Lancements et conférences
de presse «publiques»:
Des outils pour contrôler les médias
Montréal, le mardi 6 juillet 2004 - L'Événementiel
s'insurge contre une opération de dénigrement menée depuis quelques
temps par certains relationnistes, visant à traiter de pique-assiettes
les journalistes qui se pointent sans invitation à leurs lancements.
Dans un article publié dans le magazine Trente en
novembre dernier, une relationniste du culturel écrit que Créneaux
(ancien nom de l'Événementiel, plus en usage depuis six ans), est
l'agenda des pique-assiettes. Or, on apprend en lisant la suite de
l'article que cette professionnelle des communications refuse l'accès
à certains journalistes qui rejoignent un auditoire restreint mais n'hésite
pas à laisser passer la petite cousine du directeur de la programmation
d'une station de télévision sur la seule proclamation de ce lien
familial.
Récemment, à l'émission Macadam Tribus (SRC), on
pouvait entendre dans un reportage consacré au phénomène des
pique-assiettes, deux relationnistes se moquer de certains journalistes
dont une supposée reporter du Times de New York, à qui il vaudrait
mieux refuser l'accès au lancement du disque d'un groupe québécois,
tant il est peu probable, selon elles, que le Times s'intéresse à
celui-ci. Ce à quoi l'animateur de l'émission rétorque en toute
logique «Bien, c'est pas impossible!».
Pourquoi alors les relationnistes ne demandent-ils
pratiquement jamais aux journalistes de présenter leur carte de presse
pour accéder aux activités destinées aux médias? La présentation de
cette carte émise par la Fédération professionnelle des journalistes
du Québec (FPJQ) règlerait très facilement la question des
pique-assiettes et donnerait beaucoup plus de poids à notre
regroupement, chien de garde et outil de solidarité de notre
profession. Mais les relationnistes pourraient arguer qu'ils n'ont pas
à se préoccuper de contribuer à l'essor de la FPJQ.
Enlever aux journalistes l'exclusivité des événements
de presse sert bien certains relationnistes qui préfèrent transformer
leurs listes de presse en listes V.I.P., leurs événements de presse en
fiestas. Autre dépossession: l'accessibilité non restreinte sur
Internet aux fils de presse et la diffusion en direct de conférences de
presse politiques ou sportives, qui passent ainsi le message «par-dessus
la tête des journalistes», dont le métier est pourtant de traiter
l'information avant de la livrer au grand public avec les nuances qui
s'imposent.
Nous assistons aussi actuellement à la création dans
différents domaines d'activité ou régions du Québec, de calendriers
imitant l'Événementiel, exploitant parfois le nom de ses agendas, réalisés
par des relationnistes qui y font la promotion de leurs clients, par des
associations qui moussent leurs membres, etc. Les médias ne doivent pas
être dupes de cette perversion du concept de l'Événementiel, qui est
un «fonds consolidé d'événements», tenu par des journalistes et
visant à s'assurer que l'information circule entre nous.
Il faut s'insurger contre la pratique de
relationnistes qui recherchent les revues de presse complaisantes en
restreignant l'accès aux événements de presse, en montrant des préférences
ou de l'indifférence face à certains de nos collègues, qui
entretiennent des listes noires ou qui tentent simplement de manipuler
les médias.
Alain Théroux