Un constat de la situation avant d’Agir pour un
Renouveau
Par Corina
Bastiani
Les piétons
se trouvent souvent dans un environnement hostile et ne bénéficient pas
de la présence de mobilier urbain ou de places de repos adaptées à
leurs besoins. " C’est entre autres ce qu’a écrit la firme
conseil Daniel Arbour et associés dans son plan d’intervention pour le
Renouveau Urbain du secteur du Marché Richelieu.
C’est
pour effectuer ce plan, publié à la Une du Canard Déchaîné du
22 janvier 2003, que
le conseil municipal de Sorel-Tracy a voté unanimement à la grande
surprise de plusieurs le lundi 7 avril. D’ailleurs au moment de mettre
sous presse au mois de janvier le conseil était encore divisé à parts
égales sur le sujet, cinq s’exprimaient pour et cinq contre.
Pourquoi
d’abord revitaliser cette partie du centre-ville? Pourquoi se concentrer
au centre-ville? Réfléchissons, profitons du printemps, saison du
renouveau pour se balader dans ce Vieux-Saurel.
On y entre
par la rue du Roi, près du pont, un aménagement paysagé présent depuis
1985 dans le cadre de la subvention Revicentre qui a également permis de
refaire les coins de trottoirs et ceux du parc Carré Royal aussi quelques
petits réaménagements à plusieurs endroits. Coin Charlotte, tournons à
gauche. On y découvre quelques maisons qui font parties de celles qui ont
le plus d’Histoire, plusieurs ont de grandes cours arrière qui
permettent une vie tout de même agréable dans ce
milieu où fusionnent le résidentiel, l’industriel et le commercial.
L’industriel
? Oui oui, nous sommes dans une ville portuaire. Coin Charlotte et Reine,
face à nous la Richelieu à laquelle nous avons malheureusement peu
d’accès. Le chantier
maritime bat son plein en cette époque de l’année, les voitures des
employés comblent les stationnements et les cargos sont au port pour réparations.
Les cargos marquent le caractère
du quartier, mais le style de la tour de communication, les hangars et les
matériaux divers contribuent
à rendre l’ambiance chaotique.
À votre
droite, sur ce même coin un aménagement paysagé, un rosier et quelques
arbustes près d’un stationnement gratuit pour les visiteurs : " Le
faubourg le plus in, le centre-ville de Sorel, Bienvenue " c’est
bien ce qui est inscrit depuis environ 1994, le tout est installé sur le
terrain d’une maison démolie pour manque de stationnement.
Continuons,
au 85 de la Reine s’élèverait selon les dires de la recherchiste
Louise Pelletier l’ancien domicile de Marcoux, le patriote. En face le
88 serait l’ancienne douane voisine du consulat américain. Le parcours
de la rue de la Reine laisse peu de trace du régime français qui y était
installé.
Arrivons au
coin de George, s’élève l’Hôtel le petit Canada qui demeure un des
plus vieux édifices ayant conservé sa fondation en pierre. Un troisième
étage ajouté lui vaut son toit carré
actuel. À ses côtés un stationnement où l’on voit clairement
sur le mur de l’Hôtel, les traces de la maison qui y était établie.
Par la suite le 47 et 49 rue de la Reine datant d’avant 1786 où une
boulangerie avait pignon sur rue, remarquez la porte cochère pour les
chevaux. Juste à ses côtés un stationnement où il est une
seconde fois indiqué, l’effigie inscrite plus haut spécifiant,
Bienvenue et une autre pancarte tout près, contradictoire : "
Stationnement réservé à la Société de Développement de Vieux Saurel
". Si l’on tournait ici on se retrouverait sur la ruelle
Cyrille-Labelle, ancienne ruelle St-Jacques, une partie est pavée, arbres
et fleurs sont plantés, l’aménagement de ce mail fut fait en 1985.
Toujours
rue Reine on remarque l’arrière du vieux lave-auto qui vient d’être
acquis par la ville de Sorel-Tracy. Tout à coup, par surprise, voilà le
Marché Richelieu avec son architecture déstabilisante qui apparaît
soudainement. Un peu plus loin sur la même rue était érigée la place
du fort. Il en reste aucun
vestige, un stationnement qu’on nomme désormais la place d’Entraide
au lieu de Place Charles de Montmagny. Si vous avez joué le jeu et vous
vous êtes baladés à pied, je m’abstiens de vous parler des trottoirs
qui sont souvent inadéquats pour une population vieillissante.
Retournons
quelque peu sur nos pas, prenons la rue Augusta. Le lave-auto abandonné côtoie un certain club social dans un immense local semblant
vide. C’est sur le coin, autrefois qu’on rédigeait Le Sorelois.
Ensuite le restaurant Paping qui voisine un
espace vide, bâtisse passée au feu qui sert soit de stationnement
ou de dépotoir pour les commerçants et restaurateurs car y sont situés
des conteneurs à déchets. Jusqu’à la rue du Roi se côtoie bâtisses
vides, resto-bar et taverne, le recouvrement extérieur n’est pas
uniforme.
Si on
entrait au Marché Richelieu, un bistro, un boucher, des pâtisseries, pâtés
et autres, des pommes, des bijoux, un saucissier, du fromage parmi une
dizaine de locaux vides sous un éclairage au néon aux corridors aux
couleurs disparates.
Ressortons
de l’autre coté du marché bordé par l’édifice de l’Entraide où
est située entre autres la société d’assurances automobiles du Québec,
construction des années quatre-vingt, le deuxième étage est inhabité.
Face au
Marché, rue Roi, une colonne Morris sous utilisée, une fontaine qui
n’est plus fonctionnelle et
des bancs entre deux rues et un stationnement, cet aménagement date également
de 1985.
On pourrait
identifier un après l’autre les édifices du Vieux-Saurel qui
sont recouverts de déclins de toutes sortes.
Il serait
bien de noter aussi qu’à l’intérieur de chaque quadrilatère du
centre-ville se retrouvent des cours intérieures naturelles, souvent
transformées en stationnements au fil du temps, encadrées comme la Rivière
Richelieu par une clôture Frost.
Au cours
des prochains numéros nous allons ensemble chaque fois arpenter une rue,
un quartier de ce Vieux-Saurel. Afin d’y voir plus clair, de constater
qu’une revitalisation est en effet de mise.
Et si vous
profitez de la saison pour vous promenez rue Reine, je vous conseille
l’heure du coucher de soleil, vous allez demeurer
estomaqué. N’oubliez pas un bon châle car le confluent ne tient
pas toujours compte du beau temps. Le tour du Vieux-Saurel a débuté par
cette rue parce que c’est une des premières rues de ville au Canada.
Prenez le temps, et ressentez l’âme qui y survit malgré le pic des démolisseurs,
malgré les années passées.
La
phase première du plan majeur de revitalisation touchera au secteur du
Marché parce c’est le noyau du centre-ville, le premier lieu d’échanges
où l’on traitait les affaires de la ville. En plus c’est le lieu
accepté pour le gouvernement du Québec, pour le programme Agir pour un
renouveau urbain qui permet une réduction des coûts de 50%. La partie
est débutée. Voir articles en page 4.
C’est à suivre….