mardi 24 février 2009

La MRC de Pierre-De Saurel demande au gouvernement d'instaurer une politique d'achat de produits à contenus recyclés

Face à l’impact négatif de la conjoncture économique mondiale actuelle sur le marché des matières recyclables, le Conseil de la MRC de Pierre-De Saurel demande au gouvernement du Québec d’instaurer une politique d’achat de produits à contenus recyclés.

La résolution qu’a adoptée le Conseil de la MRC, le 11 février dernier, et pour laquelle elle sollicite l’appui de toutes les MRC du Québec, vise entre autres à instaurer une politique favorisant le maintien des centres de tris québécois aux prises avec une crise du recyclage sans précédent.

« La récupération des matières recyclables est devenue au fil des ans une activité bien ancrée dans les mœurs de la population québécoise. Cette récupération s’inscrit dans une démarche de développement durable des communautés et fait partie intégrante des objectifs de la Politique québécoise de gestion des matières résiduelles », rappelle le préfet de la MRC, M. Raymond Arel.

Selon M. Arel, les règles régissant la mise en marché des matières recyclables sont avant tout soumises à la loi de l’offre et de la demande. Dans le contexte de la crise économique actuelle, les centres de tri, qui constituent des infrastructures nécessaires à la mise en marché des matières recyclables, éprouvent d’importantes difficultés financières liées à l’effondrement des marchés et à la revente des matières recyclables.

Par ailleurs, les mesures annoncées par le gouvernement du Québec pour soutenir ces centres sont insuffisantes dans les circonstances, estime-t-il.

Dans le contexte où les MRC du Québec ont adopté des plans de gestion visant entre autres l’atteinte des objectifs de la Politique, l’instauration d’une politique d’achat de produits à contenus recyclés offrirait de meilleures perspectives d’avenir, plus stables, pour les centres de tri. Le Québec constitue un marché à travers duquel des matières récupérées et recyclées peuvent être écoulées

La récupération des matières recyclables et leur mise en valeur sont également des sources importantes de création d’emplois et d’innovations technologiques, dont les répercussions peuvent s’étendre sur les marchés internationaux.

M. Arel croit de plus que la crise vécue par les centres de tri aura un impact financier important dans les municipalités, qui pourraient éventuellement faire face à une importante hausse du coût de la collecte et du traitement des matières recyclables.

Au cours des dernières années, le marché du recyclage québécois a pris de l’expansion grâce à la demande grandissante de plusieurs pays asiatiques et chinois en particulier. À un point tel où certains centres de tri ont été pris de court par l’effondrement de ces marchés. « Nous demandons à nos gens de faire de la récupération et, en bout de ligne, ça profite aux Asiatiques » note le préfet.

C’est dans ce contexte que M. Arel, avec l’appui de son Conseil, estime qu’il faut renforcer l’obligation d’acheter des produits contenant du matériel recyclé.

Aux États-Unis, fait-il remarquer, plusieurs produits tels les journaux, doivent obligatoirement contenir 50 % de matières recyclées, ce qui permet de créer un marché.

« Pourquoi devrions-nous recycler si on n’achète pas des produits contenant des matières recyclées ? » demande le préfet. « Il y a là une urgence d’agir, et il faut être cohérent avec les objectifs que nous nous sommes dotés, » conclut-il.

« L’emphase a été mise, jusqu’à maintenant, sur l’importance de récupérer. Il est maintenant temps qu’on se dote d’une politique d’achat de produits à contenus recyclés et, par le fait même, encourager la recherche et le développement pour trouver des solutions rapides. »

Hélène Goulet

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