David
Agnew s’est rendu dans l’État soudanais du Nord-Darfour qui compte
quelque 350 000 habitants et couvre un territoire représentant
plus du double de la superficie du Nouveau-Brunswick, de la Nouvelle-Écosse
et de l’Île-du-Prince-Édouard réunis. À 80 %, les habitants
vivent dans des villages dépourvus de liaisons routières sûres. Les
hostilités et la destruction des villages et des récoltes dans les états
du Darfour ont contraint plus d’un million de personnes à abandonner
leurs foyers et les ont dépossédées de leurs moyens de subsistance.
Des centaines de milliers de personnes ont entrepris une marche de
plusieurs jours, voire de plusieurs semaines, dans un climat désertique
afin de trouver refuge dans des camps destinés aux personnes déplacées
à l’intérieur de leur propre pays. D’autres se sont réfugiées
chez des parents dans des communautés plus importantes, aggravant par
leur présence les tensions des ménages déjà surpeuplés aux prises
avec le manque de vivres.
À
El Fasher, David Agnew s’est rendu dans le camp d’Abou Shouk, qui
abrite actuellement 40 000 personnes, où des familles étendues de
dix personnes cohabitent souvent sous la même tente. Cette ville de
tentes bondées représente une dure réalité pour ces gens habitués
à un mode de vie rural. Les tentes s’étendent à perte de vue, et
les réfugiés originaires d’un même village sont regroupés afin de
faciliter la reconstitution des communautés. Avec l’afflux de 10 000 arrivants
au cours de la dernière semaine seulement, les réserves ne suffisent
pas pour nourrir convenablement tous les réfugiés et les aider à
recouvrer la santé. Ceux-ci vivent néanmoins dans la terreur de
quitter les camps et d’être victimes d’autres actes de violence. Un
nombre alarmant de cas d’agressions subies par des femmes et des
enfants qui s’étaient aventurés hors des camps a été rapporté.
Abou
Shouk est l’un des camps les mieux desservis de la région : il
est doté de pompes à eau, de latrines et d’une clinique médicale
approvisionnée en médicaments essentiels par l’UNICEF. Cent salles
de classe temporaires faites de foin et de bambou viennent d’être
construites. Les classes (de la première à la huitième années)
doivent accueillir les élèves le 26 juin, et l’UNICEF
distribuera du matériel aux enseignants (des personnes elles-mêmes déplacées
qui vivent dans le camp) ainsi qu’aux enfants.
« La
construction d’écoles est sans contredit un avantage inespéré dans
cette situation, explique David Agnew. De nombreux enfants n’ont
jamais eu la chance d’aller à l’école en raison de leur isolement
géographique. Ils ont maintenant accès à des classes directement dans
le camp. Le fait d’aller à l’école les aide à se remettre des
terribles bouleversements qu’ils ont subis. L’école, de même que
les activités récréatives, constituent des moyens clés de redonner
leur enfance à ces jeunes. »
Un
autre avantage inespéré est la campagne de vaccination contre la
rougeole au Darfour menée par l’UNICEF. Cette campagne, qui a eu lieu
cette semaine, a ciblé plus de deux millions d’enfants dans
l’ensemble de la région. Dans le camp d’Abou Shouk seulement, plus
de 8 000 enfants ont été vaccinés contre la rougeole.
« Un groupe d’enfants attroupés à l’extérieur de l’un des
centres de vaccination du camp nous ont montré la marque du vaccin sur
leurs bras, relate David Agnew, qui s’est dit d’autant plus ému que
la vaccination contre la rougeole est l’une des premières
interventions médicales dont bon nombre de ces enfants ont bénéficié.
Le succès de la campagne de vaccination est cependant tempéré par la
nouvelle récente d’un cas de polio au Darfour, qui rendra
probablement nécessaire la tenue d’une autre campagne de vaccination.
« En
visitant le camp, j’ai constaté que les gens s’efforcent de tirer
le meilleur parti possible de leurs piètres conditions de vie, poursuit
David Agnew. Des clôtures de fortune, faites de murs de boues et de
brindilles, ont été érigées autour de nombreuses tentes afin de
procurer un peu d’intimité à leurs occupants. Des femmes bavardent
entre elles et des enfants s’amusent en attendant patiemment leur tour
aux pompes à eau manuelles pour remplir les récipients qu’ils
transporteront ensuite jusqu’à leurs tentes. »
Ces
manifestations positives de résilience ne sauraient toutefois changer
la réalité : les enfants souffrent de malnutrition et ils sont
extrêmement vulnérables aux maladies mortelles. Selon une enquête récente,
38 % des enfants du camp d’Abou Shouk souffrent de la
malnutrition; 9,5 % des cas sont graves. Des mères font la queue
à la clinique médicale du camp, accompagnées d’enfants qui
souffrent de diarrhée, de fièvre et même de convulsions. Beaucoup ont
la malaria, et le risque de maladies contagieuses augmentera considérablement
au cours des semaines à venir, avec l’arrivée de la saison des
pluies. « C’est une véritable course contre la montre pour
sauver les vies d’enfants, observe David Agnew. Bien que l’accès à
l’aide humanitaire se soit amélioré, les besoins à combler en matière
d’abris, d’aliments, d’eau, de médicaments et de matériel pédagogique
sont énormes. Les habitants du Darfour veulent juste garantir la santé
de leurs enfants et reprendre leur vie normale, mais ils ne peuvent y
arriver seuls. Nous devons réagir immédiatement avant de perdre
d’autres enfants dans ce désastre. »
Chef
de file mondial des organismes d’aide à l’enfance, l’UNICEF
s’emploie à sauver, protéger et améliorer la vie des enfants et de
leurs familles dans 158 pays et territoires. L’UNICEF est la
principale source d’approvisionnement en vaccins des pays pauvres. Il
soutient la santé et la nutrition des enfants, assure la promotion
d’une éducation de base de qualité pour tous les garçons et toutes
les filles, et protège les enfants contre la violence, l’exploitation
et le sida. L’UNICEF compte près de soixante ans d’expérience, et
est entièrement tributaire des contributions volontaires de
particuliers, d’entreprises, de fondations et de gouvernements.
Par ses activités de collecte de fonds et éducatives, UNICEF Canada
s’emploie à améliorer la vie des enfants dans le monde.
Il
est possible de faire un don en ligne à www.unicef.ca,
par téléphone en composant le 1 877 955-3111 ou par
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Robert
B. Lussier, UNICEF Québec