« Y
veulent pas ! » - À propos de l'«Option citoyenne» de Françoise
David
Objets : Pierre Dubuc, «Ce que Françoise David n'a
pas compris» http://ledevoir.com/2004/07/30/60157.html
et Henri Lamoureux, «Quelques réflexions sur les constats
d'Option citoyenne» http://ledevoir.com/2004/07/30/60158.html,
textes parus simultanément dans LeDevoir du 30 juillet 2004
Nationaliste féministe québécoise
dans la quarantaine, je partage l'essentiel des propos et des
propositions (on verra plus tard pour le détail) de M. Lamoureux et de
M. Dubuc.
Aussi ai-je été également - et profondément - déçue, quant au
projet d'Indépendance du Québec, par la mollesse qui se dégage sur ce
sujet dans le programme d'«Option Citoyenne» conçu et mis sur pied
par Mme Françoise David et son équipe.
Mme David est une femme que j'estime, que j'admire même. Mais hélas!
elle a perdu beaucoup de crédibilité à mes yeux - au plan
intellectuel aussi bien que proprement politique - en mettant ainsi en
veilleuse ce qui est chevillé au coeur de tous les peuples dignes de ce
nom: leur Liberté nationale.
La pleine Indépendance du Québec ne se loge pas dans quelque liste d'épicerie,
quelque part entre l'Éducation, le déséquilibre fiscal, les
Anglofollies, le budget des grandes villes (hanséatiques?), un
Festival juste pourri, la Santé et, enfin, la bouderie de bon ton (mais
d'aucune manière efficiente ou opérante) contre un Canada unitaire à
la limite de la tyrannie. L'Indépendance des Québécois à l'égard
d'un régime qui les nie dans leur essence - insidieusement ou sans gêne,
c'est selon: selon la conjoncture événementielle et le contingent de
bons soldats (Stéphane, Lucienne, le déministré Denis, Liza,
Pierre-Stewart et tous les autres d'hier et de demain) disponibles pour
servir la Federation contre leur propre patrie - ne constitue pas
une question parmi d'autres. Et à différer pour les siècles des siècles,
de préférence...
L'Indépendance - la mainmise sur tous nos outils collectifs politiques
et fiscaux - constitue au contraire la condition sine qua non à
la résolution de tous les autres problèmes sociaux nationaux.
Pas une panacée, bien sûr: les quelques 190 pays indépendants de la
Planète continuent d'éprouver des «difficultés existentielles»,
tout comme l'adulte sa vie durant même s'il... s'est un jour libéré
de son état adolescent de dépendance. Non! pas une panacée.
Simplement une nécessité.
Or en faisant pour ainsi dire l'impasse sur cette dimension fondamentale
de l'exister québécois, madame David fait tout comme si le lait et la
potée étaient d'emblée plus importants pour l'infant que la présence
même de l'oxygène dans son environnement. Mais à quoi bon, Françoise,
se nourrir si c'est pour aussitôt mourir?
Il me semble entendre le Jacques Brel de «Ces gens-là» : Y
veulent pas, y veulent pas...
Pareille myopie m'étonne et me déçoit.
Marie-Louise Lacroix
30 juillet 2004
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