L'ENVERS DE LA MÉDAILLE!
avec Daniel Lequin

mardi 24 septembre 2019

Malgré une blessure, Maxim Martin persévère et termine son marathon !



Je me répète. Les marathons diffèrent entre eux. Impossible de savoir comment ils se dérouleront. Depuis que je les cours, je ne peux affirmer qu’au moins un a été traversé dans la facilité.

Pour mon 99e, je vis un privilège car trois personnes que j’aime sont présentes. Ariane Gauthier, 23 ans, qui vivra son premier. Fille d’un excellent coureur avec qui j’ai eu le plaisir de goûter à ce sport durant quelques années, ne peut plus courir aujourd’hui à cause d’une opération à la colonne vertébrale.

Inutile de dire que la nervosité se faisait sentir chez lui. Au cours des dernières semaines, Ariane et moi avons réalisé plusieurs entraînements ensemble.

Maxim Martin m’avait promis de me suivre. Il y tenait. Il sera là pour le 100e. Sa compagne, Kathy St-Laurent, une excellente athlète en vélo, qui a déjà frôlé les standards olympiques, affichait présente.

Et il y a eu ce retard au départ. Près d’une heure à poireauter parmi la foule, sans bouger d’un iota, exception faite pour un petit pipi à la sauvette, le tout occasionné par des problèmes techniques. Jamais en vingt ans, je n’avais vécu pareille attente. Lorsque nous sommes finalement partis, j’avais déjà les jambes raides comme des barres de fer !

Tout se passe admirablement bien. Kathy et Ariane jasent souvent. Ils s’entendent à merveille. Je vois que la préparation d’Ariane est adéquate. Son père a fait ses devoirs… et elle aussi ! Alors que je suis devant Maxim vers le 27e kilomètre, je décide de me retourner pour voir s’il est toujours derrière moi. Je l’aperçois au loin, écrasé sur l’asphalte, à quatre pattes, la face contre la chaussée, en plein milieu de la rue. Il n’arrive plus à se relever. Un policier lui apportera de l’aide en lui demandant s’il va bien. C’est le début du cauchemar pour lui et plus on avancera dans les kilomètres, plus le mal persistera.

Il s’écrase à nouveau un peu plus tard. Heureusement, Kathy est tout près. Il souffre de plus en plus. Pas question d’abandonner. Il semble ne pas vouloir entendre ce mot. À plusieurs occasions, nous allons marcher pour tenter de le soulager.

Souvent, il nous dira de partir, qu’il va le faire à son rythme. Il est sûrement mal à l’aise. Pas question de l’abandonner. Personne ne veut partir. Nous étions quatre au départ et nous terminerons ensemble. Ariane et Kathy laissent entrevoir encore beaucoup d’énergie mais nous faisons front commun.

Le courage de Max vient me chercher. Il m’a dit au début de la course qu’il avait participé à une compétition le week-end précédent. Considérant la réalisation de son ironman à Tremblant il y a un mois, je me demandais où il pouvait puiser toute cette force. Mais je le sais, c’est un solide, très solide.

Clairement, sa démarche est déséquilibrée car il cherche à compenser pour ses malaises. J’apprends de la bouche de Kathy qu’il ressentait des douleurs à ce genou la veille lorsqu’il descendait les marches d’un escalier !

J’ai déjà écrit que l’on voyait souvent la vraie facette de l’être humain lors d’un marathon. Une fois de plus, cet humoriste m’a convaincu par son acharnement dans l’espoir de pouvoir franchir le fil d’arrivée.

De son côté, Ariane possède assurément les gènes de son père. Elle n’a pas fini de nous impressionner. Elle sait maintenant ce que représente un marathon, elle y a goûté et le temps n’est pas loin où elle voudra revivre l’expérience. Pour l’instant, elle devra se consacrer à ses études, elle qui étudie à l’université de Trois-Rivières. Une jeune fille sérieuse avec un bel avenir.

Enfin, quelle douceur et quelle gentillesse cette Kathy, toujours souriante, d’une agréable compagnie, du vrai bonbon cette femme, une vraie perle, je vous dis.

Je ne cacherai pas que la nervosité m’envahit depuis quelque temps avec ces deux derniers 42km. Je suis gâté. Je me considère très chanceux de pouvoir profiter d’expériences semblables. Ces trois personnes ignorent certainement l’influence qu’elles ont pu avoir à mon endroit.

Elles m’ont permis de poursuivre mon rêve dans une période où je reconnais mon insécurité. Merci Ariane, merci Kathy et merci mon précieux ami Maxim. On se revoit à Québec, en espérant que tu souffriras moins. Bravo à vous trois.

La souffrance est éphémère mais la satisfaction est éternelle. Maxim Martin à donné un sens à cette belle réflexion.

 

Daniel Lequin
danielmedaille@hotmail.com

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