JE M’APPELLE MAX!
(Ou comment survivre à l’invivable) Théâtre Yves-Étienne
Banville
Contexte
Le CJE du Bas-Richelieu m’offre
de participer à un projet théâtral permettant d’allier
l’apprentissage du jeu comme outil de développement personnel
et
démarche de création dans un contexte de représentation
publique et semi-professionnelle.
J’accepte de contribuer à ce projet pour le défi de création
du théâtre comme outil de prise en charge et
d’affranchissement ! Le thème principal suggéré par le CJE est
donc de mettre en place un spectacle sur le taxage. Spectacle
destiné à un public du deuxième cycle de l’élémentaire et du
premier cycle du secondaire (10-14 ans). Spectacle pouvant
être présenté en salle et à l’extérieur et destiné à la
tournée. Le projet vise et propose à 8 jeunes comédiens en
herbe et 4 musiciens un parcours théâtral : parcours
d’idéation, de création, de partage, d’exercices, de
processus, de répétitions, de tournée.
Démarche dramaturgique
En termes artistiques, je ne
peux cacher mon grand attachement à la vision d’Augusto Boal.
Au-delà d’un certain dogme de théâtre de l’opprimé, ce qui
m’habite pour cette production c’est le théâtre-langage, le
théâtre-éditorial comme art d’engagement. La présente démarche
permet d’y aller à fond. Ce sera l’axe principal de la
présente démarche dramaturgique.
Le thème principal : le taxage et ses ramifications sociales
sied bien à cette approche. L’apprentissage du jeu et la
construction du squelette dramatique tourneront autour de
sous-thèmes comme : la colère, l’émotion constructive et
destructive, le contrôle de soi, l’intimidation, les
taquineries, l’estime de soi, la solitude, les séparations, la
dépression, la tristesse, l’amitié, les défis, le changement
et l’incontournable adaptation.
Quant au titre Je m’appelle Max!, il évoque un certain
collectivisme. Max est masculin et féminin, il est l’individu
qui est dans l’espace et qui tente en se fondant au moule
global à se maintenir à flot, être tout en voulant être tout.
Max réfère à la mouvance de cette génération Y, vivre au
maximum le maintenant.
Le choix que tous les acteurs
se prénomment Max interpelle plutôt des types de comportements
que des personnages, ce qui va servir le propos, les
situations et les catharcismes. Je m’appelle Max!, c’est
d’entrée de jeu l’affirmation et l’interpellation directe au
public. Ou comment survivre à l’invivable, Survivre c’est
demeurer, c’est continuer, c’est échapper, c’est aussi vivre
encore, comme subsister et résister mais surtout perpétuer!
Lorsque l’on est jeune, ou pire lorsque l’on vieillit, on
assassine souvent nos rêves, c’est un peu cela survivre au
fond! L’invivable c’est l’insupportable, c’est l’impossible à
vivre, ce sont les silences bavards, ce sont les murs à
briser, c’est l’espace que l’on veut avoir, c’est la place au
soleil que l’on souhaite se trouver. On veut souvent changer
des choses et ce sont les choses souvent qui nous changent...
Chaque personnage aura à se distinguer par une performance, un
piano dramatique bien à lui comme la possibilité selon les
aspirations des comédiens de jeux physiques. Évidemment, le
chant et la danse auront leur place. Mais ces opportunités
doivent servir le propos et enrichir le développement
dramatique. Nous faisons du théâtre pas du « star académie »!
L’approche scénographique doit répondre au budget de la
production, aux différentes contraintes de présentation et
permettre au metteur en scène toutes les portes qu’il voudra
bien ouvrir. Je propose donc que l’espace scénographique soit
composé de plusieurs sections de casiers et de conteneurs à
déchets. C’est métallique, c’est solide, pouvant supporter les
acteurs et couvrir l’espace. Les casiers évoquent également
l’école. Le casier est aussi refuge, jardin secret, lieu de
rencontre et de confrontation. Pour le conteneur à déchets,
cet espace pourrait être le lieu pour les musiciens. Le
conteneur évoquant tous les sous-sols, les caves de maison, là
où tout commence où tout se termine... pour un groupe.
L’approche musicale doit là aussi permettre une lecture qui
s’ajoute à celle du texte et de la mise en scène. Une
atmosphère liant les situations comme les émotions. Comme
proposition, je suggère que l’on s’inspire, comme ligne
mélodique liant les styles et les rythmes, de la symphonie en
LA majeur op.92 de Beethoven, le deuxième mouvement
l’Allegretto. Cette ligne est connue, simple, accrocheuse,
outre son coté pathos, elle inspire et allie le solennel et le
libérateur tout en évoquant le triomphe de toute la médiocrité
du quotidien. L’équipe de musiciens pourra donc débuter leur
recherche musicale avec un repère, une piste.
Le squelette dramatique se construira en connivence avec le
metteur en scène à la suite de ma première rencontre avec
l’équipe de jeu et les musiciens.
« Je m’engage » : Un
projet innovateur où l’intervention passe par les arts …