Lui et sa famille ont choisi Sorel-Tracy
Des travaux d’ordre colossal pour Charles Carson à l’église Saint-Gabriel Lalemant


Charles Carson photographié devant une de ses toiles dans le couloir de l’ancien presbytère.


Par Annie Bourque, jeudi 06 juin 2019

-L’art est une façon de prendre une belle direction dans la vie.

À l’occasion, le peintre de renommée internationale Charles Carson troque momentanément ses pinceaux pour le marteau afin de réaliser son rêve : transformer l’église Saint-Gabriel Lalemant de Sorel-Tracy en un lieu de rencontre afin que l’art soit le trait d’union entre artistes, jeunes et aînés.

La représentante du SorelTracy Magazine a eu la chance de visiter l’endroit récemment. L’ancien presbytère est devenu une chaleureuse résidence pour sa femme Yanelys, son fils Yann Anthony et lui-même.

Plus loin, l’église, d’une blancheur immaculée fait ressortir la beauté des vitraux. Au sous-sol, sur des murs d’un jaune éclatant, une grande murale illustre la mer et les palmiers, donnant l’impression d’être dans un pays chaud.

Voici l’intégralité de mon entrevue avec Charles Carson qui vend ses toiles à Lausanne, à Paris et bientôt en Chine.  Au Mondial Art Académie, en France, il a remporté une 9e médaille d’or et plus de 150 prix et mentions internationales.  Rien ne semble l’arrêter surtout s’il a un but en tête.


Charles Carson a entrepris des travaux d’ordre colossal dans l’ancienne église de Saint-Gabriel-Lalemant. Crédit : Gracieuseté

Q: Comment peut-on qualifier les travaux ?
R :Ce sont des travaux qu’on peut qualifier de colossal. Tout le monde nous trouve un peu fou d’embarquer dans un tel projet. On entreprend une étape à la fois. On regarde ce qui a été fait et non ce qui nous reste à faire car sinon, on risque de se décourager. On découvre tous les jours des problématiques et on essaie de les solutionner.

Quels genres de problèmes ?
Des égouts bouchés, des tuyaux bloqués qui coulent.

Vous devez quand même gagner votre vie comme peintre tout en s’occupant des travaux ?
Exactement, je dois aller à Paris ou à l’international pour des expositions. Heureusement, ma femme m’a beaucoup aidé. En ce moment, je commence à 5 h le matin et je termine parfois à minuit, 1 h le matin. Un soir, vers minuit, j’étais en train de cogner avec le marteau. Mon épouse est entrée en disant : il est où est le bouton pour éteindre la lumière ?


Charles Carson a fait l’objet de nombreux reportages dans les magazines d’art à travers le monde. Crédit : Facebook

Vous participez aux travaux ?
J’avais le goût de prendre le marteau et de cogner des clous afin d’être fier de les avoir accomplis. C’est toute notre personnalité qui va transcender dans le bâtiment de l’église ou le presbytère. Puis, sans vouloir être prétentieux, je suis habile car j’ai déjà construit auparavant quatre autres propriétés. Je sais où je m’en vais sinon, je n’aurais pas embarqué dans un tel projet.

Quel est votre projet au juste ?
Nous sommes en train de faire des démarches pour transformer l’église en un musée. On doit obtenir l’approbation du ministère de la Culture. Ce sont de longues démarches et beaucoup de documents à remplir.

Qu’est-ce que vous aimez de Sorel car avant votre arrivée, vous ne connaissiez pas la Ville ?
Nous sommes arrivés ici par pur hasard. Depuis une dizaine d’années, on regardait des églises à Valleyfield, Sainte-Marie-de-Beauce. Il y avait celle de Saint-Gabriel Lalemant. Nous avons aimé les gens, le secteur et ses cours d’eau, le fleuve et la rivière Richelieu.

Revenons à votre projet. Y aura-t-il des cours pour les jeunes?
Nous avons créé une pièce pour les étudiants. Les hivers sont longs. À l’intérieur, avec leur chevalet, ils vont trouver ici une source d’inspiration. Quand on est jeune, ce n’est pas facile. Au lieu d’être dans l’alcool, la drogue ou les mauvais coups, l’art est une belle façon de prendre une belle direction dans la vie.

Qui vous a donné le goût de peindre?
Je viens du quartier Saint-Michel, d’une famille de 10 enfants. À part mon frère, j’étais le seul qui peignait. Personne ne s’intéressait aux arts. J’ai toujours eu cette passion. À 14 ans, je restaurais des tableaux et meubles anciens. J’aimais décaper les meubles.

Vous aviez aussi une fibre pour les affaires ?
Au lieu de couper le gazon au printemps, j’engageais des jeunes pour déneiger et couper le gazon. A 16 ans, je suis partie de chez moi. J’ai fait tout de sortes de métier. Il prend une pause, ému. Ce fut un long parcours avec des hauts et des bas. Cela explique qui on devient.

Quel est votre conseil à un jeune qui souhaite suivre vos traces ?
Il faut se différencier des autres. Ce n’est pas facile. Pendant 14 ans, j’ai fait de la recherche d’expérimentation parce que j’ai toujours voulu être différent des autres. Quand j’étais jeune, mon père me disait : va travailler comme tout le monde. Je lui répondais : mais je ne suis pas comme tout le monde. Je n’irai pas faire du 9 à 5.

En quoi, êtes-vous différent ?
Il y a beaucoup d’artistes qui ont un style mais qui peignent à la manière de.. Je voulais trouver une forme d’écriture picturale unique. Aujourd’hui, dans le dictionnaire, on appelle cela le carsonisme. Ce n’est pas évident de créer une œuvre universelle que tout le monde apprécie. L’œuvre doit parler et dire quelque chose. Si elle n’a rien à dire, vaut mieux changer de métier et faire autre chose.

Quand on est rendu aussi haut, quel est le prochain sommet à atteindre ?
Ce qui m’a toujours motivé dans la vie, c’est ma passion pour l’amour de l’art.. Quand on a la passion, on travaille sans compter les heures. Actuellement, je regarde le marché de Chine…la planète est grande.

Je suis autant passionné qu’à mes débuts. Il faut toujours se réinventer et ne pas rester pris dans un créneau comme beaucoup d’artistes. Certains répètent toujours la même chose. Quand on devient mécanique, on devient comme un robot et on perd toute la magie de l’art. Il faut toujours savoir se réinventer et garder intact cette passion-là pour le métier.

Découvrir l’œuvre et l’homme

Découvrir l’œuvre et l’homme qui a dépassé de nouveau les estimations des experts lors de la vente aux enchères à Paris et en Suisse.

www.facebook.com/maitrecharlescarson

www.charlescarson.com


En compagnie de son fils Yann Anthony Carson et son épouse Yanelys Reynaldo, des artistes peintres qui vivent à Sorel depuis septembre dernier. Crédit : Annie Bourque


Charles Carson est photographié devant l’atelier situé au sous-sol.
Crédit : Annie Bourque


L’œuvre distincte de Charles Carson a créé le carsonisme, un terme que l’on trouve
dans le dictionnaire! Crédit : Facebook
 

    
PUBLICITÉ

 
Bookmark and Share

PUBLICITÉ

------------------------

------------------------

 

Le SorelTracy Magazine
une filiale des Productions Kapricom
Tous droits réservés
© 2000-2019