'en soit l'expéditeur ou le destinataire « officiel », n'est-elle pas « publiable » gratis si l'objet de ladite lettre est « d'intérêt public » et susceptible d'accrocher l'œil du lectorat? 

Comme je doute fort que La Presse, ainsi que les autres journaux, ait offert toute une page « gracieusement » à la direction de Wal-Mart pour qu'elle puisse rassurer ses « associés » (à cette fin, ne dispose-t-elle pas d'un bulletin interne?), je me dis qu'il y des gens, « pis des deux bords », qui nous prennent pour de parfaits imbéciles : d'une part, Wall-Mart, qui essaie de nous faire croire à une « lettre d'amour » à ses employés, d'autre part, La Presse, qui vend de l'espace-pub pour ce qui s'affiche pourtant comme tout autre chose que de la publicité. 

Dans le cas qui nous occupe, il n'y a pas trop de mal. Les sabots étaient tellement gros que tout le monde ou à peu près a « vu venir ». Mais je ne peux m'empêcher, comme lecteur, de ressentir un certain malaise face à cette farce qui a fait rire jaune une bonne partie de la belle (?) province. 

Le lundi, on se tape l'annonce-lettre en page A 4, et, deux jours plus tard, on la déguste à nouveau, servie cette fois dans sa version « arrangée » façon Chapleau. Mon cher Journal, je suis désolé d'avoir à te le dire, mais, ce que tu as « fait » cette semaine, on pourrait presque appeler cela « prendre le beurre et l'argent du beurre », ou, si tu préfères, « manger à tous les râteliers ».  

Remarquez, c'est peut-être moi qui ai l'épiderme ultrasensible. N'empêche que…

Jean-Paul Lanouette

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