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Mise à Jour : 
jeudi 02 juin 2005

JE M’APPELLE MAX!
(Ou comment survivre à l’invivable) Théâtre Yves-Étienne Banville

Contexte

Le CJE du Bas-Richelieu m’offre de participer à un projet théâtral permettant d’allier l’apprentissage du jeu comme outil de développement personnel et démarche de création dans un contexte de représentation publique et semi-professionnelle.

J’accepte de contribuer à ce projet pour le défi de création du théâtre comme outil de prise en charge et d’affranchissement ! Le thème principal suggéré par le CJE est donc de mettre en place un spectacle sur le taxage. Spectacle destiné à un public du deuxième cycle de l’élémentaire et du premier cycle du secondaire (10-14 ans). Spectacle pouvant être présenté en salle et à l’extérieur et destiné à la tournée. Le projet vise et propose à 8 jeunes comédiens en herbe et 4 musiciens un parcours théâtral : parcours d’idéation, de création, de partage, d’exercices, de processus, de répétitions, de tournée.

Démarche dramaturgique

En termes artistiques, je ne peux cacher mon grand attachement à la vision d’Augusto Boal. Au-delà d’un certain dogme de théâtre de l’opprimé, ce qui m’habite pour cette production c’est le théâtre-langage, le théâtre-éditorial comme art d’engagement. La présente démarche permet d’y aller à fond. Ce sera l’axe principal de la présente démarche dramaturgique.

Le thème principal : le taxage et ses ramifications sociales sied bien à cette approche. L’apprentissage du jeu et la construction du squelette dramatique tourneront autour de sous-thèmes comme : la colère, l’émotion constructive et destructive, le contrôle de soi, l’intimidation, les taquineries, l’estime de soi, la solitude, les séparations, la dépression, la tristesse, l’amitié, les défis, le changement et l’incontournable adaptation.

Quant au titre Je m’appelle Max!, il évoque un certain collectivisme. Max est masculin et féminin, il est l’individu qui est dans l’espace et qui tente en se fondant au moule global à se maintenir à flot, être tout en voulant être tout. Max réfère à la mouvance de cette génération Y, vivre au maximum le maintenant.

Le choix que tous les acteurs se prénomment Max interpelle plutôt des types de comportements que des personnages, ce qui va servir le propos, les situations et les catharcismes. Je m’appelle Max!, c’est d’entrée de jeu l’affirmation et l’interpellation directe au public. Ou comment survivre à l’invivable, Survivre c’est demeurer, c’est continuer, c’est échapper, c’est aussi vivre encore, comme subsister et résister mais surtout perpétuer! Lorsque l’on est jeune, ou pire lorsque l’on vieillit, on assassine souvent nos rêves, c’est un peu cela survivre au fond! L’invivable c’est l’insupportable, c’est l’impossible à vivre, ce sont les silences bavards, ce sont les murs à briser, c’est l’espace que l’on veut avoir, c’est la place au soleil que l’on souhaite se trouver. On veut souvent changer des choses et ce sont les choses souvent qui nous changent...

Chaque personnage aura à se distinguer par une performance, un piano dramatique bien à lui comme la possibilité selon les aspirations des comédiens de jeux physiques. Évidemment, le chant et la danse auront leur place. Mais ces opportunités doivent servir le propos et enrichir le développement dramatique. Nous faisons du théâtre pas du « star académie »!

L’approche scénographique doit répondre au budget de la production, aux différentes contraintes de présentation et permettre au metteur en scène toutes les portes qu’il voudra bien ouvrir. Je propose donc que l’espace scénographique soit composé de plusieurs sections de casiers et de conteneurs à déchets. C’est métallique, c’est solide, pouvant supporter les acteurs et couvrir l’espace. Les casiers évoquent également l’école. Le casier est aussi refuge, jardin secret, lieu de rencontre et de confrontation. Pour le conteneur à déchets, cet espace pourrait être le lieu pour les musiciens. Le conteneur évoquant tous les sous-sols, les caves de maison, là où tout commence où tout se termine... pour un groupe.

L’approche musicale doit là aussi permettre une lecture qui s’ajoute à celle du texte et de la mise en scène. Une atmosphère liant les situations comme les émotions. Comme proposition, je suggère que l’on s’inspire, comme ligne mélodique liant les styles et les rythmes, de la symphonie en LA majeur op.92 de Beethoven, le deuxième mouvement l’Allegretto. Cette ligne est connue, simple, accrocheuse, outre son coté pathos, elle inspire et allie le solennel et le libérateur tout en évoquant le triomphe de toute la médiocrité du quotidien. L’équipe de musiciens pourra donc débuter leur recherche musicale avec un repère, une piste.

Le squelette dramatique se construira en connivence avec le metteur en scène à la suite de ma première rencontre avec l’équipe de jeu et les musiciens.

« Je m’engage » : Un projet innovateur où l’intervention passe par les arts …
 

 

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