L'ENVERS DE LA MÉDAILLE!
avec Daniel Lequin

mercredi 03 mai 2017

Gratitude

Je devais me lever à 4h00 dans la nuit. Marathon oblige.

Prendre le temps de déjeuner, me rendre sur les lieux… avec un départ à 7h00, je ne disposais pas d’un autre choix.

Encore endormi, dans la brume, je voyais bien dans la pénombre de la cuisine, une feuille de papier déposée sur la table lorsque je préparais mon café.

Je me doutais un p’tit peu. Elle ne pouvait m’accompagner. Aux prises avec une vilaine toux au cours des derniers jours, disons qu’elle n’arborait pas la condition physique idéale pour subir la présence que suscite une course qui dure quatre heures. Elle s’absentait pour la première fois car habituellement, elle se fait un devoir de m’accompagner.

Sur le message, je pouvais lire : « Bonne chance pour ton marathon ! Gratitude à la vie pour la chance que tu as de courir autant. Je vais penser à toi ».

Je me suis mis à jongler. Les exemples défilaient dans mon esprit.

Je me souviens qu’elle avait déjà abordé ce sujet. Or, avec le recul, le mot gratitude a rempli sa mission pour prendre la valeur qui lui revient dans de telles circonstances.

Courir dans un milieu rural comme le Mont Saint-Grégoire nous incite à entrer rapidement dans notre bulle. Ce que je voyais autour de moi me faisait réfléchir. Et vous savez, lors d’un 42km, les émotions nous viennent rapidement, davantage lors des derniers kilomètres où la fatigue se fait sentir.

Je me suis dit qu’il fallait que je le reconnaisse. Considérant mon bagage que je traîne depuis 23 ans dans ce milieu et que je ne souffre d’aucun handicap, je dois obligatoirement l’apprécier et surtout, le réaliser. J’avoue que j’ai tendance à ranger ce mot de côté où à le négliger, ne pas lui accorder toute l’importance qu’il mérite.

Plusieurs adeptes me confient régulièrement qu’ils doivent courir avec des blessures, des malaises, ce qui exige un effort mental et physique incroyable de leur part. D’autres doivent souvent patienter pour guérir des bobos. Et existent ceux et celles qui devront tout arrêter parce que leur corps ne peut plus répondre à leur demande.

Oui, je me considère privilégié car je n’ai vraiment jamais été indisposé sérieusement pour m’empêcher de traverser et vivre une telle catastrophe.

Le marathon du Mont Saint-Grégoire m’a permis une fois de plus de croiser des gens fantastiques. Je m’aperçois dans de tels moments que mes textes semblent appréciés.

Toutefois, le témoignage qui m’a le plus ébranlé est venu à quelques minutes après mon arrivée lorsque un dénommé Christian (je connais juste son prénom parce que j’ai pu le lire sur son dossard), s’est approché de moi pour me dire : « Je suis ici grâce à toi. Je veux que tu saches que tes écrits sont devenus indispensables pour la course à pied. Personnellement, ils m’ont motivé à m’impliquer dans ce sport et je tenais à te le dire. »



Ouf !

Moi qui tentais de reprendre mon souffle, je me suis retrouvé sous le choc. Je l’ai remercié ne sachant pas trop comment lui répondre. Je ne disposais pas de toute ma concentration.

Le mot gratitude prenait encore plus de sens à mes yeux. Voilà pourquoi je tenais à vous dire merci pour l’appréciation que vous endossez envers mes écrits car je dis souvent que je les rédige pour faire plaisir aux gens.

Merci à la vie pour ce beau cadeau qu’elle m’a donné de pouvoir continuer à courir malgré toutes les années qui s’accumulent au compteur et l’usure qui doit commencer à apparaître dans certaines articulations de mon corps.

Ce 42km, je l’ai traversé dans une grande sérénité, paix intérieure qui m’a incité à m’arrêter deux petites secondes pour voir plus clair.


Statistiques de mon 74e marathon

Temps : 4h03 :30
Classement : 94 sur 145
Catégorie d’âge : 3 sur 6

Daniel Lequin
danielmedaille@hotmail.com

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