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jeudi 24 juin 2004

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Le président d’UNICEF Canada est de retour de l’État soudanais du Nord-Darfour :
« Nous devons réagir à cette crise humanitaire, et nous devons réagir immédiatement. »

TORONTO/MONTRÉAL, le 24 juin 2004 – Après s’être rendu cette semaine dans la région durement éprouvée du Darfour, au Soudan, le président et chef de la direction d’UNICEF Canada déclare que l’urgence de la crise humanitaire à laquelle font face les enfants ne saurait être surévaluée. « Des milliers d’enfants sont déjà morts, et cette tragédie est absurde, dit David Agnew. Il y a cependant de l’espoir, car malgré toutes ces horreurs, nous avons observé le remarquable courage de la population du Darfour. Les familles font l’impossible pour survivre et offrir à leurs enfants le meilleur environnement possible bien qu’elles n’aient pas les ressources pour y parvenir seules. Les besoins en eau, nourriture et médicaments sont considérables. Nous devons réagir immédiatement. »

David Agnew s’est rendu dans l’État soudanais du Nord-Darfour qui compte quelque 350 000 habitants et couvre un territoire représentant plus du double de la superficie du Nouveau-Brunswick, de la Nouvelle-Écosse et de l’Île-du-Prince-Édouard réunis. À 80 %, les habitants vivent dans des villages dépourvus de liaisons routières sûres. Les hostilités et la destruction des villages et des récoltes dans les états du Darfour ont contraint plus d’un million de personnes à abandonner leurs foyers et les ont dépossédées de leurs moyens de subsistance. Des centaines de milliers de personnes ont entrepris une marche de plusieurs jours, voire de plusieurs semaines, dans un climat désertique afin de trouver refuge dans des camps destinés aux personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays. D’autres se sont réfugiées chez des parents dans des communautés plus importantes, aggravant par leur présence les tensions des ménages déjà surpeuplés aux prises avec le manque de vivres.

 

À El Fasher, David Agnew s’est rendu dans le camp d’Abou Shouk, qui abrite actuellement 40 000 personnes, où des familles étendues de dix personnes cohabitent souvent sous la même tente. Cette ville de tentes bondées représente une dure réalité pour ces gens habitués à un mode de vie rural. Les tentes s’étendent à perte de vue, et les réfugiés originaires d’un même village sont regroupés afin de faciliter la reconstitution des communautés. Avec l’afflux de 10 000 arrivants au cours de la dernière semaine seulement, les réserves ne suffisent pas pour nourrir convenablement tous les réfugiés et les aider à recouvrer la santé. Ceux-ci vivent néanmoins dans la terreur de quitter les camps et d’être victimes d’autres actes de violence. Un nombre alarmant de cas d’agressions subies par des femmes et des enfants qui s’étaient aventurés hors des camps a été rapporté.

 

Abou Shouk est l’un des camps les mieux desservis de la région : il est doté de pompes à eau, de latrines et d’une clinique médicale approvisionnée en médicaments essentiels par l’UNICEF. Cent salles de classe temporaires faites de foin et de bambou viennent d’être construites. Les classes (de la première à la huitième années) doivent accueillir les élèves le 26 juin, et l’UNICEF distribuera du matériel aux enseignants (des personnes elles-mêmes déplacées qui vivent dans le camp) ainsi qu’aux enfants.

 

« La construction d’écoles est sans contredit un avantage inespéré dans cette situation, explique David Agnew. De nombreux enfants n’ont jamais eu la chance d’aller à l’école en raison de leur isolement géographique. Ils ont maintenant accès à des classes directement dans le camp. Le fait d’aller à l’école les aide à se remettre des terribles bouleversements qu’ils ont subis. L’école, de même que les activités récréatives, constituent des moyens clés de redonner leur enfance à ces jeunes. »

 

Un autre avantage inespéré est la campagne de vaccination contre la rougeole au Darfour menée par l’UNICEF. Cette campagne, qui a eu lieu cette semaine, a ciblé plus de deux millions d’enfants dans l’ensemble de la région. Dans le camp d’Abou Shouk seulement, plus de 8 000 enfants ont été vaccinés contre la rougeole. « Un groupe d’enfants attroupés à l’extérieur de l’un des centres de vaccination du camp nous ont montré la marque du vaccin sur leurs bras, relate David Agnew, qui s’est dit d’autant plus ému que la vaccination contre la rougeole est l’une des premières interventions médicales dont bon nombre de ces enfants ont bénéficié. Le succès de la campagne de vaccination est cependant tempéré par la nouvelle récente d’un cas de polio au Darfour, qui rendra probablement nécessaire la tenue d’une autre campagne de vaccination.

 

« En visitant le camp, j’ai constaté que les gens s’efforcent de tirer le meilleur parti possible de leurs piètres conditions de vie, poursuit David Agnew. Des clôtures de fortune, faites de murs de boues et de brindilles, ont été érigées autour de nombreuses tentes afin de procurer un peu d’intimité à leurs occupants. Des femmes bavardent entre elles et des enfants s’amusent en attendant patiemment leur tour aux pompes à eau manuelles pour remplir les récipients qu’ils transporteront ensuite jusqu’à leurs tentes. »

 

Ces manifestations positives de résilience ne sauraient toutefois changer la réalité : les enfants souffrent de malnutrition et ils sont extrêmement vulnérables aux maladies mortelles. Selon une enquête récente, 38 % des enfants du camp d’Abou Shouk souffrent de la malnutrition; 9,5 % des cas sont graves. Des mères font la queue à la clinique médicale du camp, accompagnées d’enfants qui souffrent de diarrhée, de fièvre et même de convulsions. Beaucoup ont la malaria, et le risque de maladies contagieuses augmentera considérablement au cours des semaines à venir, avec l’arrivée de la saison des pluies. « C’est une véritable course contre la montre pour sauver les vies d’enfants, observe David Agnew. Bien que l’accès à l’aide humanitaire se soit amélioré, les besoins à combler en matière d’abris, d’aliments, d’eau, de médicaments et de matériel pédagogique sont énormes. Les habitants du Darfour veulent juste garantir la santé de leurs enfants et reprendre leur vie normale, mais ils ne peuvent y arriver seuls. Nous devons réagir immédiatement avant de perdre d’autres enfants dans ce désastre. »

Chef de file mondial des organismes d’aide à l’enfance, l’UNICEF s’emploie à sauver, protéger et améliorer la vie des enfants et de leurs familles dans 158 pays et territoires. L’UNICEF est la principale source d’approvisionnement en vaccins des pays pauvres. Il soutient la santé et la nutrition des enfants, assure la promotion d’une éducation de base de qualité pour tous les garçons et toutes les filles, et protège les enfants contre la violence, l’exploitation et le sida. L’UNICEF compte près de soixante ans d’expérience, et est entièrement tributaire des contributions volontaires de particuliers, d’entreprises, de fondations et de gouvernements. Par ses activités de collecte de fonds et éducatives, UNICEF Canada s’emploie à améliorer la vie des enfants dans le monde.

Il est possible de faire un don en ligne à www.unicef.ca, par téléphone en composant le 1 877 955-3111 ou par la poste à UNICEF Québec, 4474, rue Saint-Denis, Montréal (Québec) H2J 2L1.

Robert B. Lussier, UNICEF Québec

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