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dimanche 26 mars 2006

Elle a rencontré plus de 450 élèves à l'ESBG
Nathalie Simard brise le silence à Sorel-Tracy

par Joey Olivier - Journal La Voix - 25 mars 2006

C'est jeudi que Nathalie Simard était de passage à Sorel-Tracy dans le cadre de sa tournée de sensibilisation et de lutte contre la pédophilie, en compagnie de Sylvain Bessette, sergent-conseil aux enquêtes criminelles pour la Sûreté du Québec et de Sylvie Tardif, du Centre d'aide aux victimes d'actes criminels(CAVAC).

Nathalie a rencontré les intervenants jeunesses pour un dîner, pour ensuite s'adresser à plus de 450 élèves à l'auditorium de l'école secondaire Bernard-Gariépy. Cette journée s'est terminée au centre communautaire à 19 heures. La rencontre avec les élèves de 4 et 5 années du primaire ainsi que du premier et deuxième cycles du secondaire a été particulièrement marquante pour Nathalie : "J'ai été surprise et fébrile à la fois, puisque malgré que le sujet n'était pas facile à aborder, j'ai constaté que les jeunes sont bien renseignés et ils n'étaient pas gênés de poser des questions", a déclaré Nathalie Simard en point de presse.

Elle s'est également dite heureuse de voir que le projet qu'elle chérissait depuis le printemps 2004 se réalise : "Je vois tout ça et on sent que nous avons notre raison d'être avec la tournée", a-t-elle ajouté. Certains enfants ont pleuré, d'autres ont posé une multitude de questions et l'attitude de la jeune femme qui a brisé le silence témoigne qu'elle a beaucoup cheminé depuis la dénonciation de son agresseur, Guy Cloutier. "Les questions des jeunes n'ont pas de barrière. Il n'y a pas de questions indiscrètes, seules les réponses le sont. Je ne suis pas mal à l'aise, car je suis bien avec ma vie et j'ai envie de partager et d'aider les jeunes", a-t-elle ajouté. C'est là l'essentiel de son message puisque malgré sa terrible expérience, elle a réussi à se retrouver en tant que femme et à transmettre de belles valeurs à sa fille.

"Il est possible de s'en sortir"
Pour elle, son témoignage a un but primordial, celui de prouver aux victimes qu'il est possible de s'en sortir après une dénonciation. "Lorsque j'ai dénoncé, ce qui m'a marquée, c'est de voir qu'il y a de l'aide et j'ai ensuite fait le pas vers la justice. C'est d'ailleurs notre but, c'est-à-dire rendre accessible la justice auprès des victimes, car elles ne connaissent pas le processus. Ce sont des gens qui sont humains et gentils", a-t-elle décrit.

Elle a ensuite admis, en toute humilité, qu'elle n'était pas une psychologue, une procureure ou une intervenante et c'est pour cette raison qu'elle tenait à être entourée d'experts. Sylvain Bessette (à droite) a profité de l'occasion pour lancer un message clair au sujet de la pédophilie : "Les agressions sexuelles sont socialement inacceptables, a-t-il dénoncé, et c'est criminel! Nous avons vécu une journée touchante et énergisante. On rêve d'une génération d'enfants où il n'y aurait pas victimes."

Quant à Sylvie Tardif, elle a rappelé qu'un bureau du CAVAC était désormais ouvert au palais de justice de Sorel-Tracy et qu'il n'est pas seulement là pour donner de l'information, mais pour soutenir de A à Z les victimes qui dénoncent les pédophiles ainsi que toutes les victimes. "Lorsque nous rencontrons une victime, explique Mme Tardif, nous lui donnons de l'information pour ensuite leur faire comprendre que nous serons là tout au long du processus judiciaire."

Des intervenants concertés
Lors de la rencontre avec les différents intervenants du milieu scolaire et communautaire, l'équipe de la fondation de Nathalie a constaté l'importance pour les victimes que les organismes agissent et respectent leur rôle : "Chacun doit faire les choses dans le respect de son rôle et de son mandat", a indiqué M. Bessette. L'équipe a également décidé de rencontrer plusieurs groupes d'âge puisque la pédophilie et les agressions sexuelles concernent tout le monde. "Toutes les couches de la société sont touchées et concernées. Les parents, enfants, grands-parents et l'entourage des victimes", a fait savoir Nathalie. L'importance de l'entourage est encore plus importante lorsque les victimes sont en bas âge puisqu'ils n'iront pas généralement se confier aux policiers, mais à des gens près d'eux.

Nathalie : le chaînon manquant
Ce n'est pas d'hier que la police traite des dénonciations ou que le système judiciaire est confronté à cette réalité, mais Nathalie Simard est, semble-t-il, le chaînon manquant pour inciter d'autres victimes à dénoncer : "Elle nous offre l'opportunité de parler avec les victimes et elle projette des résultats positifs", a conclu Sylvain Bessette, sergent-conseil aux enquêtes criminelles pour la Sûreté du Québec. "C'est plus difficile de se sentir concerné lorsqu'on ne connaît pas la personne alors qu'avec Nathalie, il est plus facile pour les victimes de s'identifier", a conclu Sylvie Tardif. Quant à Nathalie, elle a tenu à souligner l'importance de continuer à briser le silence : "L'important, c'est de parler et d'y croire", a-t-elle conclu.

La tournée de la Fondation Nathalie devrait se terminer le 6 juin et 20 villes à travers le Québec seront visitées.
 

 

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