Chauffage
au bois
L'ALAP toujours en attente d'une
réglementation spécifique
L’ALAP (Association pour l’air pur) déplore l’immobilisme du
gouvernement Charest à réglementer sur le chauffage au bois.
Pourtant, en février 2005, M. Thomas Mulcair, alors ministre
de l’Environnement, s’était engagé à agir sans tarder,
notamment à l’égard des foyers et des poêles à bois.
Et ce, d’autant qu’en décembre 2004 le ministère dont il a la
charge dévoilait les résultats troublants d’une seconde étude
montréalaise qui confirme que le chauffage résidentiel au bois
est une source grave de pollution de l’air en hiver.
Or, peu a été fait pour sensibiliser le grand public aux
méfaits bien réels du chauffage au bois, tant dans les grandes
villes que les petites localités. Depuis longtemps, les
pouvoirs publics et les responsables politiques manquent
eux-mêmes à leurs devoirs d’information, de discernement et de
diligence.
On constate d’ailleurs que, lors des épisodes de smog
(susceptibles de gêner la respiration chez une personne en
bonne santé), il est très difficile d’obtenir la collaboration
des utilisateurs d’appareils de chauffage au bois. Même que
beaucoup chauffent davantage par temps lourd et humide, peu ou
non conscients des conséquences de leur comportement.
Au surplus, l’ALAP ne cesse d’observer une hausse marquée du
nombre d’appels et de courriels qu’elle reçoit en provenance
de gens de localités rurales et semi-rurales. À telle enseigne
qu’il est possible d’affirmer, sans contredit, que les
problèmes de voisinage et de santé dus à la fumée de bois
touchent désormais les quatre coins du Québec, et non pas
seulement les centres urbains. Conséquence : un peu partout,
l’air intérieur des habitations, des écoles et des locaux
d’entreprises est de plus en plus vicié à des degrés
préoccupants.
C’est pourquoi l’ALAP regroupe des citoyens et citoyennes qui
désirent profiter d’un air sain pour eux-mêmes et leurs
proches – aînés et enfants. Certains veulent retrouver la
jouissance de leur logement, d’autres le plaisir de pratiquer
leurs activités en plein air telles que la promenade et le
patin. D’autres encore craignent, à juste titre, pour leur
santé, bien au-delà de la gêne ou de la nuisance occasionnée
par la fumée de bois.
Tous souhaitent que le ministre Mulcair applique le premier
principe d’action inscrit dans le projet de loi sur le
développement durable qu’il a présenté en juin dernier :
protéger la santé et améliorer la qualité de vie de chacun.
Selon Mme Michelle Rivest de l’ALAP, « il est impératif que
l’État québécois assume sa responsabilité dans un dossier de
santé publique qui n’a rien d’idéologique et qui réclame une
attention immédiate. Un premier pas important serait franchi
s’il encadrait enfin la fabrication des poêles à bois, leur
commercialisation et leur installation selon des normes
minimales d’efficacité en termes de rendement et d’émission de
polluants, notamment de particules appelées PM2,5. Nous ne
demandons pas d’éliminer les poêles à bois comme l’herbe à
poux, bien moins nocive en fait. »
RAPPELONS POURQUOI LA POLLUTION DE L’AIR CAUSÉE PAR LA
COMBUSTION DU BOIS EST UNE PRIORITÉ DE SANTÉ PUBLIQUE
Les particules PM2,5 ont un diamètre aérodynamique inférieur à
2,5 micromètres, c’est-à-dire à 2,5 millionièmes de mètre.
Elles représentent 90 % des matières particulaires de la fumée
de bois. Elles sont de puissants vecteurs de transport pour
les gaz toxiques, les bactéries et les virus, qui se fixent à
leur surface. Elles peuvent rester en suspension dans l’air
pendant des jours, voire pendant plusieurs semaines. Leur
petitesse leur permet de s’introduire dans les maisons neuves
les plus étanches, à au moins 50 % de la concentration
extérieure. Dangereuses selon nombre d’études irréfutables,
elles pénètrent profondément dans les poumons sans que la toux
puisse les y détacher. En l’état actuel des choses (travaux de
l’OMS et d’autres organismes), il semble que l’on n’a pu
déterminer un seuil en deçà duquel les concentrations de
matières particulaires dans l’air ambiant n’avaient aucun
impact sanitaire, soit un niveau de concentration à effet nul!
Le milieu médical et scientifique est d’ailleurs unanime : la
fumée de bois est nocive à plus d’un titre. Celle-ci contient
plusieurs substances toxiques dont des hydrocarbures
aromatiques polycycliques (HAP), des furannes et des dioxines.
En quantité et en volume égaux, elle est 12 fois plus
cancérigène que la fumée de cigarette, et attaque les cellules
corporelles 40 fois plus longtemps que cette dernière.
La fumée de bois, très irritante, accroît le risque de
mortalité due à des maladies respiratoires chez les bébés
âgées de moins de 12 mois, a une incidence néfaste sur le taux
de développement des fonctions pulmonaires, aggrave l’asthme
et provoque d’autres symptômes des voies respiratoires telles
que la toux et la bronchite chez les enfants. De plus, elle a
un effet particulièrement nuisible sur la santé des personnes
souffrant d’affections cardiovasculaires ou respiratoires; sa
présence accrue augmente les risques d’hospitalisation en
urgence.
Au reste, des études menées par Environnement Canada prouvent
qu’un poêle à bois traditionnel produit, en 9 heures, autant
de particules dans l'atmosphère qu’une automobile en une année
! Cet appareil de chauffage engendre aussi une pollution
particulaire quelque 500 fois supérieure à celle d’une «
fournaise » au mazout.
NOUS INVITONS LA POPULATION À S’INFORMER SUR LE SITE INTERNET
DE NOTRE ASSOCIATION :
www.alap.qc.ca
. ON Y TROUVE DES CONSEILS JUDICIEUX SUR LES CHAUFFAGES D’APPOINT
AU BOIS. L’UN DE NOS RÔLES EST D’ÉDUQUER ET DE CONSCIENTISER
LA POPULATION DE FAÇON OBJECTIVE, SANS A PRIORI.
Source : comité technique et scientifique de l’ALAP |
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